ENRAGEMENT
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Death Metal

Burned, Barren, Bloodstained
Anibal BERITH
Journaliste

ENRAGEMENT

«Les finlandais mettent la barre un peu plus haute avec ce second opus plus engagé et ont su s'inspirer des meilleurs pour définir leur propre style»

11 titres
Death Metal
Durée: 49 mn
Sortie le 09/06/2017
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Formé il y a une dizaine d'années (2006), le quartet finlandais à la tête d'un album paru en 2014 ''Omnimalevolence of Man'' renouvelle cette année leur essai en délivrant un second opus bien plus abouti aux influences death metal US évidentes. ''Burned, Barren, Bloodstained'' se détaille en 11 titres tous aussi dévastateurs que malsains sur près de 50 minutes; c'est vous dire combien les compositions sont denses.

Dès que l'on se plonge de ce nouvel opus, la première chose qui frappe, c'est l'ambiance clairement malsaine. Les riffs sont lourds et incisifs, bien travaillés pour procurer l'effet désiré par les finlandais. A cela vous ajoutez des blasts qui claquent, qui frappent et qui vacillent systématiquement entre un mid bien pesant et des blasts beats sauvages et vous vous faites assommer en deux coups de baguettes.

Quatre musiciens (Batterie: Lasse Sannikka, Guitare & Chant: Tuomas Iivanainen et Atte Ojanne, Basse & Chant: Jarkko Niemi) dont trois chanteurs (les deux gratteux et le bassiste) permettent une alternance de voix à la façon Nile qui amplifie de façon évidente la caractère terrifiant de la musique des finlandais. Je vous parlais de Nile car c'est clairement une influence majeure dans les compositions du quartet puisqu'on y retrouve toute la dissonance et le côté oriental du quartet américain (' River of Corpses ', et ' Blood for the Sun God '). Le tout assorti de break et de l'omniprésence de la basse créant une sorte de suspension du temps sur le titre introductif.

La suite offre quelque chose de plus technique à la Dying Fetus, le côté coreux en moins (' Dead Flesh Treasury ', ' Ashen Unity ') et toujours cette alternance de voix qui permet de passer du côté agressif presque thrash par moment au côté brutal death voire slamming tellement il est caverneux (' Raining Bodyparts ', 'As the Acid Burns').

Afin de respecter l'univers sombre et morbide des finlandais, deux titres se démarquent par leur côté naturellement dérangeant ('Mass of a Thousand Suns') voire démoniaque ('Blood for the Sun God', il n'y a qu'à visualiser le vidéo clip en bas de cette page pour s'en rendre compte).

Voilà près de 3/4 d'heure que nous sommes assommés par la lourdeur du tempo du quartet et terrorisés par les riffs assassins des deux assaillants que sont Atte Ojanne et Tuomas Iivanainen , le tout enveloppé d'alternance de voix tantôt agressive, tantôt venue d'outre tombe que le titre de clôture 'Smite the Impure' déroute par son intro groovy totalement inattendue. Tout y est pour ne pas laisser indifférent l'auditeur et l'achever une bonne fois pour toute: plans slamming, chant fédérateur, riffs dissonants, samples angoissants (genre ambiance de thriller scandinaves) pour débouler sur une seconde partie (3'30'') solennellement démoniaque et incantatoire jusqu'au growl dévastateur final....

Les finlandais mettent la barre un peu plus haute avec ce second opus plus engagé et ont su s'inspirer des meilleurs pour définir leur propre style. C'est assez novateur et la prise de risque est notable car nous sommes bien loin de ce à quoi nous ont habitué les deatheux scandinaves qui sont, généralement, old school. A découvrir sans attendre...

Anibal Berith

Tracklist:
1. River of Corpses
2. Dead Flesh Treasury
3. Raining Bodyparts
4. Mass of a Thousand Suns
5. Divine Catatonia
6. Ashen Unity
7. As the Acid Burns
8. To Become Earth
9. Blood for the Sun God
10. Armed Redeemer
11. Smite the Impure