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Fou à lier

CELINE DEHEDIN
Journaliste

Metral

Il y a des disques qui ne cherchent pas la révolution, mais la précision. "Fou à lier", troisième opus de Metral, coche clairement cette case-là.
10 titres
Heavy Metal
Durée : 51
Sorti le 10/10/2025
715 vues

Dix titres, 51 minutes tout rond, pour un hard rock mordant qui flirte sans détour avec un heavy à l’ancienne: riffs au cordeau, pulsations serrées, et un chant qui articule chaque mot comme un coup de scalpel. On n’est pas là pour la poudre aux yeux, mais pour l’efficacité pure.

Les guitares six-cordes cavalent en meute, riff après riff, avec des attaques tranchantes et des soli qui tombent comme des uppercuts. Ça fuse, ça saigne, ça retombe juste ce qu’il faut pour relancer la charge.
Et, la section basse/batterie joue la carte de la nervosité tenue. Les tempos varient sans se diluer: mid-tempos écrasants, accélérations sèches, breaks resserrés. Tout est pensé pour accrocher l’oreille et la nuque.
Le chant reste net, intelligible, porté sur des mélodies couplet/refrain qui font mouche. On chante, on scande, on mord—sans grimaces inutiles.

Pas de fioritures superflues, pas de surenchère de studio: la production privilégie l’impact et la lisibilité. C’est carré, taillé pour la scène, pour les clubs où la sueur colle aux murs.

La bio annonce un voyage là où se mêlent détresse et folie tapie en chacun: promesse tenue. Les chansons parlent de ce qui craque et laisse des marques—rupture, abandon, errance, vertige intérieur. L’écriture est dépouillée, presque clinique parfois, avec ce réalisme sans vernis qui vous plante devant le miroir. On reconnaît des sensations déjà vécues, des fissures familières: c’est précisément ce qui crée l’adhésion.

Le disque alterne charges frontales et respirations plus lourdes, sans perdre le fil. Les refrains s’installent vite dans la tête, les transitions sont nettes, les ponts instrumentaux servent le propos plutôt qu’ils ne le parasitent. Mention spéciale à ‘Le temps du courage’ final en clair-obscur qui laisse derrière lui ce frisson rare: l’envie de relancer la lecture dès la dernière note éteinte.

Ce n’est pas l’album qui redessine la carte du hard rock. Et alors?
C’est celui qui rappelle pourquoi on y revient: énergie, honnêteté, chansons qui tiennent debout et racontent quelque chose.
Une réalisation solide, des guitares qui parlent fort, une voix qui assume, des textes qui mordent: l’alliage fonctionne.

Verdict: un troisième chapitre tendu, cohérent et généreux, qui ne cherche pas la nouveauté à tout prix mais cultive le nerf et la franchise. À écouter fort, à vivre encore plus fort.