PAIN
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Electronic/Industrial Metal/Rock

Coming Home
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

PAIN

«Pain nous délivre un album industrialo-orchestral puissant, soigné, flirtant avec le mélodiquement somptueux.»

10 titres
Electronic/Industrial Metal/Rock
Durée: 41 mn
Sortie le 09/09/2016
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Pain, projet métal industriel de messire Peter Tägtgren depuis maintenant 20 ans, nous sort un 8ème album.
Les passionnés de métal connaissent très bien ce Suédois, multi-instrumentiste, chanteur, leader du superbe groupe de Death/Death mélodique « Hypocrisy ».
Peter a aussi été éminent membre chez les Blackeux de « The Abyss » et omniprésent dans tant de projets (BloodBath et Lock Up pour ne citer qu’eux).
Ce bosseur hors pair est aussi un grand producteur, sollicité par des groupes de renom (Dimmu Borgir, Dark Funeral, Immoral, Enthroned, Sabaton, Children of Bodom jusqu’aux Français de Loudblast sur « Frozen Moments Between Life and Death »).
Vous l’aurez compris, nous avons affaire ici à un vieux baroudeur qui jouait déjà de la batterie à l’âge de 9 ans. Peter est tout simplement une solide référence dans le monde du métal.

Le métal, notre cher Peter, il le lie à toutes les sauces, usant même d’ambiances industrielles. Ce projet « Pain », si lourd de sens pour l’artiste qui a eu tant d’ennuis dans sa vie privée, vu son grand investissement métallique, ne résume pas tout.
En 2015, sur l’album « Skills in Pills », Peter a joué avec le chanteur allemand, Till Lindemann (Rammstein) au sein du projet symphonico-indus, sobrement baptisé « Lindemann ». Cette aventure lui a aussi permis de travailler les arrangements symphoniques avec le brillant Clemens « Ardek » Wijers de Carach Angren.

Depuis le début de son immersion industrielle, notre ami Peter va constamment de l’avant et nous pouvons dire que ses expériences musicales influencent toujours l’évolution de Pain.
Ne nous voilons pas la face, toute la discographie « Painienne » n’est pas homogène dans le qualitativement bon (« Psalms of Extinction » et « Cynic Paradise » firent l’objet d’un sentiment plus que mitigé parmi la presse spécialisée, tandis que le 7ème opus « You Only Live Twice » (2011) allait connaître bien meilleur succès, vu comme une œuvre bien plus homogène.

Pour la réalisation de son huitième album, Peter collabore une seconde fois avec Clemens (Carach Angren) pour soigner les aspects orchestraux et les parties de guitare acoustique ; charge son fils Sébastian d’assurer les parties de batterie et invite le chanteur Joakim Brodén (Sabaton) à poser sa voix sur l’un des titres.

A quoi diable nous attendre avec ce « Coming Home » ?
Nous débutons avec « Designed To Piss You Off » sur des riffs nous plongeant dans un paysage western et découvrons un superbe refrain bien prenant. La basse ronfle à merveille, c’est jouissif. Le fond légèrement symphonique est parfaitement cadré pour vous procurer une belle émotion. On est ici plus dans un morceau plus Rock épique que dans une racine Thrashy Death.

S’en suit « Call me » nettement plus appuyé à la guitare et teinté d’industriel symphonique comprenant de somptueuses orchestrations. Au Chant, messire Brodén qui donne tout en puissance. Le refrain est prenant et ce morceau constitue indéniablement une perle.

« A Wannabe » nous offre un aspect plus scintillant, ponctué par une rythmique bien martiale. Le chant est plus agressif, plus brumeux et convient parfaitement à l’univers musical proposé. L’aspect symphonique donne une véritable plus-value à l’ensemble qui montre une belle cohérence.

Le 4ème titre « Pain In The Ass » démarre à la Fear Factory par des riffs incisifs et bien énergiques. Le chant se pose dans cette dynamique. Les arrangements électroniques vous captivent littéralement, donnant un grain de folie à cette œuvre. On est moins dans le mélodique cette fois pour gagner en surpuissance. Ce morceau est énorme.

« Black Knight Satellite » arrive, se lançant dans une atmosphère plus tempérée mais redémarrant vite dans une fine optique de type néo-métal qui s’enveloppe très vite de notes de claviers grandioses qui rappellent le meilleur de John Foxx dans sa carrière solo. Les orchestrations arrivent par surprise, donnant un cachet divin à ce satellite chevalier noir. Impressionnant.

L’heure est venue d’aborder le titre éponyme qui présente un fond plus mélancolique, parant sur une base plus calme, plus douce mais qui est sublimée véritablement par une envolée fantasmagorique de l’ambiance symphonique qui supplante le refrain, ce qui donne une impression d’un double refrain génial. La frappe à la batterie vous donne l’impression d’une ballade bien agréable ponctuée de quelques périples surprenants. Ce morceau est fabuleux.

« Absinthe Phoenix Rising », 7ème morceau, verse dans le psychédélique et surprend par rapport aux précédents morceaux. Cela dit, il n’est point désagréable car le chant est plus dans un cadre rock mélodique qui se voit vite transcendé par les arrangements qui lui donnent pleine puissance.

S’en suit « Final Crusade », repartant sur une sorte de power épique, cadrée par des coups d’indus directs et limpides. Un bon break plein de peps saccade le tout. La mélodie est légèrement mise en retrait pour laisser la pleine expression au chant. On a l’impression d’être dans l’univers des géniaux suisses de Bak XIII, maîtres de l’électro-Pop.

Le 9ème titre « Natural Born Idiot » présente une rythmique de départ digne du Sépulturien « Roots » et vous conduit dans un voyage plus spatial. Le refrain est tout bonnement superbe. Quelques puissants riffs transportent fortement l’ensemble et les arrangements industriels vous portent un court instant dans un climat industriel ambient à la Borgne (groupe de Black Suisse qui industrialise des aspects orchestraux). Morceau magnifique. Et ce chœur féminin, waw !!!

L’album se clôture par « Starseed », bien plus posé, bercé de violons plonge dans les abysses de l’essence même de la profondeur, sculptant un paysage mélodique grandiose. Très bon moment.

Globalement cet album m’apparaît comme étant le plus riche de la carrière de Pain, celui présentant le plus gros travail dans son voyage dans l’univers symphonique. Les refrains sont généralement poignants, soignés et efficaces. C’est là un très beau boulot accompli.

En conclusion, avec «Coming Home», Pain nous délivre un album industrialo-orchestral puissant, soigné, flirtant avec le mélodiquement somptueux, ce qui le hisse à mes yeux comme la meilleure performance de leur carrière.
Tout simplement grandiose et génial.
A découvrir de toute urgence dès sa sortie.

Morbid Domi (Août 2016)