VULTURE INDUSTRIES
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Avant-garde/Progressive Metal
Chroniques

Ghosts from the Past
Aldo
Journaliste

VULTURE INDUSTRIES

«Curieux, original et clivant.»

7 titres
Avant-garde/Progressive Metal
Durée: 40 mn
Sortie le 16/06/2023
780 vues
DARK ESSENCE RECORDS

Cinquième album pour les bergenois (Hé oui, encore…) de Vulture Industries.
Le précédent opus « Stranger times » ,avait fait découvrir plus largement l’univers singulier du quintet, avec son imagerie burtonienne (les cinéphiles/grands enfants se remémoreront le joli film d’animation « les Boxtrolls »), et la singularité de la voix du chanteur Bjørnar Erevik Nilsen. Celle-ci, entre ténor et baryton, évoque à la fois les vocalistes des débuts du mouvement New Wave, les crooners des années trente (tendance cabaret berlinois décadent) et le clown triste (psychopathe ?) d’opéra.

Avec « Ghosts from the Past » , les norvégiens assoient avec insistance ce concept, en appuyant thématiquement sur une certaine noirceur.
En effet, Il n’est que de lire la playlist pour convenir que ce n’est pas cette fois encore que l’on rigolera. La voix du chanteur (voir plus haut) en rajoute dans le style « dérangé de la cafetière », même si parfois Bjørnar se fait plus nuancé dans des passages moins portés sur la puissance (« Right Here in the Dark »). L’orgue d’église qui habite par nappes certains morceaux (« Deeper ») n’est pas en reste pour fixer des ambiances que les fans des grandes heures des Hammer Studios (Peter Cushing, Vincent Price, Christopher Lee, toussa…) adoreront.

“Not by Blood, But By Words” jure à ce propos avec les autres plages. Car en effet, lâchant jusqu’à celle-ci un tantinet la bride de la fibre « horreur gothique » pour des compositions plus franchement Rock, voire New Wave (« New lord of Night »), le quintet vire de bord pour revenir à des ambiances lugubres.
Et c’est avec le progressif (un peu plus de neuf minutes) « Tyrants weep alone » que Vulture Industries conclut sa dernière production, en restant sur cette veine gothique et baroque.

Malgré cela, « Ghosts from the Past” s’avère un chouia plus direct et rock que son prédécesseur.
Dansant (« Deeper »), Doomy (« Saturn Devouring his Young”), habité d’accents morriconiens (les trompettes mariachi de “This Hell is Mine”), il propose des ambiances plus balisées que « Stranger Times ».
L’univers particulier du groupe peut toutefois surprendre l’auditeur qui y jette une oreille pour la première fois, et il faudra quelques écoutes pour être rebuté ou conquis. Curieux, original et clivant.