Godless Sandborn
Anibal BERITH
Journaliste

BLOOD AGES

10 titres
Death Metal
Durée: 46 mn
Sortie le 27/05/2016
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L'âge du sang, une époque sombre de l'Egypte antique pendant laquelle les esclaves mourraient pour leur Pharaon, c'est le nom qu'ont choisi les cinq toulousains survoltés pour baptiser leur groupe de Death Metal moderne: Blood Ages.
Fort d'un album intitulé "At The Height Of The Storm" sorti en 2014 et sautant la case EP, Aniki au chant, Augustin et Pat 'Billy' aux guitares, Peyo à la basse et Yohan à la batterie reviennent hanter la scène du Metal extrême avec leur musique brutale résolument moderne aux touches old school et aux couleurs des mille et une nuits.

"Godless Sandborn", le dernier méfait du quintet français, est une réalisation de groupe sur lequel les textes sortent tout droit de l'esprit d'Aniki inspiré des riffs et blasts de ses camarades de jeu. Bien plus qu'un album de Death Metal, c'est avant tout une histoire que nous conte Blood Ages en 10 chapitres sur plus de 3/4 d'heure.

Racontant le périple d'Hamza, une fiction totalement imaginée par Aniki dont ce dernier a écrit la nouvelle en parallèle de Godless Sandborn, Blood Ages décrit, titres par titres, le destin de cet enfant, seul survivant d'une odieuse barbarie de guerriers impitoyables, ayant décimé sa famille et la totalité de son village.

Les hostilités démarrent par une intro orientale de plus d'une minute avec le premier titre 'Among the Ashes' racontant comment Hamza a survécu à l'infâmie. L'ambiance est donnée, dissonante, magique, épique, majestueuse par les arrangements crées par Yohan, mais point de tout repos dès que les riffs lourds, lents typés Deathcore se positionnent , que les blast assommants donnent des tartes et que le growl d'Aniki vous vomi sa rage en plein les tympans. C'est puissant, vous accroche et vous tient en haleine jusqu'à la fin de la galette dans une ambiance variée en sans cesse mouvement.
Un texte narré en arabe, limite incanté sert d'interlude pour lancer 'The Beast Within' sans transition. Riffs dissonants, blast beat, alternance de growl et pig squeal; c'est l'apprentissage de la guerre. L'ambiance est sombre et monstrueuse, inquiétante même. L'esprit des divinités égyptiennes vous envoûtent vers la terreur du Pharaon tout puissant et vers le plus mélodique 'He Who Came to Defile the World'.
Bien que le démarrage soit plus brutal, le morceau offre une mélodie inattendue et bienvenue vers la première lueur de l'album mais pas pour longtemps. Plus le morceau avance, plus il devient lourd et sombre, ambiance accentuée par le growl se faisant plus caverneux au fil des secondes sur des riffs mélancoliques.

'Crown Collector' monte d'un cran la brutalité musicale du combo, toujours sur un fond dissonant alternant mid tempo et blast beat et proposant un plan Deathcore bien résonnant et vibrant à l'atmosphère épique vers un final tabassant et assommant, Aniki préférant le pig squeal au growl. Hamza est au sommet de sa gloire.

Puis c'est la délivrance vers une ambiance plus orientale et épique pour soulager le ko que l'auditeur vient de prendre en pleine face. Ce que l'on sait, c'est qu'avec Blood Ages, les moments de répit sont courts et au bout d'une minute, les tartes reprennent, puis le riff devient lourd et sombre pour débouler sans transition vers le brutal et puissant 'From the Void to the Throne' qui marque comment le jeune guerrier asseoit son pouvoir.

'Backstab' est la page de la jalousie et de la trahison par les pairs de notre héros. Démarrage catchy, la production laisse plus de place à la basse de Peyo. Alternance de riffs old school et deathcore, de growl et de pig squeal, entrecoupé de solo dissonant et de plan acoustique. Le final déroutant à l'acoustique nous amène tout droit vers la pièce maîtresse de Godless Sandborn, 'The Ritual: Soil of the Crawling Chaos, qui sur plus de 8 minutes emporte l'auditeur dans un univers désertique. Fermez les yeux, vous êtes au milieu des dunes de sable, le vent soufflant sur votre visage, le chant arabe puissant et pur vous envoûte vers des incantations me rappelant celles de Rotting Christ de leur dernier album "Rituals". Morceau très mélodique au 2/3 instrumental et montant en puissance vers quelque chose que l'on ne maîtrise pas. Hamza toujours avide de plus de puissance tente l'interdit. La composition est progressive et l'on est emporté par les riffs et le growl d'Aniki vers une tempête musicale incontrôlable. Plan brutal death et technique puis passage deathcore, quel retournement de situation. Toutes les influences musicales et artistiques de ce titre lui confèrent une atmosphère sordide, et montrent déjà la voie que le quintet souhaite prendre à l'avenir.

Changement d'horizon avec 'Collapse', racontant le début le perte de notre guerrier impitoyable. Purement brutal death metal avec la featuring de Josh, le vocaliste de talent au growl monstrueux des excellents Prophetic Scourge. L' alternance des deux chants offre une puissance démoniaque au titre, de plus la basse de Peyo est une nouvelle fois mise à l'honneur accompagnée des passages pig squeal à la Julien Truchan de Benighted et des solis inattendus qui font de ce morceau un incontournable de la galette.
Godless Sandborn tire vers la fin racontant par là-même la fin tragique d'Hamza par l'interlude oriental et purement instrumental 'Beyond the Gates of Madness'. Reposant... Puis c'est le caverneux 'The Maze' qui arrive brutalement et soudainement. Lourd, mélodique jouant avec des plans plus rapides à la couleur globalement obscure dans un environnement asynchrone. Composition aussi inquiétante qu'un thriller scandinave pour un final épique et ténébreux.

Avec "Godless Sandborn", les toulousains de Blood Ages montent d'un cran leur niveau de technicité et leur créativité en alliant avec génie et facilité des styles de Metal extrême différents pour adopter leur propre univers proposant ainsi un album varié et brutal à la production irréprochable. A écouter en boucle et à se délecter en live!

Anibal Berith.
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