Follow The Cipher
Enora
Journaliste

FOLLOW THE CIPHER

«« Follow The Cipher », un album plutôt décevant qui aurait pu et aurait dû être perfectionné»

11 titres
Metal
Durée: 45 mn
Sortie le 11/05/2018
4352 vues

Né du projet solo de Ken Kängström (guitare et chant), Follow The Cipher est devenu un groupe composé de Linda Toni Grahn au chant, Karl Löfgren à la batterie, Viktor Carlsson à la guitare et Jonas Asplind à la basse. Le groupe nous présente aujourd'hui son premier album.

Une ambiance à la Tim Burton s'instaure doucement avec un clavier, rapidement rejoint par des guitares saturées sur « Enter The Cipher ». Une voix féminine entre chant Power et Sympho fait son apparition. Etrangement, son timbre, très original, est plutôt plaisant et trouve parfaitement sa place sur ce premier morceau. Sur le refrain, un peu à la manière des groupes de Visual Kei, le groupe passe à quelque chose de bien plus Pop et acidulé, mais cela reste dans le thème. Le clavier marque encore une fois sa prédominance sur « Valkyria », peut être un peu trop même à mon avis. Vocalement, c'est plus des cris que du chant, d'autant plus que la ligne mélodique instrumentale laisse un peu à désirer. Les passages plus graves sont un peu mieux mais la chanson est décidément moins intéressante que la première. Les rares interventions de la voix screamées apportent un peu de violence mais sont plutôt incohérentes avec l'esprit du morceau. « My Soldier » est dans une veine de Symphonic Metal assez classique finalement ; mais cela fait du bien de voir le groupe se poser un peu et revenir à des compositions plus traditionnelles.

En apparence, « Winterfall » aurait tout aussi bien pu être écrit et enregistré par Battle Beast, avec moins d'effets sur la voix tout de même (ils ont plutôt tendance à enlaidir le timbre de la chanteuse qu'à l'améliorer mais passons..). Le titre est plus épique et entraînant mais il faut vraiment parvenir à faire abstraction de la voix sur certains passages. « Titan's Call » reste dans le même style mais de façon plus légère, à travers une interprétation plus sobre et d'autant plus appréciable. Le classique va décidément mieux à Follow The Cipher que les innovations sans queue ni tête. Vocalement, je n'ai rien à dire sur « The Rising » que la chanteuse mène d'une main de maître, proposant des aigus puissants et clairs tout comme des médiums plus doux. La guitare trouve également une toute nouvelle place avec un court solo très mélodieux. La rythmique donne envie de lever le poing et permet à cette chanson de s'affirmer comme le titre-phare de l'album. On passe à quelque chose qui flirterait presque avec le Progressive sur « A Mind's Escape ». Des choeurs se superposent au clavier et la basse apporte une certaine profondeur. Cette fois-ci, l'originalité paie et on a l'impression de se retrouver dans l'univers décalé d'Alice au Pays des Merveilles.

Il y a tellement d'éléments mélodiques différents (piano, choeurs, clavier presque électro, guitares virtuoses, batterie lancée à toute allure, basse sombre et inquiétante, techniques de chant et timbres multiples…) qu'on se perdrait presque dans le tourbillon musical baroque que constitue « Play With Fire ». Il y a quelques excellentes idées dans cette composition mais elles sont parfois noyées sous la masse, dommage. « I Revive » propose un bon mélange de riffs un peu énervés et de chant doux. Le morceau est équilibré, contrairement à bon nombre de propositions musicales du groupe, alors on ne me qu'être convaincu ! Les voix masculines de Ken Kängström et Viktor Carlsson, tous deux guitaristes, apportent un vrai plus à « Starlight », moins stridente que les premiers titres. « Carolus Rex », qui est bien la reprise de la fameuse chanson à laquelle vous pensez, est plus apaisée, ou en tous cas maîtrisée, ce qui faisait cruellement défaut à certaines chansons. Je ne prends pas la peine de vous la présenter et vous laisse aller la découvrir !

« Follow The Cipher » est un album plutôt décevant tant certains morceaux auraient pu être affinés et perfectionnés. Il est également très inégal puisque les premières chansons sont brouillonnes alors qu'un équilibre semble émerge dans la seconde moitié de l'album. Le groupe doit mettre de l'ordre dans ses idées et apporter davantage de soin aux finitions.