FIVE FINGER DEATH PUNCH
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Heavy Metal
Chroniques

F8
Fred H
Journaliste

FIVE FINGER DEATH PUNCH

«Five Finger Death Punch demeure fidèle à son style. "F8" (éfficace, accrocheur et inspiré) est loin d’être un plantage, bien au contraire.»

16 titres
Heavy Metal
Durée: 57'19 mn
Sortie le 28/02/2020
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BETTER NOISE RECORDS
Ces derniers années, le moins que l'on puisse dire c'est que tout n'a pas été rose pour Five Finger Death Punch. Entre les gros problèmes d'alcoolisme du chanteur Ivan Moody (et les dommages collatéraux de tous ordres qui allaient avec), les conflits/pressions/procès avec leur ancien label Prospect Park et le départ en 2019 du batteur originel Jeremy Spencer pour raisons médicales (plusieurs opérations du dos ne lui permettaient plus d'assumer pleinement son poste), que de tumultes.

Bref, 2 piges après leur « And Justice for None », 5FDP est de retour avec « F8 » (F en référence à la première initiale du nom du groupe et 8 bah par ce que c'est le huitième méfait du combo). Dixit le sixcordiste hongrois Zoltán Báthory, cet opus est comme une « renaissance, une progression, une transcendance à la fois personnelle et musicale ». Globalement, à l'instar de ce que le quintette livre depuis plusieurs albums, on oscille entre morceaux agressifs et chansons plus accessibles au plus grands nombres. Des trucs bien metal U.S (l’effréné 'Scar Tissue'), des riffs lourds (l'explosif 'Inside Out') ou thrash ('Bottom of The Top') de la paire Bathory/Jason Hook et des parties plus nuancées de l'autre ('Leave It All Behind'), voilà le programme. Arrimé à ses fûts, le dernier arrivant, le cogneur Charlie "The Engine" Engen, pilonne son kit (le meurtrier 'This Is War') comme si sa vie en dépendait. La prod', très propre et très moderne, goupillée par le sieur Kevin Churko (Ozzy Osbourne, Slash, Disturbed) rend justice aux différents instrumentistes (le bassiste Chris Kael serait le plus en retrait si on y regarde/écoute de plus près).

Soutenu par ses proches et de ses comparses, depuis 2 ans et sa cure de désintox, Moody est désormais « clean ». Derrière son micro, le hurleur propose beaucoup de choses variées. De manière assez fluide, il alterne chant lent, débit mitraillette (le coup de poing metal indus 'Full Circle' et ses « This is not a test … » scandés et martelés), voix trafiquées, passages gutturaux et plus posés voire parlés ('Mother May I (Tic Toc)' et son gimmick Tic toc). Le garçon est inspiré et en forme. La sobriété semble visiblement plutôt bien lui réussir. C'est l'aspect mélodique et la voix claire qui prédominent malgré tout ('To Be Alone', la ballade 'Brighter Side Of Grey'). De nombreux textes de cet opus traitent de sa lutte contre cette dépendance (l'addiction pour la bouteille sur excellente et sombre 'Darkness Settles In'), de leurs conséquences (la dépression sur 'A Little Bit Off') et de son rétablissement.

La galette est bien garnie (un chouia trop peu être, mais quand on aime on ne compte pas parait-il). En plus des treize titres de la version standard, la formation a ajouté 2 pistes bonus assez énergiques (l’entraînant 'Making Monsters' et 'Death Punch Therapy' dont les textes sont bardés de références en pagailles à des morceaux du répertoire passé) et une plage qui fait un peu remplissage pour rien (une version Radio Edit rallongée de 30s de 'Inside Out').

Le gang originaire de Las Vegas demeure fidèle à son style. les détracteurs n'aimeront toujours pas et les aficionados kifferont encore. Généralement, lorsque vous appuyer sur la touche « F8 » de votre clavier c'est que vous avez subi quelques déconvenues avec ce satané ordi (démarrage de Win-machin en mode sans échec). Dans le cas présent, ce dernier effort (efficace, accrocheur et inspiré) de Five Finger Death Punch est loin d’être un plantage, bien au contraire.