DVNE
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Progressive Metal

Etemen Aenka
Julien Pingenot
Journaliste

DVNE

«Ce second album de Dvne nous embarque dans une folle épopée psychédélique grâce à une grande richesse musicale.»

10 titres
Progressive Metal
Durée: 67 mn
Sortie le 19/03/2021
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Lors de la sortie de son premier album "Asheran", les écossais de Dvne nous donnait à écouter un album d'une grande profondeur autant musicale que lyrique. Et pour tout vous dire, ce premier album fait parti de mes classiques tant lors de sa découverte, l'intensité et la beauté qui se dégage de leur musique me toucha profondément. Cette claque remonte à 2017, alors, lorsque du nouveau matériel était en préparation autant dire que je ne tenais plus en place. Premièrement, ce retour sur le devant de la scène se fit grâce à l'EP "Omega Severer", qui pour ma part n'a fait qu'intensifier cette attente, pour enfin se concrétiser en l'album "Etemen Aenka" qui est sorti ce 19 Mars 2021.
 
Musicalement DVNE brasse très large, en effet nous faisons face à un Sludge progressif teinté de Stoner très ambitieux que l'on pourrait rapprocher d'un Kylesa ou de la première partie de carrière de Mastodon, qui au passage est beaucoup plus intéressante que les derniers albums mais c'est un autre débat.
 
DVNE est un groupe ambitieux et ce n'est pas avec ce nouveau pavé que l'on me fera dire le contraire. Comme dit plus haut "Asheran" était un album ambitieux et assez difficile d'accès aux premières écoutes. Pour ce second album, on rempile avec encore plus d'ambitions. En effet, en quatre ans, au fil de ces différentes tournées, le groupe pris encore plus de galon, à maturer et cela se ressent beaucoup dans ce nouvel album.
 
Ce deuxième album est d'une grande richesse qu'il serait difficile de faire tenir entre ces lignes. La musique de DVNE est très organique et pleine de textures. J'entends par là, que le groupe n'hésite pas à accumuler les couches d'instruments ou d'effets afin de créer des ambiances prenantes. Et en terme d'ambiance, c'est un véritable voyage que nous propose les écossais! Nombreux sont les passages complètement psychédéliques et très évocateurs. Le début du morceau "Satuya" est un bon exemple. Par ailleurs, un point qui m'avait marqué sur l'album précédent étant la chaleur du son. La production rendant beaucoup de passages assez suffocants et avec ce grain assez particulier que l'on retrouve chez les groupes de Stoner. Et sur ce nouvel album, les ambiances chaudes sont aussi bien présentes et un peu plus subtil que sur "Asheran". Je pense notamment au dernier tiers du morceau "Mleccha" qui mélange son Sludge agressif avec une rythmique aux touches orientales très évocatrices. Le morceau "Tower" est aussi un bon exemple de ce côté chaud et suffocant.
 
DVNE c'est aussi une véritable alchimie vocale. A eux deux, Victor Vicart et Dan Barter possède un panel très large et varié de chants accompagnant à merveille les compositions. En résulte des moments de grâce absolu comme ces petites lignes de chant clair sur "Omega Severer" et "Si-XIV" ou encore "Court of the Matriarch" par exemple, ou bien vers la fin de "Mleccha" ou les deux s'associent pour nous donner une dernière partie de chanson poignante et intense. Bien que plus classique, le chant crié apporte un vrai contraste avec le chant clair, lumineux et aérien. De part sa nature plus agressive, il apporte une noirceur aux compositions, sur "Towers" notamment, on a l'impression de se retrouver perdu en plein désert accablé par une chaleur insoutenable. D'ailleurs, cela rejoint mon point sur le côté chaud et suffocant de la musique.
 
Musicalement, certains passages touche au divin, je pense notamment aux très puissantes dernières parties des morceaux "Towers", "Si-XIV" ou encore "Court of the Matriarch". C'est simple, quand ces passages arrivent dans mes oreilles, je suis complètement transporté dans une espèce de transe psychédélique. Et c'est sur ce type de passages que le côté organique de la musique se fait le mieux ressentir, tous les instruments sont en symbiose et délivrent de grands moments musicaux. D'ailleurs, ces moments démontrent tout le génie de composition de DVNE, sur l'album ces passages sont nombreux et aucun ne semble forcé. La progression des morceaux est très sensible et intelligente et pour le peut qu'on soit un minimum attentif à ce qu'il se passe, ces passages vous toucherons aussi puissamment que cela fut mon cas.
 
Bien qu'ayant beaucoup apprécié l'album, les morceaux plus ambiants comme "Adraeden" ou "Asphodel" viennent un peu casser la rythmique de l'album. En effet, bien qu'ils apportent de la texture à l'album, je trouve qu'ils tirent un peu trop sur la corde et sont un peu trop long à mon goût pour des "transitions". Par exemple, "Adraeden" qui se cale entre "Omega Severer" et "Si-XIV", je ne lui trouve pas vraiment d'intérêt mise à part rallonger le morceau et nous faire languir futilement. Ce n'est qu'un point de détail qui n’entache en rien toute les qualités citées précédemment mais qui à la longue m'a un peu dérangé.
 
Pour être tout à fait honnête, j'ai encore beaucoup de choses à découvrir et quel plaisir cela va être de retourner me plonger dans ce fantastique album. Avec "Etemen Aenka", Dvne arrive à nous proposer un album aussi abouti que "Asheran" et en y apportant encore plus de subtilités et d'ambiances incroyablement prenantes. L'attente en valait vraiment la peine maintenant plus qu'une hâte, c'est de pouvoir les voir en concert et pleinement vivre l'expérience Dvne.