DEREK SHERINIAN
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Hard Rock

The Phoenix
Fred H
Journaliste

DEREK SHERINIAN

«« The Phoenix » s’adresse en priorité aux adeptes de zique instrumentale et aux aficionados de performances techniques»

8 titres
Hard Rock
Durée: 42'36 mn
Sortie le 18/09/2020
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Sur le C.V de Derek Sherinian figure bien évidement sa participation remarquée avec Dream Theater (de 1994 à 1998). Depuis son départ dudit combo en 1998, le claviériste a enchaîné les projets. The Caligula of keyboards (comme le surnomme Alice Cooper) a notamment officié avec Yngwie Malmsteen, Black Label Society et quelques autres tout en développant à côté ses propres formations (Planet X, Black Country Communion et Sons of Apollo pour les plus connues). En parallèle de tout ça, l’américain a commis sept efforts studios en solo sous son propre blase, le dernier en date « Oceana » remontant déjà à 2011.

Ce huitième méfait sortant présentement a été co-écrit et co-produit avec le compositeur, ingé son, producteur et batteur britannique Simon Phillips (ex-…Toto, Jeff Beck, Michael Schenker). Pour avoir déjà œuvré ensemble sur les cinq dernières rondelles de Sherinian, la connivence entre les deux amis est évidente et palpable. A l’instar des précédentes galettes, pour les grattes et les 4-cordes, Derek a rameuté tout un tas de connaissances. Certains sont des contributeurs habitués comme les bassistes Tony Franklin (présent à chaque fois), Jimmy Johnson et Billy Sheehan (Mr. Big, Sons Of Apollo) et les guitaristes Joe Bonamassa et Zakk Wylde (ex-Ozzy, Black label Society). Du côté des nouveaux invités, on retrouve les sixcordistes Ron « Bumblefoot » Thal (ex-Guns N 'Roses, Sons Of Apollo), Kiko Loureiro (Megadeth) et le guitar hero Steve Vai (David Lee Roth, Whitesnake, …).

L’étasunien a voulu un disque collaboratif. En plus de Phillips, plusieurs musiciens parmi les guests conviés ont pu participer aux compositions et tous ont apparemment eu beaucoup de liberté en studios (notamment sur les soli). Le titre même de cette nouvelle œuvre a été choisi par notre maestro des synthès parmi des centaines de suggestions qui ont été postées (à sa demande) sur Facebook. « The Phoenix » (nom finalement retenu) comprend donc huit morceaux dont une reprise de Buddy Miles ('Them Changes', ici chantée par monsieur Bonamassa en personne). En ce qui concerne les interprétations, il n'y a (évidemment) rien à (re)dire. Notre virtuose des synthétiseurs et ses potos étant tous des pointures, la maîtrise et la technicité sont au rendez-vous. Les adeptes du démonstratif seront servis. Les passes d'armes entre claviers et autres instruments/protagonistes sont nombreuses ('Octopus Pedigree').

Vu les univers si éloignés et les styles distinctifs de tous les protagonistes embauchés, on pouvait craindre une livraison qui parte un peu dans tous les sens et le manque d'homogénéité général. A l’écoute, on retrouve bien cette fusion mélodique et exaltée d’inspirations jazz ('Dragonfly', 'Temple Of Helios') et de metal ('Pesadelo') si chère à la tête pensante. Ça fuse pleine balle avec des soli de la mort-qui-tue (la plage éponyme et sa déferlante de plans avec 100 notes à la minute) et des lignes mélodiques que ne renieraient pas Joe Satriani ('Clouds Of Ganymede'). Beaucoup de feeling grâce à la basse super groovy et une batterie des plus dynamique, toutes deux bien mises en avant/valeur ('Empyrean Sky').

Derek Sherinian et son casting 3 étoiles de maîtres ès manches signent une œuvre foisonnante. « The Phoenix » s’adresse en priorité aux adeptes de zique instrumentale et aux aficionados de performances techniques. Voilà voilà.