CULT OF LUNA
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Atmospheric Sludge/Progressive Metal/Post-Hardcore

A Dawn to Fear
Shades Of God
Journaliste

CULT OF LUNA

«Cult of Luna offre avec « A Dawn to Fear » l'un de ses meilleurs albums, voire le meilleur. Pourquoi ? Parce qu'ils ont réussi à allier ce qu'ils font de mieux depuis leur création en apportant une véritable touche d'humanité»

8 titres
Atmospheric Sludge/Progressive Metal/Post-Hardcore
Durée: 80 mn
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Depuis « Vertikal » en 2013, Cult of Luna n'avait pas sorti d'album studio sous son seul et unique nom. Pour Autant les Suédois ne sont pas restés muets puisqu'il fait paraitre un EP avec The Old Wind, des lives et surtout le sublime « Mariner » avec l'incroyable Julie Christmas. C'est forcément avec une folle impatience que les nombreux fans du groupe attendaient « A Dawn to Fear », un album annoncé comme étant ''différent'' des précédentes oeuvres sur certains aspects, mais pas de quoi inquiéter pour autant, quand on connait le talent des Scandinaves. Si le fan de Metal en général est réfractaire voire hostile à l'évolution, quand il s'agit de Post-Metal, ils s'adaptent mieux, allez savoir pourquoi.

Cult of Luna a toujours fait une musique monolithique, sombre, dont le poids écrasant n'a d'égal que sa facilité à l'immersion totale. C'est ça qui est fort chez eux, cette faculté à proposer à l'auditeur des albums dont l'ambiance est capable de toucher un large public et pas seulement les amateurs de Post-Metal et autres dérivés. « A Dawn to Fear » reprend les codes habituellement utilisés : des titres longs, massifs, épiques, immersifs, fait de rythmiques lourdes où Johannes Persson pose sa voix si reconnaissable. Du Cult of Luna 100% pur jus aux premiers abords, sauf que pour « A Dawn to Fear » la méthode de travail a évolué pour amener les Suédois à créer un opus plus organique, direct, et spontané. Si vous trouviez parfois Cult of Luna trop cérébral, ce qui est loin d'être un défaut, sur « A Dawn to Fear » vous trouverez un groupe plus ''humain'' qui a remplacé la froideur mécanique par des émotions naturelles au travers de sublimes mélodies, d'instruments acoustiques, pour faire jaillir une mélancolie qui vous submerge. Le titre éponyme en est un parfait exemple, très down-tempo et aérien, celui-ci fait ressortir toute la spontanéité voulue lors du processus d'écriture.

Mais comme à son habitude, le combo est inventif, brouille les cartes tout en se montrant cohérent (putain ils sont forts). Ne soyez donc pas étonnés du très percutant 'The Silent Man' en ouverture, ou encore de l'effarante lourdeur de 'Lay Your Head To Rest' où les vocaux de Persson sont absolument dantesques. Pourtant, comme dit plus haut, et ce malgré les 80 minutes pour 8 titres, l'homogénéité d'« A Dawn to Fear » est absolument bluffante. Tout s'enchaine avec une aisance déconcertante qui est aussi le fruit du travail de production du génial Magnus Lindberg qui une fois encore a parfaitement visualisé le produit fini bien avant tout le monde. Les fans les plus acharnés et connaisseurs trouveront probablement des références à « Somewhere Along The Highway » et « Eternal Kingdom » ce qui dans un sens n'est pas faux surtout en termes de densité, mais « A Dawn to Fear » est bien plus que cela, c'est une sorte explosion qui fait plus parler les tripes que le cerveau, c'est un album qui transpire le vivant, le réel. Ce n'est certainement pas 'The Fall', en clôture qui prouvera l'inverse, il est un véritable condensé d'« A Dawn to Fear », reprenant un à un tout ce qu'il y a de plus éblouissant dans ce qu'il convient d'appeler un chef d'oeuvre.

Les écoutes se succèdent, le constat devient de plus en plus évident : Cult of Luna offre certainement avec « A Dawn to Fear » l'un de ses meilleurs albums, voire le meilleur. Pourquoi ? Parce qu'ils ont réussi à allier ce qu'ils font de mieux depuis leur création en apportant une véritable touche d'humanité. La dithyrambique s'arrête donc ici, on pourrait encore parler longtemps de ce merveilleux opus, mais le mieux quand même c'est que vous l'écoutiez, tout simplement. Vous ne pourrez pas être déçus, même à moitié, on vous le certifie.