Dead Cross
The Effigy
Journaliste (Belgique)

DEAD CROSS

«Dead Cross bouscule les genres de façon admirable, le duo Patton-Lombardo en fait une valeur sûre à consommer sans modération !»

10 titres
Metal Alternatif
Durée: 28 mn
Sortie le 04/08/2017
7364 vues
IPECAC RECORDS
Formé en 2015 par Gabe Serbian, l'ancien chanteur de Retox, Dead Cross comprend dans son line up deux autres membres de Retox, le guitariste Mike Crain et le bassiste Justin Pearson. Mais le personnage qui attirera le plus l'attention sera Dave Lombardo, l'ex-slayer qui assure le poste de batteur. Le groupe Californien monte sur les planches le mois qui suit sa formation et publiera un premier titre trois mois plus tard. Malheureusement après l'enregistrement studio de l'album à venir, Gabe Serbian quitte le groupe. Se retrouvant sans chanteur, celui-ci décide de ne pas publier le disque avec avec une voix qui ne sera plus la sienne.

En décembre 2016 une très bonne nouvelle débarque sur le net, le nouveau chanteur du groupe sera l'inépuisable Mike Patton (FNM, Mr Bungles, Fantomas, etc... ). Patton réécrira les textes et enregistrera le chant de son côté. L'album ainsi complété est produit par Ross Robinson (Wasp, Korn, Sepultura, Fear Factory, etc... ). L'opus est publié sur deux labels, l'Ipecac de Patton et le Three One G du bassiste Justin Pearson. C'est donc enfin ce 4 août que le public pourra découvrir cette nouvelle réunion entre les deux monstres qui avaient déjà travaillés ensemble au sein de Fantomas. Et malgré une différence de style, le groupe nous offre un melting pot pas très éloigné du travail habituel de Patton.

Dès le départ nous sommes confronté à des titres très courts. « Seizure And Desist » martèle à tout va. Dave se fait plaisir, se servant de tout les toms de son instrument alors que Patton nous gratifie aussi bien de mélodie que de cris. La structure reste cependant une vraie chanson. Un début Chaotique nous entraîne sur le bien mouvementé « Idiopathic ». Mélange de Hardcore, de garage et de métal, ça déchire à tout les étages. Les passages parlés sont maîtrisés de main de maître par Patton alors que basse et guitare se veulent plus noïsy.

« Obediance School » avec son grattage trashy soulève la poussière dans le moindre recoin. Un léger sentiment de Voïvod se capte par moment dans le titre. Le tout reste accrocheur. Le chant envoûte sans aucune difficulté. C'est sous les cris de « Shillelagh » que commence le morceau du même nom. Une approche plus punk malgré des passages que n'auraient pas renié les Faith No More. Il est intéressant de voir à quel point cette musique colle à merveille à Patton alors qu'elle était déjà enregistrée avant son engagement.

Pour ceux qui se souviennent de Bauhaus, voici venir « Bella Lugosi's Dead ». Voix grave et tempo modéré donne une belle aération à l'album. L'ambiance inquiétante est bien évidemment mise en avant et cette adaptation se veut donc gagnante. Le retour du martèlement lance un « Divine Filth » décadent à souhait. Le groupe s'amuse entre hardcore et noïse garage pour le plaisir de nos orifices les plus sensibles. Nous parlons bien entendu de nos oreilles. Aucun temps mort pour accéder au titre suivant qu'est « Grave Slave » . Patton joue plus à l'acteur qu'au chanteur, monte dans les aigus, crie, parle, chante. Au bout du compte, Patton est reconnaissable entre mille, il fait du Patton.

Un riff Trash sur une batterie déstructurée pourrait faire penser à un vieux Kepone, mais comme toujours la voix redonne le cachet propre au groupe qui nous éloigne à chaque fois d'une influence quelconque. C'est le propre de « The Future Has Been Cancelled ». Un peu de lourdeur pour « Gag Reflex » ou la diversité des éléments oblige le groupe à nous offrir un titre de plus de quatre minutes. L'album se termine par le particulier « Church Of The Motherfuckers ». Une histoire plus racontée que chantée encore une fois mais visitant toujours toute une palette de voix.

Pas facile de vous guider pour savoir si vous aimerez cet album ou pas. Les aficionados de Patton peuvent se jeter dessus les yeux fermés. Toute sa richesse vocale est quasiment exploitée sauf pour ce qui est de la grandiloquence qui est absente ici. Les parties de batterie de Lombardo sont aux petits oignons et raviront aussi ses fans. Dead Cross est bien plus accessible qu'un Fantomas puisqu'il s'agit de véritable chanson structurées comme telles. Plus brute qu'un Mr Bungles, le groupe ne possède cependant pas un son métal mais bien plus crunch, garage. L'auditeur ouvert d'esprit se régalera donc sans aucun doute. Pour les autres, ils risquent fort de passer à côté d'une oeuvre incontournable.
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