Ategnatos
Enora
Journaliste

ELUVEITIE

«« Ategnatos », un album convaincant qui prouve qu'Eluveitie revient à des morceaux plus simples mais plus intenses, à des narrations moins développées mais à des atmosphères plus solidement ancrées»

16 titres
Folk/Melodic Death Metal
Durée: 60 mn
Sortie le 05/04/2019
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Sans surprise aujourd'hui, nous allons discuter du huitième album d'Eluveitie, groupe Folk suisse formé de neuf musiciens qu'on ne présente plus tant ils sont devenus des habitués. Si la formation a beaucoup fait parler d'elle au cours des dernières années avec des changements de line-up assez brutaux, « Ategnatos » semble marquer le retour à une certaine stabilité après un « Evocation II : Pantheon » chaotique et qui avait déçu les fans.

L'album s'ouvre avec le morceau éponyme, dont le clip avait été dévoilé dès le 1er février. Une voix masculine contant une histoire, le son d'une flûte, une rythmique mystique… Il n'en faut pas plus pour nous replonger entièrement dans l'univers d'Eluveitie ! ‘Ancus' prend la forme dès courts morceaux narratifs portés par la voix de Fabienne Erni et qu'on pouvait déjà découvrir sur le précédent album du groupe. Arrive ensuite ‘Deathwalker' qui, étrangement, rappelle les premiers opus du groupe, ce qui ravira les fans que « Evocation II : Pantheon » n'avait pas convaincus. On se retrouve rapidement à agiter la tête, renouant avec le génie des musiciens qui offrent ici un morceau équilibré. On continue sur cette très bonne lancée avec le plus calme ‘Black Water Dawn' qui revient vers un Folk plus traditionnel aux influences celtes. Après une période trouble, Eluveitie reprend la route de la simplicité et on ne peut que s'en réjouir ! Les screams de Chrigel Glanzmann domine une ligne instrumentale en retrait sur ‘A Cry In The Wilderness' dans un style plus old school, moins précieux mais tout aussi énergique, avec néanmoins un bel interlude aux cordes.

La très belle ‘The Raven Hill' flirte avec des atmosphères quasi-religieuses où Fabienne Erni se mue en grande prêtresse, bientôt rejointe par une rythmique simple mais entraînante où son alter-ego masculin donne le ton. Après une transition instrumentale nommée ‘The Silvern Glow', le groupe nous plonge dans 'Ambiramus', un morceau contrasté qui passe d'une proposition dansante à quelque chose de très mélodique avant de donner dans la Pop ; soyons honnêtes, on a un peu l'impression de perdre le groupe dans une tentative de renouvellement pas forcément réussie. ‘Mine Is The Fury' est une chanson plus sombre et dont le refrain prend des allures Heavy qui vont plutôt bien au groupe. Contrairement au titre précédent, on retrouve l'esprit d'Eluveitie dans ce mélange original. Le groupe a décidément bien préparé son affaire puisque voici maintenant ‘The Slumber', un excellent morceau qui mêle tout ce qu'on aime chez le groupe suisse avec un duo vocal passionné, des instruments acoustiques mélodieux, une rythmique basse-batterie puissante et chaloupée, des guitares vrombissantes, et une ambiance Folk à souhait !

L'ouverture plus robotique et chaotique de ‘Worship' ne pourra que vous rendre plus avide d'en entendre davantage. Dans un ton d'abord fantomatique, le morceau se déploie peu à peu avec une agressivité qui semble nouvelle au groupe mais qui lui sied à merveille. Nouvelle pause avec ‘Trinoxtion' qui nous berce au son de la pluie et d'une mélodie qui s'efface dans le lointain… ‘Threefold Death' s'inscrit dans la lignée de ‘Deathwalker' et ‘A Cry In The Wilderness' du début d'album avec Alain Ackermann en grande forme derrière sa batterie ! Alors qu'ils étaient assez nombreux sur « Evocation II : Pantheon », les morceaux solo de Fabienne Erni se font assez rares pour être soulignés ici, comme avec ‘Breathe', délicat et maîtrisé, avec moins d'envolées lyriques qu'à l'accoutumée. La fureur s'empare des guitares de Rafael Salzmann et Jonas Wolf sur ‘Rebirth', dévoilé en 2017 mais qu'on retrouve avec plaisir sur « Ategnatos ». La douce ‘Eclipse' marque la fin de cet album dont on sort comme d'un rêve.

« Ategnatos » est un album qui convaincra sans doute les fans de la première heure qui ont pu être déçus par « Evocation II : Pantheon ». Eluveitie semble en effet revenir à ses racines, à des morceaux plus simples mais plus intenses, à des narrations moins développées mais à des atmosphères plus solidement ancrées. En conclusion, c'est un très bon travail que le groupe nous propose et qui laisse présager un chemin encore long sur lequel nous allons les suivre !


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