PALLBEARER
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Doom Metal
Chroniques

Forgotten Days
Anibal BERITH
Journaliste

PALLBEARER

«En tout juste une décennie et quatre disques, le quartet américain s'affirme comme un groupe incontournable de la scène doom. »

8 titres
Doom Metal
Durée: 52 mn
Sortie le 23/10/2020
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Avec tout juste 12 ans d'existence et quatre albums en huit ans, les américains Pallbearer ont su se tailler une place au soleil sur la planète doom ! Même si leur univers à tendance à se rapprocher de la grisaille et à s'intéresser à ce qui nous amène six pieds sous terre, le quatuor originaire de Little Rock, Arkansas, est devenu un incontournable du genre. Ce n'est pas par hasard si le groupe a assuré la première partie de Yob en 2014 avec tout juste deux albums dans son escarcelle !
2020, l'année la plus étrange que connaît notre civilisation depuis la seconde guerre mondiale, une morosité pesante et incessante qui plombe le moral des gens et Pallbearer avec sa musique sombre très adaptée au contexte actuel.

Dès la réception du fichier afin de chroniquer ce disque, la première chose qui dénote, c'est l'artwork. Clairement différent des précédents, on découvre une famille endeuillée occupant tous l'espace de la pochette. L'artiste responsable de l'oeuvre, Micheal Lierly, frère du batteur de la formation, Mark, s'est focalisé sur le thème qui dirige ce nouvel opus des américains, à savoir le deuil dans une famille et ses conséquences.

C'est avec huit titres que les américains retrouvent le thème déjà exploré sur "Sorrow and Extinction" lorsque le bassiste/chanteur, Joseph D. Rowland, a perdu sa mère pour cause de maladie. Avec une maturité musicale confirmée, on retrouve dans ce disque tout le savoir faire du groupe acquis au cours des trois précédents opus avec des compositions plus rugueuses, moins progressives. Impossible de passer à côté du riff presque plagié, volontairement bien sûr, sur leurs ainés Candlemass sur le titre éponyme introduisant la galette. La suite de la tracklist offre une variété certaine avec des compositions aux influences multiples et un son pesant que l'on doit au producteur Randall Dunn (Sunn O))), Earth).

Naviguant entre morceaux plus ou moins accessibles, la musique distillée ici est assurément riche de sensations et rehaussée par le chant très expressif du frontman dont son timbre déploie une émotion exacerbée ('Rite of Passage'). Au milieu de toute cette atmosphère oppressante, on retrouve par moment une ambiance très 70s comme sur 'Stasis' ou 'The Quicksand of Existing' au groove clairement identifié. C'est un court passage de lumière car rapidement le disque reprend ses droits pour replonger l'auditeur dans une mélancolie indéniable avec le dépressif et limite funeral doom aux passages progressifs du titre de clôture 'Caledonia'.

Avec seulement quatre disques, le quartet américain s'affirme comme un groupe incontournable de la scène doom. Malgré pléthore de groupes, Pallbearer se démarque avec un style propre, complexe et simple à la fois car facilement identifiable et donc unique. Sa musique est clairement taillée pour le live et le rappel musical de ses ainés montre le profond respect que le groupe a pour ses racines tout en se profilant vers une place en haut de l'affiche.

Tracklist :
1 - Forgotten Days 6:29
2 - Riverbed 6:24
3 - Stasis 4:00
4 - Silver Wings 12:18
5 - The Quicksand of Existing 3:59
6 - Vengeance & Ruination 6:53
7 - Rite of Passage 4:55
8 - Caledonia 8:00