CONNY BLOOM
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Rock Funk

Game, Set, Bloom!
Aldo
Journaliste

CONNY BLOOM

«“C’est un musicien Rock, il sort un album, et puis BLOOM ! »»

10 titres
Rock Funk
Durée: 38 mn
Sortie le 13/03/2020
571 vues
TARGET RECORDS

Le blaze de l’artiste qui nous intéresse ici ne parlera vraisemblablement pas à grand’monde par ici. Si on évoque par contre les hard-rockers suédois ELECTRIC BOYS, on allumera quelque étincelle parmi les membres les plus « Vintage » (en goûts musicaux, s’entend…on avait dit « pas d’attaques personnelles ») de notre lectorat, celui que le hard 70 fait vibrer bien plus que les pandas croisés sous l’ALTAR ou la TEMPLE à Clisson (sans animosité aucune, hein…votre serviteur kiffe PRIMORDIAL et BEHEMOTH, comme tout le monde…).

Conny Bloom –puisqu’il s’agit de lui- est donc le chanteur titulaire, et pour tout dire l’un des membres fondateurs de la formation sus-citée.
Il s’avère que son groupe, après un hiatus d’une petite dizaine d’années, connaît depuis 2010 un regain d’intérêt, récemment souligné d’un passage remarqué l'an dernier chez nos amis chtimi du RAISMES FEST.
Du coup, depuis quelques temps les albums de rock vénère tendance AEROSMITH/ROLLING STONES (en plus Metal, s’entend…) se succèdent avec une certaine réussite pour les garçons électriques, mais là n’est pas la question…

Car en effet, comme cela arrive souvent, le style du groupe ne permet pas –par souci de cohérence, et aussi parce qu’il faut chercher le consensus avec ses collègues pour avancer - à son frontman de développer des aspects de son univers musical.

Dans ce cas, le frontman prend ses guitares et part de son côté pour écrire son p’tit album solo. Et là on est en plein dans la question : c’est bien ou bien ?
Du coup on a jeté une oreille, mais aussi un oeil sur l’album à Conny, qui annonce sur la pochette la couleur : le gazier se tire le portrait derrière une vieille raquette des années 70, il est suédois…OK il fait référence à Björn Borg, le champion de tennis des années 70, le Iceman des courts à l’époque du patchouli et des pattes d’eph’. Monsieur aime les énigmes, mais là on comprend d’office : il aime la musique des seventies, et il va mettre tout le monde d’accord avec son disque, il va vous jouer de la musique de champion !

Bon, on rigole, mais la musique dans tout ça ?

Ben déjà, les paroles sont en suédois. Donc, à moins de maîtriser la langue, cherchez pas à comprendre le propos, c’est peine perdue. En même temps, si on passe sur le sens, ça sonne pas mal, et on reconnaîtra à monsieur Bloom le mérite de valoriser la musicalité de sa langue natale dans un contexte Rock’n’roll.
Côté compos, on est sur une ligne qui oscille clairement entre rock garage, envolées Santanesques, effluves folk psyché et…Funk, voire carrément Soul tendance blaxpoitation (le titre d’intro, c’est « Shaft chez les vikings » direct !). On retrouve tous les gimmicks de compos d’une certaine époque, la puissance et les moyens de production actuels en plus.
De fait ça joue bien, c’est très bien produit, c’est bien foutu. Mais ceci étant dit, ça manque d’originalité –souvent…en même temps on peut difficilement faire de la nouvelle cuisine en utilisant uniquement les ingrédients du cassoulet, on s’est compris - et surtout du mordant auquel sa formation principale nous a par ailleurs habitué. C’est plutôt pépère, au global.
Attention, on n’a pas dit que c’était à chier…simplement il manque de cette étincelle de folie qui te fait dire « WAOW ! » dès la première écoute. Il faut persévérer pour entrer dans l’album et se laisser séduire.

En conclusion, on a là un album intéressant, qui séduira les fans de rock à l’ancienne – époque 70- qui ne réinvente pas la roue. Il sera plus difficile d’accès pour ceux qui cherchent la claque d’entrée. L’utilisation du suédois, par ailleurs réussie encore une fois, laisse enfin à penser que cet album connaîtra au mieux un succès d’estime par chez nous.