Brand New Breed
Maitre Jim
Journaliste

DOG EAT DOG

«Un peu de fraîcheur crossover par les pionniers du genre! Du punk, du rap, du saxophone... c'est Dog Eat Dog!»

8 titres
Fusion
Durée: 31 mn
Sortie le 30/11/2018
1063 vues

Le monde est divisé en 2. D'un côté ceux qui pensent à Nestor Burma quand on parle de saxophone. De l'autre ceux qui connaissent Dog Eat Dog. L'occasion de faire ici un petit cours d'histoire est très tentante, alors allons-y !
Dog Eat Dog, est un groupe de cross-over punk / rap / hardcore / hip-hop formé en 1990. Un beau mélange des styles tout droit sorti de la côte Est des States, du New-Jersey plus précisément. Mais au-delà des étiquettes, ce qu'il faut se dire, c'est que Dog Eat Dog est LE son de la fusion des 90's. Ou en tout cas un de ses plus fidèles lieutenants. Attendez, vous avez dit fusion ? Avant que les TV et radio ne jouent en boucle les hits planétaires du nu metal, un style musical associait déjà des courants différents mais pouvant réunir le même public: on appelait ça la fusion. La rencontre du hard rock et du rap. Et on ne parle pas ici d'Aerosmith et Run DMC. Non on pense inévitablement à Rage Against The Machine. Ou Sugar Ray. Sans oublier Fishbone, ni les Beastie Boys. Mais aussi à Dog Eat Dog. Un son inhabituel et non conventionnel. Imaginez : du punk rock / hardcore mixé avec un phrasé rap et quelques samples… ça et du saxophone ! Invraisemblable. Les gamins du New Jersey, en bousculant joyeusement le paysage musical de la décennie, ont réussi à se faire leur place sur les scènes hardcore, punk et cross over. « All Boro Kings » et « Play Games », leurs 2 premiers albums sont succulents.


Alors que reviennent faire nos amis après 4 albums et plus de 10 ans d'absence ? Un nouvel album ? Un live ? Un EP ? Eh bien, c'est un peu de tout ça en fait ! Un vrai cross over. Car sur « Brand new breed », le groupe livre 4 nouveaux titres et 4 bonus live.
Ça démarre avec ‘XXV', sympathique morceau mélangeant un alternative hard-rock à un chant légèrement rappé et au traditionnel sax. On retrouvera aussi les fameux gang vocals, une façon de rappeler les origines east coast du groupe et les connivences avec Biohazard et la scène hardcore NY. Très classique pour Dog Eat Dog.
Ensuite, ‘Vibe Cartel' est aussi un bon petit morceau aux saveurs groovy et latina. Il sonne comme si le groupe avait recruté Carlos Santana en guest. Amusant.
La bonne surprise vient du titre suivant ‘Lumpy Dog' qui sort des chemins habituels de la bande : un très bon petit reggae tout à fait à propos. Avec une belle guitare saturée, une mélodie agréable et une basse qui ressort bien. Le rythme est entraînant et la chanson est magnifiée par le fond de reverb qui va bien. Et toujours ces backing vocals toujours très présentes sur les compos du groupe, véritables marques de fabrique de Dog Eat Dog.
Le rayon nouveautés studio prendra fin avec ‘Emoji baby' dans une atmosphère plutôt légère, bien qu'un peu old school de par les riffs et le fond d'électro qui accompagne ce titre rap/rock.

La seconde partie de « Brand new breed » est donc consacrée aux titres live. Et là, par contre, petite (grosse) déception. Dog Eat Dog prend le soin de ressortir 2 titres mythiques, vieux de plus de 20 ans… pour les massacrer ! Pourtant, l'excitation était forte à l'idée de découvrir ‘Isms' et ‘Rocky' (de l'excellent « Play Games ») revisités. Mais quelle idée d'aller jouer ces morceaux unplugged ! Il y a tellement de bons exemples de titres repris en acoustique, ce qui est d'ailleurs très à la mode en ce moment. Un peu de piano, une guitare folk, de l'harmonica, des percus, le fameux sax... il y avait quelque chose à faire avec ces 2 morceaux. Mais non. Tout ce qui ressort, c'est une version où le guitariste a été mis au chômage technique. Les mêmes chansons en ayant débranché les prises électriques. Exactement les mêmes tempos, chants, choeurs (excellents ceci dit). Peu d'adaptation ou d'originalité. Vraiment les mêmes titres mais moins bruyants que les originaux si punky et festifs. Comme s'ils ne voulaient pas réveiller les voisins... Dommage !
Pour compléter le tableau unplugged, nous avons le droit de redécouvrir ‘Lumpy dog (unplugged)', somme toute identique à l'originale, agréable à l'écoute mais pas aussi intéressante que la version branchée. Enfin ‘XXI (live)', permet au groupe de revenir sur une note plus punchy pour laquelle il est nettement plus à l'aise.


C'est donc une impression mitigée que laisse là Dog Eat Dog avec « Brand new breed ». L'attente était forte et qui aime bien châtie bien, après tout. 4 nouvelles compos dont 2 qui réapparaissent en live (dont 1 unplugged) et 2 classiques en live unplugged aussi. Vous avez suivi ?
Les 4 nouveautés nous ramènent un peu de cette fraîcheur caractéristique du groupe. Il n'y a qu'à les voir sur scène pour s'en convaincre. Toujours positifs et énergiques, comme au bon vieux temps. Pour ce qui est des 4 titres bonus, disons qu'ils ne rendent pas vraiment hommage au talent et à la réputation des gamins du New Jersey. Mais au final, l'EP fait tout de même plaisir à écouter et laisse présager de belles nouveautés à venir. On l'espère !