GRAVE DIGGER
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Speed Metal (early), Heavy/Power Metal (later)

Fields of Blood
Aldo
Journaliste

GRAVE DIGGER

«Un très bon album dans le pur style Heavy Metal allemand ! Çà fait headbanguer joyeusement et c’est assez jouissif ! »

12 titres
Speed Metal (early), Heavy/Power Metal (later)
Durée: 55 mn
Sortie le 29/05/2020
434 vues

« La première impression est souvent la bonne, surtout quand elle est mauvaise ! » disait Churchill (et là, déjà, à lire cette entame un chouia inquiétante pour les fans, j’en vois au fond dont le front perle d’une sueur révélatrice des angoisses du connaisseur qui attend avec impatience le nouvel opus de son groupe préféré)

Si je cite ce bon vieux Winston, c’est tout simplement que, étant complètement étranger (qui a dit « encore une fois » ? Il a raison…) de la discographie des teutons fans de kilt, la sortie de « Fields of Blood » est l’occasion pour votre serviteur d’enfin mettre un pied dans leur univers. N’ayant en tête que leur fascination pour une certaine idée de la Calédonie (oui, si tu cherches dans Wikipedia, tu sauras que c’est l’ancien nom de la patrie qui enfanta William Wallace, Marie Stuart, James Grant, Sharleen Spiteri et Jim Kerr…évidemment, t’es jeune et fan de metal, donc les trois derniers noms te laissent coi, quoi…pas grave, passons…), j’ai donc plongé dans la nouvelle galette de la bande à Chris Bolthendal et ses potes de clan, histoire de voir de quoi il retournait…

« Nan mais ho, Grave Digger c’est pas juste des chevelus en jupette à tartan qui aiment la cornemuse, hein… » me direz-vous…
Bon, déjà et d’une, tu me causes moins gras : j’ai pas l’air comme ça, mais je pourrais être le père de certains d’entre vous, et pis je suis pas ton pote !
De deux, c’est vrai qu’à force de retenir la forme, on en oublie le fond…du coup, allons voir au fond si on y est.

Et bien, moi qui m’attendais à du Power Metal dans ce qu’il a de plus caricatural, pour le coup je suis refait ! Dès la première écoute, on est plutôt dans le registre de ce que le Heavy Metal allemand a pu donner avec des gens comme ACCEPT (et par voie de conséquence U.D.O, et ses déclinaisons). En fait, grâce à cet album on se fait une idée de ce qu’aurait pu donner le croisement entre la bande à Wolf Hofman (pour les riffs et le côté hargneux tendance berger allemand) et les barjots sympathiques d’ALESTORM (pour les refrains gavés de chœurs taillés pour être repris gaillardement par le public au Wacken…ou à l’Oktoberfest pour friser les moustaches à Inkel Klaus et tante Frida)

Le côté pompier propre au Power n’est d’ailleurs finalement pas trop poussé, au profit de chapelets de riffs qui transformeront vos boites crâniennes en oscillateurs à cheveux au premier rang des concerts. Ca fait headbanguer joyeusement et c’est assez jouissif ( surtout « Barbarians » !)

Evidemment, comme on est sur le thême de l’Ecosse, le quatuor a saupoudré son propos de quelques traits de cornemuses, qui s’insèrent correctement dans l’ensemble, même si parfois on se fait des frayeurs (L’intro du titre éponyme en est une preuve, mais une fois la guitare insérée dans l’ensemble, c’est ma foi plutôt pas dégueu !…Autre tour de force : réussir à conclure cette intro avec un bend de guitare qui sonne furieusement « Queen »…)

La prod’ et les arrangements sont quant à eux typiques du son « à l’allemande » (ACCEPT, toujours…) même si on note une certaine « rondeur » qui la fait ressortir du tout-venant et la démarque de ses inspirateurs (non, j’ai pas dit « aspirateur »). A l’oreille, c’est plutôt flatteur, et cela contribue à faire passer un bon moment à l’auditeur.

Au final, on ne voit pas les cinquante-cinq minutes de l’album passer. Dans le genre on a affaire à un album joliment troussé, qui pourrait plaire à des gens que le Power Metal rebute. Les références au folklore et à une certaine idée romancée de l’Ecosse pourraient d’ailleurs en tromper certains. Après, autant être honnête, on n’est pas non plus devant la galette du siècle, mais on y trouve quantité de détails qui garantissent un minimum d’amusement et de plaisir à l’auditeur. On pourra donc y consacrer quelques écoutes sans regrets.