Empire Of The Blind
Fred H
Journaliste

HEATHEN

«Onze ans après leur dernier méfait en date, « Empire of the Blind » est un retour gagnant pour Heathen»

12 titres
Thrash
Durée: 47'22 mn
Sortie le 18/09/2020
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Heathen est un put*** de combo de thrash américain malheureusement pas assez reconnu. Malgré trois sk(e)uds de haute volée (« Breaking The Silence », « Victims Of Deception » et « The Evolution Of Chaos » respectivement parus en 1987, 1991 et 2009), ce groupe issu de la fameuse Bay area n’a jamais vraiment réussi à avoir la notoriété des Exodus, Testament et autre Death Angel. Seulement trois galettes sorties en plus de trente-cinq piges d’existence, c’est effectivement peu comparé aux copains nettement plus prolifiques.

Bien que la formation a subi de nombreux écueils et terribles tragédies sur son parcours (multiples changements de line-up, décès de plusieurs membres ou d’anciens partenaires), le gang mené par le sixcordiste Lee Altus (qui officie aussi avec Exodus) est toujours debout. Pour son quatrième effort, intitulé « Empire Of The Blind », le combo originaire de San Francisco ne dévie pas de son style.

Outre les pistes d'intro ('The Rotting Sphere') et outro ('Monument To Ruin'), le quintet californien al-terne compos thrash old school ('The Blight' et ses grosses harmonies, le missile 'The Gods Divide'), morceaux plutôt heavy metal mid-tempos (le solide 'Sun In My Hand') et même chanson orientée rock ('Shrine Of Apathy'). On retrouve ce mélange savamment dosé de puissance, d’agressivité et de mé-lodies que le groupe revendique (le solide 'Sun In My Hand'). Une fusion inspirée qui va décalaminer vos esgourdes ensablées (l’écrasant 'In Black').

Les amateurs de grosses distorsions, de riffs gras et de solis de grattes vont être ravis. Les duet-tistes Altus et Kragen Lum sont aussi à l’aise dans les rythmiques saccadées accrocheuses (la tuerie 'Dead And Gone') que dans les descentes de manches en avalanche imparables (la torpille 'Blood To Be Let'). Soutenus par une section basse-batterie totalement renouvelée et percutante (le bassiste Jason Mirza et le cogneur Jim DeMaria), nos deux lascars font montre d’une indéniable technicité (l'instrumental 'A Fine Red Mist' et ses accents progressif). Partageuse, la paire a invité trois frères d’armes guitaristes (l’ex-Heathen Doug Piercy, mister Gary Holt d’Exodus/Slayer ainsi que son ancien compagnon pourfendeur Rick Hunolt) pour de furieuses interventions ici et là.

A l’instar du large éventail musical proposé, le chant de David White Godfrey est lui aussi varié. Servi par des lignes vocales entraînantes (l’explosive piste éponyme) et des refrains en béton armé (la claque 'Devour'), l’homme ne faiblit pas tout au long de cette rondelle des plus réussie.

En ce qui concerne la production (moderne et musclée), le mix et le mastering, le boulot abattu par Christopher « Zeuss » Harris (Rob Zombie, Soulfly, …) est tout comme il faut (évitant le piège du « on pousse tous les potards de la console à fond dans le rouge »). N’oublions pas de mentionner la superbe (quoi que funeste) pochette, commise par l’artiste Travis Smith (Overkill, Death, Katatonia, Opeth, …), qui retranscrit parfaitement les thèmes variés de l’opus.

Onze ans après leur dernier méfait en date, « Empire of the Blind » est un retour gagnant pour Heathen. Devant le super boulot fourni, on ne peut être que frustrer pour ce groupe injustement méconnu. Bien qu’on aimerait que le combo nous ponde plus d’albums, la qualité prime clairement sur la quantité. Et c’est bien là l’essentiel.