Dissolution
Fred H
Journaliste

THE PINEAPPLE THIEF

«Cette Dissolution est bien au contraire une magnifique association d'Alternatif Progressif Rock des plus réussie. Exquis.»

9 titres
Metal Progressif
Durée: 43'30 mn
Sortie le 31/08/2018
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Depuis sa création en 1999, on peut dire que The Pineapple Thief (NdT : Le voleur d'ananas) est plutôt un groupe prolifique. Onze disques studio, plusieurs albums Live et une quantité affolante de compilations, EP, etc…. Que vous ayez sortis votre caltoche Texas Instrument ou que simplement vous ayez décidé de compter sur vos petits doigts, le résultat est le même, Impressionnant. Cette Dissolution (qui n'est en rien prémonitoire, rassurez-vous) est donc le douzième opus de nos britanniques. Pour la seconde fois, après le Your Wilderness paru il y a deux ans, le taulier Bruce Soord (chant & guitares dès l'origine), les anciens Jon Sykes (bassiste présent dès 2002) et Steve Kitch (claviers en tous genres arrivé en 2005) ont rappelés Gavin Harrison pour les parties de batterie. A la différence du skeud précédent, le frappeur de fûts de Porcupine Tree et de King Crimson a été impliqué dès le début de la composition. Darran Charles (Godsticks), embauché en 2016 comme autre sixcordiste, complète le quintet.

Le concept de cette galette traite de la disparation des relations entre les individus et la perte du tissu social qui va avec. Le vocaliste explique : « À une époque où nous sommes supposés être plus proches que jamais, je ne me suis jamais senti aussi isolé du monde, nous vivons une révolution et je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose ». A chacun sa réponse.

D'une production à une autre, les membres de TPT n'ont de cesse que de faire évoluer et d'affiner leur Alternatif Prog Rock. Fruit de cinq mois intensif d'écriture et d'enregistrements, ce nouvel effort est fascinant… entêtant. Les mélodies, qu'elles soient vocales (''Threatening War'') ou musicales (''Uncovering Your Tracks''), viennent ravir nos esgourdes. Chacun des neuf titres captive. Tour à tour hypnotiques (''Not Naming Any Names''), un poil énergiques (''All That You've Got'', ''Far Below'') ou progressifs (''Try As I Might''), les anglais varient les humeurs pour notre plus grand bonheur.

La frappe subtile de Harrison se combine merveilleusement avec l'univers du combo. Les accents mélancolico-acoustique (''Pillar of Salt'') et les passages plus pop (choeurs de ''Shed a Light '') ne sont pas oubliés. On note même ici et là quelques petites touches d'électro. Nos britishs ont également décidés de collaborer avec David Torn. Le guitariste de Everyman Band, connu pour son style jazz fusion (et pour avoir bossé avec David Bowie, Jeff Beck ou bien encore Madonna) délivre ici (''White Mist'') quelques interventions décalées pour un pavé de onze minutes.

Les comparses ont choisi d'enregistrer de manières indépendantes à travers le Royaume-Uni (entre le studio de Bruce à Somerset et celui de Gavin à Londres), partageant leurs idées via messagerie instantanée. Le chanteur et le batteur se sont occupés du mixage et le mastering a été chapeauté par le claviériste Kitch. Pour mettre en valeur cette Dissolution, l'artwork a été confié à l'agence de design Stylorouge (travaux pour Enya, Blur, The Cure, Stereophonics, Simple Minds ou encore pour le film Trainspotting) basée dans le Kent. Les « effets » parasites sur le visage et le logo du titre ont été travaillés pour évidement renforcer le propos.

Sensibles et intelligents, les membres de The Pineapple Thief le sont assurément. Cohérente d'un bout à l'autre, cette Dissolution est bien au contraire une magnifique association des plus réussie. Exquis.

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