WINO
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Acoustic Blues

Forever Gone
Fred H
Journaliste

WINO

«Mélange acoustico rock blues de monsieur Wino. Ne ratez surtout pas ce « Forever Gone ».»

11 titres
Acoustic Blues
Durée: 45'59 mn
Sortie le 26/06/2020
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RIPPLE MUSIC
Dans le registre du doom metal, Scott Weinrich alias Wino est une figure. Sa contribution au genre est notoire. Depuis plus de 35 piges que de formations références à son actif : Saint Vitus (1986-1990 et 2008-…), The Obsessed (1990-1995, 2015-…), Spirit Caravan (1995-2002) ou bien encore The Hidden Hand (2002-2007). A cet impressionnant C.V, on peut ajouter ses projets Shrinebuilder, Premonition 13 et Place Of Skulls, ses trois collaborations avec le compositeur folk teuton Conny Ochs (on va y revenir), quelques apparitions ici et là (le Probot de Dave Grohl, …) et ses propres escapades en solitaire.

Après un « Punctuated Equilibrium » et un « Adrift » (respectivement parus en 2009 et 2010), voici donc « Forever Gone ». Pour ce troisième méfait solo, l'étasunien a rejoint l’écurie Ripple Music. Ce nouveau disque s’inscrit dans la démarche "Blood and Strings" (comprendre des skeuds acoustiques perpétrés par des pointures habituellement adeptes de gros riffs bien lourds) dudit label californien.

A l’instar de ses précédentes œuvres en solo ou lors de ses associations avec l’allemand Ochs, notre légende du doom est parfaitement à l’aise avec le style débranché. Dans le cas présent, l’américain décide d’ailleurs de s’auto revisiter sur plusieurs (quatre) pistes commises initialement lors de ces inattendus duos (« Heavy Kingdom » en 2012 et « Freedom Conspiracy » 2015). Les doubles harmonies vocales sont abandonnées pour ne laisser que la voix de Wino (le blues rock 'Dark Ravine'). L’ambiance est des plus mélancolique ('Dead Yesterday') mais chargée d’émotion. Avec ses réinterprétations, le natif de Rockville (ça ne s’invente pas) nous parle d'amour perdu, de tourments et de désespoir ('Crystal Madonna'). Avec son timbre rauque et sincère, et seulement accompagné de sa gratte sèche, le sieur Weinrich nous accroche et nous embarque dans son périple musical. On se laisse bercé par ce chant chaud presque narré (l’introspective piste éponyme).

Globalement, les autres titres sont du même bois. Pas de basse ou de batterie (ou occasionnellement), une voix et une guitare unplugged (on note malgré tout ici et là quelques interventions sporadiques de sixcorde électrique, on ne se refait pas). Bref, du Wino brut, authentique, profondément personnel voire intime. Les thèmes/paroles sont graves (les pertes, la mort, la douleur). Du vécu et clairement pas la franche rigolade. Notre compositeur-chanteur se balade entre Americana Country (le spirituel 'Taken'), Psycho rock ('No Wrong') ou Blues Doom (le très Townes Van Zandt-ien 'The Song's at the Bottom of the Bottle', que notre homme a déjà repris sur une rondelle dédiée en compagnie de Scott Kelly et Steve Von Till de Neurosis). Le travail sur le son (enregistrement et production goupillés par Frank "The Punisher" Marchand) réussit parfaitement à capturer la sensibilité et la vulnérabilité de notre briscard (L’émouvant 'Was Is and Shall Be' avec une chanteuse à la douce voix en soutien sur le refrain).

En complément du seul réel moment de légèreté (le rafraîchissant 'You're So Fine'), Wino s’attaque à une cover des britanniques de Joy Division (le hit maintes fois repris 'Isolation', qui fête ses 40 ans cette année). L'arrangement proposé parvient à capter l'atmosphère goth-punk de l'original tout en y incorporant la patte du maître ès doom.

Avec ce/son mélange acoustico rock blues, Wino signe probablement ici son album le plus sombre. Pourtant, si vous êtes un fan du monsieur et/ou de sa musique (quelle qu’en soit son orientation), ne ratez surtout pas ce « Forever Gone ».