The Unheavenly Creatures
Maitre Jim
Journaliste

COHEED AND CAMBRIA

«Bienvenue dans l'odyssée délirante et planante de Coheed And Cambria!»

15 titres
Rock
Durée: 79 mn
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Coheed And Cambria est un groupe de prog rock / post punk / emo conceptuel. Bref, c'est très difficile d'étiqueter la formation tellement leur musique est variée et variante. Mais cela donnera une idée aux non-connaisseurs. C'est en 1995, à quelques encablures au nord de New-York que l'aventure commence pour les deux guitaristes Claudio Sanchez et Travis Stever posent les prémices de ce qui deviendrait Coheed And Cambria. En 23 ans, le groupe a connu une histoire tumultueuse, bien au-delà des habituels remaniements de line-up et a sorti 8 albums, calés sur les « Amory Wars », comics sci-fi au coeur de la production musicale des new-yorkais. Créatifs et artistiquement prolifiques, les 4 membres du groupe sortent ici leur 9ème album : « The Unheavenly Creatures ».


C'est donc un nouvel album conceptuel que nous offre là Coheed And Cambria, à l'image de leur discographie. Complexe et difficile d'accès, en tout cas, pour les premières écoutes, « The Unheavenly Creatures » est surtout extrêmement bien réalisé et interprété. Il s'agit d'un rock intellectuel et atmosphérique, planant à la Deftones et recherché comme pourrait l'être un album des Foo Fighters. Et en tendant l'oreille, on y trouvera aussi des sonorités et ambiances qui rappellent My Chemical Romance. Donc soyez prêts à voyager durant ces presque 80 minutes : les univers musicaux de Coheed And Cambria sont infinis.


Et c'est sur une intro spatiale que commence cette odyssée avant de nous jeter droit dans ‘The dark dentencer', un morceau rock progressif de toute beauté qui réunit tous les ingrédients pour 8 minutes aussi intenses que planantes. Au programme de ce morceau-miroir : du gros riff, du solo, des back-ups, du synthé et toute la sensualité vocale du chanteur ; tout ça sans jamais se lasser.
Par la suite, c'est le rock qui succède à la pop et qui souvent se drape de psyché, le tout avec une voix tout en douceur, sublimée par les apports d'instruments plus classiques : piano et violon. Sans oublier l'omniprésence de sons synthétiques qui participent grandement à l'effet onirique de l'album. Côté rock, ‘True ugly' démarre fort avec une grosse frappe de batterie bien rythmée mais n'oublie pas de calmer le jeu à la fin. ‘All on fire' a un petit genre Foo Fighters, surtout au niveau des guitares, car la voix est bien sûr nettement plus douce. Sur ‘It walks among us', Sanchez montre un peu plus les dents, à la At The Drive In en plus soft. Et le titre éponyme ‘Unheavenly creatures' est tout aussi réussi et entêtant, notamment grâce à son intro qui fait penser aux bip-bips des premières consoles Amstrad.
Un peu plus émo, ‘Love protocol' est lui aussi un morceau magnifique, toujours avec beaucoup de technicité et d'application dans le jeu. Comme les autres, le titre est carré, travaillé et donnes des frissons. ‘Night-time walkers' et ‘The gutter' surtout, font penser à My Chemical Romance. Justement sur ce morceau, le groupe frappe fort et met une intensité lourde (et rare) pour l'album. Mais ce qui marque particulièrement, c'est ce petit passage avant la fin, grandiose qui n'est pas loin de rappeler Queen et son cultissime Bohemian rhapsody. On est en plein délire !
Toujours dans ces clins d'oeil ou inspirations pop / émo, ‘Queen of the dark' nous plonge dans une ambiance sombre, une musique lancinante grâce aux beaux riffs de guitare, aux envolées de synthé. Sur une note plus gaie, ‘Toys' a tout d'un rock psyché UK qui aurait largement pu être le jingle d'une pub au début des années 2000 ; entrainante et mélodique. Tout aussi enchantées, ‘The pavilion (a long way back) et ‘Old flames' sont un peu plus classiques, mais donnent une bonne idée des belles instrumentations dont Coheed and Cambria est capable.
Et sans trop de surprise, c'est sur une magnifique ballade acoustique, ‘Lucky stars', que le groupe mettra un terme à ce superbe album. Car après avoir tant voyagé, rien de mieux que d'atterrir en douceur.


« The Unheavenly Creatures » est un album qui se révèle au fil des écoutes. Si la direction artistique est claire et compréhensible, les nombreux détails musicaux de la production prennent un peu de temps à se découvrir, alors qu'ils sont clés pour apprécier pleinement ce 9ème album de Coheed And Cambria. Au final, c'est un voyage agréable et émotionnel qui nous attend là. Pas évident à appréhender, mais franchement réussi car le jeu en vaut la chandelle !