Shrine of Insanabilis nous délivre un black frontal efficace et puissant, dont la fluidité sait brillamment se teinter d'originalité. Une belle réussite.
C'est en 2015 qu'est formé Shrine of Insanabilis, quatuor allemand qui frappe fort d'entrée de jeu avec la sortie de « Disciples of the Void », un premier album au black efficacement destructeur et à la pochette mystique, suivi d'un EP de deux titres en 2016.
Shrine of Insanabilis revient maintenant avec un nouvel album : « Vast Vortex Litanies », qui sortira mi octobre 2019, une nouvelle fois chez WTC Productions.
A noter que le line-up du groupe n'est détaillé nulle part. Contactés, Shrine of Insanabilis nous a répondu qu'en effet ils ne publiaient aucune information sur ce point car cela n'avait tout simplement pas d'importance à leurs yeux, nous n'en saurons donc pas plus à ce stade (malgré une curiosité évidemment exacerbée par ce quasi mystère).
C'est au Netherlands Deathfest en 2017 que j'ai découvert en live un groupe au son absolument parfait et aux musiciens capables de faire passer dans leur jeu une telle émotion qu'ils ont réussi à percher une bonne partie du public - respect Messieurs. C'est donc sans dire que j'attendais avec impatience la sortie de ce nouvel opus.
A la première écoute, ce qui frappe c'est la globale rapidité d'exécution. La machine est lancée dès les premières secondes et n'a pas l'intention de s'arrêter au bord de la route avant d'en avoir terminé.
Sept titres seulement pour 48 minutes d'album, les allemands aiment développer et prendre leur temps, chaque titre dépassant les cinq minutes, le plus long en faisant plus de dix.
L'album débute par trois lents et lourds coups de gong …. et ne s'arrête plus. Çà va très vite et les moments où l'on peut reprendre son souffle sont bien courts, les titres s'enchainant souplement et dans une grande continuité.
C'est très mélodique, mais d'une façon plutôt lancinante, avec une batterie omniprésente, et la voix du chanteur, d'une grande puissance, pose un voile de noirceur sur tous les titres. La gamme de celui-ci est vaste, du scream torturé à des passages presque mélancoliques en passant par une diction scandée, quasi incantatoire, et ce chant impose à l'album une atmosphère globalement oppressante.
Le groupe aime à casser souvent le rythme et à surprendre, comme par exemple sur l'introduction de la chanson « Vast Vortex Litanies » qui nous amène tout droit dans un film mi horreur mi sci-fi. Durant une minute trente on ne sait pas ce qui va nous arriver dessus mais on gage que ce ne sera surement pas pour notre bien … Heureusement le rouleau compresseur repart, sans répit. De même le morceau « Invisible. Infinite. Inexorable.» attaque par des accords on ne peut plus classiques plaqués lourdement sur un piano avant d'être repris par la guitare … et que, de nouveau, le groupe lâche les chevaux.
Le dernier titre, « Verdict » est fidèle au reste de l'album et sur dix minutes trente alterne matraquage de fûts, changements de rythme et nombreuses nuances de chant - mais avec en plein milieu de la piste une interloquante minute trente de voix parlée, qu'on reconnait être de l'allemand, et qui étonnamment ne casse pas la dynamique du morceau mais finit de peaufiner le côté finalement très intrigant de l'opus.
Shrine of Insanabilis nous délivre un black frontal efficace et puissant, dont la fluidité sait brillamment se teinter d'originalité. Une belle réussite