Finisterre
Anibal BERITH
Journaliste

DER WEG EINER FREIHEIT

«Une chose est sûre, cet album est une grosse claque dans l'univers du black metal et le quartet frappe fort une fois de plus! Une carrière sans faille...»

5 titres
Black Metal
Durée: 45 mn
Sortie le 25/08/2017
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On peut dire qu'en ce moment le black metal est à l'honneur (SATYRICON, AUDN…) et particulièrement avec la pépite que nous dévoile le quartet allemand originaire de Würzburg. Faisant suite à l'excellent, Stellar, ce quatrième album intitulé Finisterre, nous fait l'agréable surprise de hausser le niveau avec une galette fort bien produite et surtout d'une violence inouïe tant musicalement qu'émotionnellement.

D'un format similaire à leur méfaits précédents, « Finisterre » est légèrement plus court et distille un univers à la fois mélancolique, triomphant et aérien nappé d'une brutalité exacerbée sur ¾ d'heure en seulement 5 actes.
Toujours emmené par le duo Nikita Kamprad (guitare/chant) et Tobias Schuler (batterie) depuis 2011 dont seul reste Nikita comme membre fondateur, le groupe s'enrichit de deux nouveaux membres avec Nico Ziska à la basse et Nicolas Rausch à la guitare remplaçant respectivement Giuliano Barbieri et Sascha Rissling.

Démarrant par une intro narrée en allemand suivie d'un court passage sur fond de guitare acoustique, ''Aufbruch'' nous entraine dans une violence musicale dont l'agressivité nous prend aux tripes dès la première minute sur fond de riffs lancinants et dissonants accompagnés de blast beats très rapides. Le chant se veut rageur au départ pour sombrer dans la mélancolie par un timbre plaintif au fil du titre, au fil du disque.
On note un passage atmo qui emporte l'auditeur très loin, très haut même devrais-je dire; il suffit de fermer les yeux et l'on se retrouve perché si haut qu'il semble difficile de redescendre.
Comme pour l'intégralité des morceaux, un grande place est donnée aux instruments, le chant venant juste sublimer ces longues parties, c'est d'ailleurs sur ce postulat que ''Skepsis Part I'' est intégralement instrumental offrant une variété déroutante pour une montée en puissance annonçant les prémices de la partie II, ''Skepsis Part II''. Les deux titres enchainés donnent clairement l'état d'une composition unique, variée et inlassable, une oeuvre de près de 11 minutes!

Vous l'aurez compris, avec DER WEG EINER FREIHEIT, on sait quand ça commence et pas quand ça finit avec une durée moyenne des titres dépassant les 10 minutes ! Il suffit de se plonger dans le titre le plus long de la galette ''Ein letzter Tanz'' et ses 13'49'' pour comprendre qu'il est nécessaire de prendre son temps pour saisir toutes les nuances et l'inspiration des artistes tarabustant leur auditeur de parties douces et plus soutenues créant ainsi une ambiance stridente et dérangeante.

Le disque s'écoute comme un long récit, un livre dont on se délecte de page en page où nous est contée une histoire pleine de rebondissements avec ses joies, ses peines et souvent le calme avant la tempête. C'est ainsi que déboule la pièce maîtresse de l'oeuvre, le titre éponyme qui débutant par un riff très black'n'roll, nous prend rapidement aux tripes par une ascension de riffs associant triomphalisme et déception, le tout encore une fois sublimé par la violence de la mélodie instaurée par le quartet et l'alternance des plans plus délicats pour laisser place à une partie instrumentale occupant la moitié du morceau beaucoup plus accessible où la basse et la batterie sont les principaux acteurs distillant une ambiance très mélancolique tirant vers un final sombre et torturé emprunté au post black metal.

Difficile de décrire précisément l'univers des Bavarois tant chaque chanson offre une variété exacerbée qui s'apprécie à sa juste valeur et de façon très personnelle par son auditeur. A la suite de nombreuses écoutes, on ressent des influences extrêmement variées allant d'ENDSTILLE à MARDUK en passant par IMPERIUM DEKADENZ ou encore DEAFHEAVEN et ainsi créer un style propre et unique, celui de DER WEG EINER FREIHEIT.

Avec un album plus radical, DER WEG EINER FREIHEIT monte d'un cran son niveau musical, artistique et technique en nous proposant une oeuvre aboutie sur laquelle l'enchainement des titres se fait de façon évidente. Plus qu'une seule chose à faire pour l'apprécier, se le procurer, poser son casque sur les oreilles et se délecter du génie allemand.

Anibal Berith
DER WEG EINER FREIHEIT
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