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Brutal Death Metal

Ersetsu
Julien Pingenot
Journaliste

DEVANGELIC

«Avec "Ersetsu", Devangelic nous embarque dans les coins les plus brutaux et sombres du royaume de morts mésopotamien.»

9 titres
Brutal Death Metal
Durée: 31 mn
Sortie le 15/05/2020
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Dans la sphère Brutal Death Metal, les Italiens de Devangelic ne sont plus à présenter. En deux albums : « Ressurection Denied » et surtout l'immense "Phlegethon", ils ont su se hisser sur le haut du panier aux côtés de pointures telles Disentomb ou encore Disgorge. Et c'est en mai 2020, que le quatuor italien revient avec "Ersetsu" !

A l'instar de nombreux groupes de Brutal Death, Devangelic nous propose des albums concepts et non simplement des étalages de tripes, sang et corps éviscérés. Avec "Phlegethon", le groupe nous plongeait dans l'Enfer de Dante et nous décrivait les passages les plus sombres et brutaux de cette odyssée infernale. Avec "Ersetsu", nous partons pour le royaume des morts mésopotamien.

Devangelic joue un Brutal Death très compact, lourd et viscéral. Par rapport aux anciens albums, la production s'est améliorée (bien que très bonne sur "Phleghton") et a permis de rendre encore plus assommant les compositions des Italiens. Sur plus d'une demi-heure nous sommes malmené de toutes parts dans ce royaume des morts à la rencontre de ses propriétaires comme les dieux Marduk ou encore Ningishzidda. Cette immersion est notamment rendu possible grâce aux quelques samples de lamentations comme au début de "Vomiting The Infected" ou encore cette voix possédée sur "Sigils Of Fallen Abominations". Ces quelques samples renforcent grandement le thème illustré par le groupe et fait hommage à la superbe pochette réalisé par Nick Keller (The Black Dalhia Murders, Disentomb).

Pendant tout l'album nous sommes martelés de riffs et il est facile de se perdre dans ce torrent de brutalité. En effet, à aucun moment le tempo ne ralentit, les seuls moments où cela ralentit c'est pour nous infliger un gros break comme sur "Eyes of Abzu", "Vomiting The Infected" ou "Throne of Larvae", ce dernier étant intensifié avec ce son de cloche massive en arrière plan. Sans entrer dans la démonstration, le jeu de guitare est assez technique et brutal, et dans toute cette violence, les gratteux incorporent de petits passages plus mélodiques comme sur "Upon The Wrath Of Divinity" et son court solo tout en dissonance. Ces petites incursions permettent d'apporter beaucoup de diversité à l'ensemble et rend l'album un peu moins monolithique.

Les vocaux gutturaux sont aussi une des clés de cette brutalité, non pas qu'ils soient très originaux pour le style mais ils sont d'une maîtrise assez impressionnante. En effet, les placements de voix sont intelligents et Paolo nous offre une performance vocale grandiose et violente. Ses gutturaux sont profonds et aident à renforcer les passages les plus brutaux de l'album comme les délicieux breakdowns.

Au final, une nouvelle fois, avec "Ersetsu" les Italiens nous offre un petit bijou de brutalité pure. Les compositions sont inspirés, brutales et dépeignent bien l'univers dans lequel le groupe nous embarque.