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Metal Alternatif

Be Like A River
Enora
Journaliste

DEVILSKIN

«''Be Like A River'', un album bien parti mais assez inégal, il faut vraiment être fan de Devilskin ou du genre pour l'apprécier en intégralité»

Metal Alternatif
Sortie le 15/12/2016
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AUTOPRODUCTION

L'histoire de ce groupe est particulière. C'est en 2010 que Devilskin naît de l'impulsion du bassiste Paul Martin alors entré en contact avec la chanteuse Jennie Skulander en Nouvelle-Zélande. Ils engagent alors Tony “Nail” Vincent à la guitare et Rob à la batterie, mais ce dernier ne peut continuer à jouer avec eux. Paul demande alors à Nic Martin, son fils, de le remplacer. Et le groupe est lancé. Le groupe sort un premier album en 2014, puis un live à la fin de la même année. Après une tournée pendant laquelle le groupe est acclamé, ils enregistrent “Be Like A River”, leur deuxième album. Le groupe confirme t il cette première impression ?

“In Black” débutera cet album sur les chapeaux de roue. Pas une seule seconde à perdre, c'est une rythmique certes basique, mais très efficace qui accompagne la voix de Jennie. Le break, avec quelques screams en arrière plan, surprendra, mais le groupe enchaîne rapidement avec “Mountains”. Des riffs un peu plus travaillés, et une batterie omniprésente, mais le titre est mené d'une main de maître par la voix de la jeune femme. Le titre prendra de l'intensité lors du break final. Poussant encore un peu dans la technicité, “Pray” est très énergique avec notamment quelques screams masculins, alors que “Voices” est plus apparentée à une ballade.

Retour sur de la puissance brute avec “Believe In Me” un titre court avec une rythmique un peu plus saccadée mais qui s'enchaîne parfaitement, alors que “F.Y.I.” donnera plus de place à la basse de Paul. Sur le refrain, l'effet d'écho avec des hurlements rend vraiment bien, et on se rend compte que les compositions du groupe prennent plus d'ampleur. Le break fera à nouveau monter l'intensité, alors que “Bury Me”, pourtant très bien partie dans cette lignée, relâche la pression sur le refrain. Un titre malheureusement trop inégal pour me permettre de rester dedans.

Retour des sonorités lourdes avec la rythmique emplie d'harmoniques de “House 13”, une composition qui se veut sombre. L'effet de ralenti au niveau du refrain est très réussi, avec une montée dans les aigus de la part de Jennie. Le solo final nous projettera sur “Grave”, un autre titre à la rythmique très Groove et entraînante qui s'axe sur la basse. Un effet de lassitude s'installera quelque peu sur ce titre jusqu'au break au son clair. Inattendu, ce passage relancera le titre avec un hurlement, pile à temps pour “Animal”, qui fera redescendre encore l'intensité. Malheureusement trop lente, la composition casse le rythme, et le silence final est beaucoup trop long.

L'album est-il fini ? Dois-je continuer d'attendre ? Non deux fois, car “Limbs” s'imposera pour relever le niveau. Beaucoup plus théâtral et lourd, ce titre aux nombreux passages en voix saturée éveillera ma curiosité et me poussera à aller jusqu'au bout de cette rythmique inquiétante. Bien qu'assez basique, son ambiance lui donne une réelle valeur ajoutée, chose qui n'arrivera pas à “Closer”. Une nouvelle balade à vocation émotionnelle, mais qui me laissera totalement de marbre malgré la performance vocale. L'album se termine avec “We Rise”, un titre à la rythmique plutôt efficace et entraînante, mais qui n'apporte pas grand chose de nouveau. Il lui manque un petit quelque chose pour… Bon d'accord, la fin est vraiment cool, dommage qu'il faille attendre si longtemps.

Alors qu'ils étaient très bien partis, Devilskin a composé un album assez inégal. Les derniers titres manquent globalement d'impact, et la lassitude peut s'installer. Les titres plus calmes cassent littéralement le rythme, et il faut du temps pour rentrer à nouveau dans l'univers plutôt énergique du groupe. J'espère que la scénique rattrape ce petit manque.