Singularity
Enora
Journaliste

DE LIRIUM'S ORDER

«« Singularity », un album qui a le mérite de mettre en lumière l'univers très complet et abouti de De Lirium's Order»

9 titres
Technical Death Metal
Durée: 35 mn
Sortie le 26/04/2019
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Formé en 2000 en Finlande, De Lirium's Order est un quatuor au sein duquel on trouve Kari Olli (ex-membre live d'Insomnium) au chant et Erkki Silvennoinen (ex-Omnium Gatherum) à la basse. Depuis leur première création, « Victim No. 52 » en 2004, le groupe a composé quatre albums, « Singularity » est le dernier en date !

L'ouverture se fait avec ‘I Have Awakened', présenté comme une introduction et qui tient son rôle à merveille, plongeant l'auditeur dans un univers confus et stellaire où diverses lignes instrumentales se superposent et fusionnent. Néanmoins, De Lirium's Order est bien déterminé à prouver qu'un tel univers n'est en rien un obstacle à une musique agressive et puissante, en témoigne la ligne de batterie sur ‘Ayatollah'. L'auditeur attentif saura apprécier la retenue du groupe qui ne donne dans pas du bourrin pur et dur mais reste fidèle à l'univers qu'on devinait sur l'introduction. L'interlude à la Carach Angren au milieu du morceau est également une très belle surprise ! Contrairement à beaucoup de groupes de Tech Death, les musiciens semblent préférer la sobriété et la maîtrise à un déferlement baroque et parfois étouffant, à l'image du morceau éponyme sur lequel le groupe ne se refuse pas l'usage du chant clair, qui mériterait d'être un tout petit peu plus propre.

Les screams de Kari Olli apportent la profondeur dont le frénétique ‘Surfaced 441-16' pourrait avoir besoin. L'ensemble reste assez sec avec une batterie une nouvelle fois impressionnante dans sa performance. Ce qu'on pourrait néanmoins reprocher à cette chanson est que les musiciens ne semblent pas travailler de concert mais plutôt rivaliser de technicité, en témoigne les guitares qui laissent malgré tout la place à la basse d'Erkki Silvennoinen de s'exprimer. Lancinant et hypnotique, voici ‘The Billion Year Contract' où les voix (en scream et chant clair) se répondent les unes aux autres, créant une sorte d'opéra macabre qu'on savoure autant auditivement que mentalement. Les deux minutes d' ‘Acoustic Medley' permettent de renouer avec l'atmosphère d' ‘I Have Awakened', un condensé de douceur.

‘Orion's Cry', que vous pouvez découvrir un peu plus bas dans cette chronique, reprend tout ce que les propositions musicales de De Lirium's Order ont de séduisantes, flirtant avec une sorte de monde évoquant « Alice au Pays des Merveilles » sous acide et fantomatique. L'identité du groupe s'affirme de plus en plus clairement, ce qu'on ne peut que saluer. L'innovation va peut être un poil trop loin quand le groupe ajoute ce qui ressemble à de l'accordéon sur ‘Piazzolla', qui reste, en dehors de ce détail, un morceau tout à fait honorable. Le seigneur des ténèbres s'éveille sur ‘The End of Time' et annonce la fin de la représentation théâtrale. En six minutes, ce dernier titre offre différents paysages au rythme d'une horloge.

« Singularity » est un album qui a le mérite de mettre en lumière l'univers très complet et abouti de De Lirium's Order. Le groupe n'a pas peur de se montrer audacieux, parfois au point de se perdre dans une surabondance créative qui finit par étouffer les morceaux.


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