DIRTY SHIRLEY
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Hard Rock

Dirty Shirley
Fred H
Journaliste

DIRTY SHIRLEY

«Association réussie entre le vocaliste de Animal Drive et le guitariste George Lynch pour un Hard Rock tout aussi moderne que respectueux du passé»

11 titres
Hard Rock
Durée: 56'33 mn
Sortie le 24/01/2020
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Début 2018, venu de Zagreb, la planète metal voyait débouler un jeune quartette archi prometteur nommé Animal Drive. Malgré des influences assez reconnaissables (Skidrow et Whitesnake notamment), il était évident qu'on tenait là un premier effort (« Bite! ») mordant et bien fichu ainsi qu'un vocaliste hors-pair. En y regardant de plus près, ledit chanteur, Dino Jelusić de son petit nom, n'était en fait pas totalement inconnu. Le garçon avait fait ses premières armes avec Trans-Siberian Orchestra et avait été recommandé par Jeff Scott Soto (Sons of Apollo) himself auprès de l'écurie italienne Frontiers Records (toujours à l'affut de découvertes et d'associations en tous genres).

Bref, vu le talent et le charisme du phénomène, on imagine sans peine les (nombreuses) sollicitions et propositions qu'il a dû recevoir. Du coup, quand le guitariste de renom George Lynch (ex-Dokken, Lynch Mob, Sweet & Lynch, The End Machine) l'a contacté, le temps de réflexion a dû être bien court avant de dire oui. Secondés par Trevor Roxx à la basse et Will Hunt (Evanescence, Black Label Society, Static-X) aux baguettes, les 2 protagonistes principaux ont choisi de proposer un disque ouvert et varié. Inspiré par les larges capacités vocales de son compagnon, Lynch ne se fait prier pour exploiter au mieux ces champs des possibles et laisser éclater sa créativité. On se balade entre années 80 (le Lynch Mob-ien 'Last Man Standing') et les 90's ('The Dying' et ses sonorités hispaniques). On assiste à un rapprochement de nations. Le Serpent Blanc britannique rencontre les ricains de Dokken (le galopant 'Siren Song' construit sur un superbe riff et des claviers énergiques). L'équipe mixe également un Hard old-school avec des accents plus sombres et plus alternatif ('I Disappear'). Lynch ne nous a pas habitué à cela et c'est plutôt intéressant.

La diversité souhaitée se poursuit. Après un bref passage par le désert (le rock stoner décent 'Cold' à défaut d'être totalement mémorable), les Dirty Shirley (nom inspiré par l'une des 1eres compo commise par le combo) nous emmènent dans le sud (le Southern Boogie rock et « bouge ton cul » 'Escalator to Purgatory') et sur la route du blues (le séduisant 'The Voice of a Soul' qui renvoi aux premiers méfaits de Coverdale). Le jeu de George (également producteur, le mix ayant été confié à l'incontournable Alessandro Del Vecchio) est toujours subtil. Les soli de guitare magnifiques. Chaque note ressort parfaitement.

Véritable caméléon vocal, le croate s'adapte avec insolence aux différents styles perpétrés par son ainé gratteux. Sur un Hard Rock à la Rainbow, Dino nous rappelle le gnome Ronnie James Dio (le mélodique et tranchant 'Here Comes the King' et ses gimmicks « Oh-oh Oh-oh oh-oh-oh-oh »). Le lascar emprunte aussi un peu à ce bon vieux David Coverdale (le bien nommé et Lynch Mob-ien 'Dirty Blues', quelque peu « classique » certes mais pas moins efficace et percutant). Malgré tout, le chanteur est loin d'être un simple imitateur. Sa voix est chaude, puissante, un rien rageuse par moment, et on aime bien ça.

Malgré 2 ou 3 morceaux un peu en dessous (le « je pars un peu dans tous les sens » 'Higher' et le psychédélique 'Grand Master'), cette association entre un jeune vocaliste aux capacités incroyables et un six-cordiste qui n'a plus rien à prouver est globalement une réussite. On espère vraiment que Dirty Shirley accouchera d'une suite à cet Hard Rock tout aussi moderne que respectueux du passé.