GREYLOTUS
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Progressive / Technical Deathcore

Dawnfall
Enora
Journaliste

GREYLOTUS

« Alors que les morceaux dévoilés en amont laissaient présager un opus très prometteur, « Dawnfall » déçoit car Greylotus se perd dans des morceaux sans ligne directrice. »

9 titres
Progressive / Technical Deathcore
Durée: 45 mn
Sortie le 08/07/2022
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Formé en 2018, Greylotus est un groupe de Progressive/Technical Deathcore qui nous a gratifié de l’EP « Savior » (2018) et qui dévoile désormais un premier album, « Dawnfall ». Menés par le bassiste Drewif Stalin, que vous connaissez peut être grâce à Drewsif Stalin's Musical Endeavors, ses membres sont tous des habitués de la scène Tech Death/Deathcore puisqu’ils jouent aussi (ou ont joué) au sein de groupes comme Wormhole, Vulvodynia, ou encore Vale Of Pnath.

Dès les premières secondes de ‘Rectilinear Motion’, la basse de Drewsif Stalin capture l’attention de l’auditeur grâce à une composition intelligente et efficace qui bénéficie d’un excellent mixage qui permet de profiter de chaque instrument. On en profite pour saluer immédiatement le travail de Buster Odeholm à la production, que vous connaissez peut-être par son travail avec des groupes comme Oceano, Vildhjarta ou encore Humanity’s Last Breath. Malgré de très bons changements rythmiques signés Matt Tillett à la batterie, ‘Shadow Archetype’ illustre à merveille le dilemme auquel Greylotus va se heurter tout au long de l’album : vouloir mettre trop d’idées à profit dans chaque titre au risque de proposer un résultat final décousu. Sur ce titre, les orchestrations très réussies au début perdent tout sens au milieu du titre sous forme d’interlude, et la conclusion surprend par son esprit très Slam Death.

Sans interruption avec ‘Shadow Archetype’, voici ‘Currents’, un morceau sur lequel on ne s’attarde pas tant le groupe s’embourbe dans une construction trop complexe et totalement désincarnée… Mais heureusement, ‘Chiaroscuro’ arrive à point nommé pour relancer la curiosité de l’auditeur puisque cette chanson s’en tient à une réelle ligne directrice qui la rend bien plus impactante. La militaire ‘Capgras Delusion’ est une démonstration technique qui peut se révéler un poil prévisible ; néanmoins, alors qu’elles peuvent avoir tendance à voler la vedette à la ligne de chant, les guitares de Sanjay Kumar et Ben Towles, trouvent ici un équilibre qui permet d’autant profiter des riffs que des soli. Si les influences des musiciens transparaissent différemment à chaque titre, avec en particulier quelques belles références au groupe Animals As Leaders, c’est bien Archspire qu’on a en tête en écoutant ‘Syzygy’, une création plus sombre et hypnotique que les précédentes mais qui perd en puissance par manque de cohérence.

L’ouverture au saxophone de ‘Hoarfrost’ n’est qu’un prétexte, une maladresse dont on s’étonne étant donné que les membres de Greylotus semblent énormément (voire trop) réfléchir à tout ce qu’ils font… Si le côté théâtral du morceau mérite d’être souligné, il ne s’agit que d’un énième titre désordonné. ‘Dawnfall’ est une chanson agréable et homogène qui met à l’honneur du chant clair et des harmonies vocales. Cependant, il est surprenant que le titre éponyme ne soit pas plus marquant… Finalement, la très belle ‘Azure Rain’ vient conclure cet album avec des contrastes très marqués entre des passages planants et des moments de déchaînement. Les touches de chant clair de Lee Mintz fonctionnent très bien sur cette création qui est en fait la plus représentative de l’univers de Greylotus.

En conclusion, alors que les morceaux dévoilés en amont (‘Azure Rain’ il y a trois mois et ‘Chiaroscuro’ il y a un mois) laissaient présager un opus très prometteur, « Dawnfall » déçoit. Greylotus est sans nul doute un groupe intéressant mais ses musiciens doivent apprendre à se canaliser afin de choisir une ligne directrice par morceau pour gagner en cohérence.