FIRST FRAGMENT
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Technical Death Metal

Dasein
Anibal BERITH
Journaliste

FIRST FRAGMENT

«Avec ''Dasein'', First Fragment se montre comme un acteur incontournable de la scène Tech Death mondiale!»

11 titres
Technical Death Metal
Durée: 56 mn
Sortie le 20/05/2016
4058 vues
C'est par un heureux hasard que j'ai fait la connaissance de ce groupe de tech death canadien dans la région toulousaine puisque par relation interposée, j'ai fait la rencontre du batteur du groupe qui n'est autre que Samuel Santiago (originaire de Toulouse et vivant au Canada), batteur émérite de nombreux groupes en tant que membre permanent (Fleshdoll, Gorod...) ou de session live et/ou d'enregistrement (Beyond Creation, Loudblast, Agressor...).

C'est après une soirée passée ensemble à se laisser emporter par les riffs expérimentaux de Meshuggah, que l'idée de chroniquer cet album paru en mai dernier via Unique Leader Records m'est venue et par la-même de faire connaître le groupe sur notre territoire au travers d'un interview de Samuel à retrouver sur votre webzine favori.

Formé il y a maintenant 10 ans au Canada, l'idée de créer ce groupe vient du talentueux, que dis-je prodige, Philippe ''Pat'' Tougas à tout juste l'âge de 16 ans ! Après quelques démos et un Ep ''The Afterthought Ecstasy'' paru en 2009 aussi dense qu'un album, c'est cette année que sort enfin le tout premier méfait de ce groupe de génie et hors du commun.

En réalité, cet album est prêt depuis 2009 mais les aléas de la vie d'artiste et la recherche d'un line-up stable ont fait tarder la parution de cette tuerie technique de haute volée.

Un peu dans la veine de Spawn Of Possession (datant de 1997) ou de Beyond Creation (2005), les canadiens de First Fragment sont en train de se faire un nom dans le death très technique dont le niveau est un cran au-dessus de ses homologues si bien que ce premier album est d'une maturité déconcertante.

Fort de 11 titres sur près d'une heure, si l'on devait résumer ''Dasein'' en un seul mot, ce serait dense. Effectivement, il y a tellement d'informations qui passent au cours de cette heure d'écoute qu'il est impossible de tout capter à la toute première. L'album est complexe et donne du fil à retordre à apprivoiser. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour dompter la bête et encore pas sûr d'arriver à tout maîtriser car à la prouesse technique, s'ajoute la brutalité la plus exacerbée des groupes de brutal death de renom. Le tout étant associé à de longs plans instrumentaux néo-classiques en guise d'influence principale, fait que cet album, bien que techniquement difficile à appréhender, reste très accessible musicalement, avec en prime le choix de la langue de Molière pour growler les textes!

C'est par l'intro directe de 'Le Serment de Tsion' que le ton est donné. Même si les morceaux sont très variés et ont chacun leur identité, les riffs techniques joués de main de maître par les deux guitaristes Gabriel Brault-Pilon (remplacé aujourd'hui par Nick Miller) et Philippe ''Pat'' Tougas, d'entrée de jeu démontrent le niveau des musiciens et la complexité des morceaux qui s'offrent aux auditeurs. On remarque rapidement que malgré la brutalité servie par le tempo en sans cesse évolution de Samuel alternant mid tempo, blast beats et double pédalage, la mélodie est de rigueur et prime sur tout le reste avec en gage de densité, la prépondérance de la basse s'invitant tout au long de la composition et même de l'album dans son intégralité. Elle occupe ainsi une place de choix toute aussi importante que les autres instruments et pas simplement pour donner du volume ou de la rondeur aux chansons.

Les influences du compositeur principal ''Pat'' sont très variées puisque nous sommes bercés à la sauce jazzy sur l'intro du titre éponyme en suivant, au rythme des guitares acoustiques à la touche flamenco évidente sur le titre purement instrumental 'L'Entité' et enfin au court plan bluesy après l'intro angoissante d'une femme hurlant sur 'Voracité (Apothéose, partie 1)'.

A la suite des intros souvent longues et soignées, la musique redevient frontale et directe au tempo très brutal et au growl caverneux, profond inspirant la terreur. Les riffs mélodieux et prodigieux des guitares et basses occupent clairement une place prépondérante caractérisant la musique du quintet de dense. On se rend compte au fil de l'enchainement de la galette que ce mot y trouve toute sa signification avec comme ligne directive des influences néo-classiques que l'on retrouvent tout au long de l'album et plus particulièrement sur 'Émergence' ou 'Evhron', ce dernier clôturant l'album sur plus de 9 minutes (7'25'' en réalité mais à écouter jusqu'au bout) à la thématique variée dont un passage plus sombre au premier tiers.

Les autres titres que nous n'avons pas encore évoqué sont clairement plus brutaux ('Mordêtre et dénaissance'), offrant aussi plus de lourdeur ('Archétype'), voire carrément dévastateur ('Gula' et 'Psychan (Apothéose, partie 2)' ). 'Gula' (à retrouver en écoute plus bas) est le coup de coeur de la rédaction tant il arrive à synthétiser sur un peu plus de 6 minutes tout le savoir faire des canadiens à contrario du second très expéditif, que nous aimons beaucoup aussi, qui terrasse tout sur son passage en moins de 3 minutes.

Vous l'aurez compris, avec ''Dasein'', First Fragment entre directement dans la cours des grands du Tech Death et se montre dès son premier jet comme un acteur incontournable de cette scène du Metal Extrême avec un album très abouti et qui fait mouche d'entrée de jeu.

Anibal Berith