Evil and Divine
Fred H
Journaliste

SUNBOMB

«Cette association entre le vocaliste de Stryper et le guitariste de L.A. Guns se révèle globalement être une plutôt bonne surprise. On ne peut donc qu’espérer que cette coopération perdure et donne une suite à cette agréable première offrande.»

11 titres
Metal
Durée: 48 min 23 mn
Sortie le 14/05/2021
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Que peut-il bien se passer quand le chanteur-guitariste Michael Sweet (Stryper, Sweet & Lynch, ex-Boston) s’associe au sixcordiste Tracii Guns (L.A. Guns, ex-… Guns N' Roses, Brides of Destruction, W.A.S.P., Poison) ? La réponse tient en un seul mot : Sunbomb.

Entre un Tracii couvert de tatouages et fan de gros metal (voire de black metal ?!, c’est lui qui le dit) et un Michael dont le combo référence donne dans le heavy metal chrétien, cette alliance - à l'initiative du directeur de Frontiers Music, Serafino Perugino - peut paraitre étrange et même contre nature. Qu’importe, le premier effort commun de nos deux quinquas étasuniens se nomme « Evil And Divine ». Pour les épauler, la paire n’a pas été chercher très/trop loin en recrutant Adam Hamilton aux baguettes (ex-L.A Guns de 2001 à 2007) et Mitch Davis à la 4-cordes.

Après une ou deux écoutes, plusieurs évidentes influences - bases du heavy metal « classique » - nous sautent à la tronche. Les ainés comme Judas Priest (le missile mélodique et ultra métal 'Life', le rapide 'Story Of The Blind'), Led Zeppelin (l’intro de 'Born To Win' rappelant celle d’un 'Good Times Bad Times'), Iron Maiden (le mélodique 'No Tomorrows'), ou encore Black Sabbath (le sombre et doomesque 'Take Me Away'). L’aura d’un Tony Iommi (qui reste un modèle pour le gars Tracii) et les inspirations Sabbat-iennes période Ronnie James Dio planent ici et là ('World Gone Wrong').

Malgré ces accointances avec tous ces légendaires grands frères, nos protagonistes ne sont pas de vils et mauvais clones (l’entrainant 'Stronger Than Before'). Plusieurs pistes sévèrement musclées (l’effrénée plage éponyme) ne font pas de quartier ('They Fought', seule piste laissée aux bons soins du bassiste Johnny Martin, actuel membre de L.A. Guns).

Cette liaison dangereuse entre les sieurs Sweet, Guns & compagnie fonctionne bien (soulignons au passage le parfait soutien de la section rythmique, notamment le gros boulot d'Adam Hamilton derrière les futs). La zique est ici un peu plus « lourde » que ce que nos deux têtes pensantes ont l’habitude de fournir habituellement (bien que le récent « The Devil You Know » de Tracii avec son L.A. Guns n’était pas avare de bastos très rentre-dedans).

Tout au long de l'œuvre, Michael montre l’étendue de ses possibilités vocales. A l’aise avec les compos goupillées par son comparse, l’américain reste impressionnant. Il est aussi à l’aise sur des morceaux sauvages (le dévastateur 'Better End' et ses cris puissants) que sur des chansons plus douces (la ballade acoustique 'Been Said And Done').

Plutôt cohérent, moderne et bien maitrisé, ce « Evil and Divine » de Sunbomb se révèle globalement être une plutôt bonne surprise. On ne peut donc qu’espérer que cette coopération perdure et donne une suite à cette agréable première offrande.