Escape Of The Phoenix
Fred H
Journaliste

EVERGREY

«Ce « Escape Of The Phoenix » ne peut que plaire aux adeptes de metal progressif en général et aux partisans d’Evergrey en particulier. Faites-vous plaisir.»

11 titres
Dark Melodic Métal
Durée: 58 min 47 mn
Sortie le 26/02/2021
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Avec la sortie en 2019 de leur « The Atlantic », Evergrey avait mis un très bon point final à sa trilogie conceptuelle débutée en 2014 par la perle « Hymns For The Broken » et suivie deux ans plus tard par un « The Storm Within » qui ne déméritait pas. A l’instar des autres musiciens de la planète, nos suédois ont été privés de tournées en 2020 (pandémie covid-19 oblige). Dès lors, la formation scandinave a mis à profit ce confinement forcé pour finaliser (tous ensemble) et enregistrer de nouvelles compositions.

Voici donc « Escape Of The Phoenix », douzième méfait du combo originaire de Göteborg. Comme lors des plus récents opus, le quintette agrémente son progressif et power metal avec des atmosphères et des émotions contrastés. Force et fragilité, noirceurs et lumières, tout se mélange. La petite équipe n’a pas son pareil pour télescoper tous ces grands écarts avec un indéniable talent. On ne peut être qu’impressionnés par la qualité de tous les instrumentistes et de leurs performances respectives.

Une fois encore, le travail sur les guitares est tout bonnement remarquable. Le six-cordiste Henrik Danhage est un virtuose du manche d’une précision et d’une subtilité redoutable. Quel bonheur que tous ces riffings lourds et sombres (le titre éponyme) aux services d’ambiances autant mélancoliques que mélodiques. Entre les lignes de basse totalement insensées de Johan Niemann et la polyvalence implacable de Jonas Ekdahl derrière son kit batterie, la section rythmique n’est clairement pas en reste (l’addictif 'A Dandelion Cipher'). Présents mais pas du tout envahissants, les claviers de Rikard Zander amènent de la profondeur (le bijou 'Where August Mourn'), de la richesse, et de la modernité aux chansons ('Run'). Un rien de notes presque futuristes par ci (l’introspectif 'Leaden Saints'), des accents gothiques par-là ('In The Absence Of Sun' et ses chœurs entêtants).

Pour accompagner Tom S. Englund au chant, la clique a convié le Canadien James LaBrie, le vocaliste des étasuniens de Dream Theater. En harmonie, le duo nous fiche la chair de poule sur une piste intense toute en progression jusqu’à son climax ('The Beholder'). Totalement maitres de leur sujet, nos garçons proposent des refrains aussi explosifs que mémorables (le haletant et énergique 'Forever Outsider', l’hymne fédérateur 'Eternal Nocturnal'). Que c’est bon tout ça. Glissées adroitement dans le disque, les deux excellentes ballades ('Stories', l’obsédante 'You From You') sont aussi délicates qu’efficaces. Le chanteur, guitariste et parolier Englund y adopte des tons plus doux mais toujours si chaleureux et remplis d’émotions. Très plaisant en tout cas.

Vous l’aurez compris, tout l’ensemble est des plus soigné, méticuleusement assemblé, et parfaitement mis en valeur par la production au cordeau goupillée par le danois Jacob Hansen (Amaranthe, Volbeat, Epica, Delain). Si à cela on ajoute la magnifique pochette – à nouveau - réalisée par le zicos et graphic designer (Rem3dy Art Design) grec Giannis Nakos, on se dit qu’on tient là une œuvre de très haute facture.

Lourd, sombre, mélodique, et bardé d’émotions contrastées, ce « Escape Of The Phoenix » ne peut que plaire aux adeptes de metal progressif en général et aux partisans d’Evergrey en particulier. Faites-vous plaisir.