PROFANATICA
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Raw Black Metal

Crux Simplex
Blood Potatoe
Journaliste

PROFANATICA

«Un album de black/death metal impie et sans concessions »

10 titres
Raw Black Metal
Durée: 39 mn
Sortie le 22/09/2023
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Profanatica est un power-trio formé en 1990 par des ex-membres d’Incantation, groupe pionnier du death metal US. Séparé en 1992, puis reformé en 2001 par le batteur/chanteur Paul Ledney et deux musiciens de session, le combo nous revient avec ''Crux Simplex'', son sixième long format.

Abordant une fois de plus le christianisme sous un prisme positif et bienveillant (cf. le titre des morceaux !), les Américains nous narrent cette fois-ci les dernières heures du Christ, de son procès infamant à sa crucifixion. Sont ainsi mis en son les douze tableaux du chemin de croix, incluant flagellation, couronne d’épines, chutes sur le mont Golgotha, jusqu’au partage des vêtements par des Romains peu scrupuleux.

Le fond étant connu, qu’en est-il de la forme ? Oubliez de suite les scores hollywoodiens de John Debney et Peter Gabriel. On a affaire ici à un metal de la mort aux relents black sans concession. De l’ouverture 'Condemned To Unholy Death' à la conclusion 'Division Of Robes', le tempo est en quasi-permanence dans le rouge. Ça riffe sévère, ça blaste grave, les amplis soufflent et les poignets souffrent.

Heureusement, le groupe pense à ralentir la cadence en de nombreuses occasions, offrant une respiration bienvenue aux morceaux (et à l’auditeur non averti). Ainsi en va-t-il de de 'The First Fall' et 'Cunts Of Jerusalem', qui alternent les tempi ou The 'Third Fall' et son break ultra pesant qui permet d’apprécier le son gras des guitares. Ce son typique de l’école suédoise que l’on retrouve par ailleurs dans 'The Second Fall', qui n’aurait pas dépareillé sur un vieux Entombed.

'Compelled By Romans' prend le chemin inverse et propose une musique lente et pachydermique à la limite du doom, traversée par une courte accélération en son milieu.

Enfin, impossible de passer sous silence les parties vocales de Paul Ledney. Râpeux, caverneux, guttural au possible, le chant de ce dernier renforce le côté ''evil'' de la musique et donne l’impression de racler la terre avec ses dents et de s’écorcher la gorge avec.

Nul doute qu’avec ''Crux Simplex'' dans les oreilles, Jesus aurait botté de nombreuses fesses avant de finir sur une croix.