Hardware
Fred H
Journaliste

BILLY F GIBBONS

«Si vous êtes en manque de ZZ Top et/ou de Rock Hard Blues bien goupillé, l’acquisition de ce « Hardware » est grandement recommandée. A haw, haw, haw, haw.»

12 titres
Rock
Durée: 37 min 01 mn
Sortie le 04/06/2021
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CONCORD MUSIC GROUP
Si on vous dit 'La Grange', 'Gimme All Your Lovin'', 'Sharp Dressed Man', 'Rough Boy', 'Tush', … et on en oublie, du tac au tac vous répondez évidement ZZ Top. Cela fait maintenant quelques années que le trio texan est un peu à l’arrêt (leur quinzième et dernier disque « La Futura » remonte à 2012). Du coup, depuis 2015, le chanteur-guitariste William (alias « Billy ») Frederick Gibbons évolue en solo sans ses indissociables comparses Dusty Hill et Frank Beard.

Après un premier effort aux fortes influences latinos (« Perfectamundo ») puis une seconde rondelle en 2018 aux inspirations blues (« The Big Bad Blues »), le natif de Houston s’en revient avec une troisième escapade en solitaire nommée « Hardware » (titre en hommage à Joe Hardy, ingé son, pote et collaborateur de longue date, disparu en 2019).

Visiblement satisfait des acolytes du précèdent méfait, notre septuagénaire a de nouveau rappelé le guitariste/bassiste Austin Hanks et le batteur Matt Sorum (ex-… Guns N' Roses, Velvet Revolver, The Cult). Hormis la reprise des Texas Tornados ('Hey Baby, Que Paso'), toutes les compositions sont signées par notre KingBilly secondé par l’ancien batteur de GN'R et le tandem Mike Fiorentino (producteur) / Chad Shlosser (ingénieur son). Ledit quatuor assure également la co-production de l’ensemble.

Toute la clique a investi l’Escape Studio dans le haut désert de Californie, près de Palm Springs. Inspirés par le cagnard étasunien ('Desert High' et son envoutant phrasé façon spoken Word), les cactus, et autres serpents à sonnettes, nos gaziers nous ont concoctés du bon vieux Rock hard blues. Globalement, on est en territoire assez familier (l’automobile Hot rod sur la pochette ne trompe pas). Certains trucs auraient clairement pu figurer sur un skeud de sa formation référence de notre Reverend Willie G ('Shuffle, Step & Slide', le blues rock 'I Was A Highway'). Ça groove grave (l’ouvreur 'My Lucky Card'), ça swingue grave, on ne peut que taper du pied tellement ça nous emporte.

Malgré les soixante et onze balais qui s’affichent au compteur, notre icone reste frais comme un gardon. En grande forme (l’accrocheur 'She’s On Fire'), il s’amuse avec un rien de grivoiserie (l’exquis 'S-G-L-M-B-B-R' et son « Can't hide it, some girls wanna pump a handle bar », NdT : Je ne peux pas le cacher, certaines filles veulent pomper un guidon » ?!). Vilain canaillou. Lucide, l’homme sait aussi se faire sensible et authentique (la ballade 'Vagabond Man'). Pour autant, il ne semble pas prêt à renoncer à cette vie (« 'Cause I've been a liar and a thief / A gambler and a cheat / Livin' a life the best I can », NdT : Parce que j'ai été un menteur et un voleur / Un joueur et un tricheur / Vivre une vie du mieux que je peux »).

Si on (re)connait aisément la voix chaude et rien voilée du célèbre barbu à bonnet, n’oublions pas de mentionner son jeu de guitare fluide et plein de feeling (l’entrainant et typé 80’s 'More-More-More'), qu’on a trop tendance à oublier voire sous-estimer.

Au milieu de tout ce rock « classique » mais bien fait, nos protagonistes prennent tout de même quelques (petits) risques avec un peu de Rockabilly ('West Coast Junkie'), de boogie ('Stackin’ Bones' avec frangines Rebecca et Megan Lovell des Larkin Poe en chœurs de luxe), et même des errances qu’on qualifiera de tribales (Spanish Fly').

Vous l’aurez compris, si vous êtes en manque de ZZ Top et/ou de Rock Hard Blues bien goupillé, l’acquisition de ce « Hardware » est grandement recommandée. A haw, haw, haw, haw, mister Billy Gibbons … A haw, haw, haw, haw.