ELECTRIC GUITARS
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Hard Rock

Freewheeler
Fabien
Journaliste

ELECTRIC GUITARS

«Le but des trublions et de ce musclé ''Freewheeler'' est limpide et ne souffre d'aucune ambiguïté, il s'agit de s'amuser, de s'amuser encore, de s'amuser toujours, de faire les fous et de le faire correctement.»

10 titres
Hard Rock
Durée: 40 mn
Sortie le 12/11/2021
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Quel est le point commun entre Electric Guitars, le stjerneskud, D.A.D et le plus vieux drapeau du monde ? Le Danemark évidemment, pays de la quiétude, de la tempérance et du Metal sous toutes ses formes. Avec la régularité implacable d'une invasion viking sur les côtes normandes, la patrie d'un certain Lars Ulrich offre aux esgourdes chevelues une nouvelle obole distordue. Elle est cette fois-ci l'oeuvre des doux dingues de Electric Guitars qui, quatre ans après leur dernier album, ont décidé de fourbir à nouveau leurs armes rockeuses et festives.

Le but des trublions et de ce musclé ''Freewheeler'' est limpide et ne souffre d'aucune ambiguïté, il s'agit de s'amuser, de s'amuser encore, de s'amuser toujours, de faire les fous et de le faire correctement. A cet égard, on doit bien admettre qu'ils savent leur évangile hédoniste sur le bout des doigts. Le style du combo scandinave s'y prête évidement à la perfection puisque le propos des ''Guitares Electriques'' prendra soin d'éviter tout questionnement métaphysique superflu pour privilégier un hard-rock teigneux et hautement récréatif.

Dopée à la bonne humeur et à la testostérone, la première piste, au propos évocateur, 'Dopamine', annonce assez clairement la démarche du quatuor. Nerveuse, solidement charpentée, elle déploie le savoir-faire d'un groupe qui fonce tête baissée pour asséner des hymnes rocks à chanter de préférence à tue-tête dans une voiture qu'on imaginera pour l'occasion décapotable. Quoi qu'il en soit, ce morceau liminaire a le mérite de donner le ton en condensant les qualités du groupe à la maturité évidente.

Production musclée, refrains soignés, section rythmique compacte, la recette est simple mais globalement se montre d'une redoutable efficacité. Qu'il s'agisse du très AC/DCien 'Freewheeler', remuant en diable, du surprenant et entêtant 'Going out' et ses effluves Def Leppardiennes, ou bien encore de l'implacable et radiophonique 'Rainbow', Electric Guitars maîtrise son catéchisme mélodique à la perfection. C'est mémorisable, c'est simple, c'est bien ficelé et c'est mené d'une voix de maître par Soren Andersen qui collabora jadis avec Glenn Hughes, excusez du peu, et par Mika Vandborg, les deux têtes pensantes d'un projet en apparence foutraque mais cohérent de bout en bout.

Il faut noter tout de même que les deux leaders ne sont pas nés du dernier déluge et l'expérience du duo donne sa pleine mesure que ce soit au travers de gimmicks certes convenus mais toujours judicieusement utilisés mais aussi d'une science du riff qui fait souvent mouche. Et même si l'ensemble souffre parfois de quelques faiblesses comme ce 'Hot Blooded Woman' un tantinet paresseux ou encore un 'Uncoming' un peu moins convaincant, force est de reconnaître que les Northmen parviennent le plus souvent à tirer leur épingle du jeu grâce à un savoir-faire éprouvé de longue date.

Antidote à la morosité et pourfendeur des minerves, le bel ouvrage des Electric Guitars devrait sans peine trouver son public. Si vous aimez bouger votre popotin sur un hard-rock vitaminé capable de dissiper les ombres mélancoliques d'un quotidien trop morne, cette pilule musicale est faite pour vous et vous fournira la dose de dopamine nécessaire pour le mois. La posologie est simple, une écoute par jour voire plus si les symptômes persistent.