CASEY
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Post-Hardcore

Where I Go When I Am Sleeping
Enora
Journaliste

CASEY

«« Where I Go When I Am Sleeping », un album de très bonne qualité qui permet à Casey de jouer avec nos sensibilités et nos goûts en délivrant une énergie extrêmement positive»

12 titres
Post-Hardcore
Durée: 40 mn
Sortie le 16/03/2018
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Casey est un très jeune groupe formé au Royaume-Uni en 2014 et, avec seulement deux albums à leur actif, ils ont déjà tout d'un grand, comme le prouve « Where I Go When I Am Sleeping », un album qui nous a convaincu et que nous brûlons de partager avec vous !

« Making Weight » nous plonge rapidement dans une atmosphère fantomatique et douce derrière laquelle on devine pourtant une force secrète qui n'attend qu'une occasion pour jaillir. La voix du chanteur est vraiment agréable, sans pourtant être incroyable, et se mêle très bien avec la ligne de guitare. Et il faut attendre « Wavering » pour que Casey nous dévoile toute sa puissance avec un scream puissant, soutenu par une ligne instrumentale plutôt simple en ce qui concerne le riff mais puissante, sans pour autant être du bourrinage. L'ensemble demeure plutôt léger, ce qui est assez surprenant mais très réussi, tout comme le passage en voix claire. Je vous avoue que c'est un élément essentiel pour moi qu'un groupe de Metalcore maîtrise et soigne ce genre de transitions car tellement de formations jouent sur le passage scream/voix claire sans que ça ait le moindre intérêt ni la moindre beauté que je salue le talent du groupe sur ce point puisque le morceau ne ressemble pas à un stéréotype du genre. Jusqu'ici, la qualité de l'album ne déçois pas, ce dont témoigne « Phosphenes » qui associent une voix hurlée tout en puissance et un accompagnement musical très doux. Ce décalage fait finalement tout l'intérêt de la chanson qui ne pourra que séduire les amateurs d'originalité. Le timbre de la voix claire est ici plus intéressant, avec plus de tension, tout comme la basse, finalement palpable ! La transition est apaisante et mystérieuse avec « & », alors, on continue ?

Comme si on recommençait l'album depuis le début, « Fluorescents » se révèle être une balade Rock reposante et aérienne. Le groupe met davantage l'accent sur l'émotion ici, reprenant des codes assez classiques mais toujours efficaces, surtout lorsqu'ils sont employés avec intelligence, ce dont fait preuve Casey. La moitié du titre est marquée par un passage plus brutal, avec un retour du scream, qui finit par se fondre dans une mélodie minimaliste. « Flowers By The Bed » est dans le même ton, un poil moins agressif tout de même, et plus Rock et léger, mais on reste dans quelque chose d'assez agréable qui contraste pas mal avec les énergiques « Wavering » et « Phosphenes ». La chanson plaît mais le groupe semble perdre un peu de son identité, enfin ce n'est que mon avis. Même constat sur « Needlework », qui reste une très belle chanson, portée par la voix du chanteur. Tout comme « & », « Morphine » est une sorte de transition évanescente vers la suite de l'album. On revient vers une composition plus riche avec « Bruise » où la rythmique et la voix tiennent le premier rôle. Malgré sa grande douceur, le titre reste entraînant et solaire. Même les passages screamés ne pourraient changer cette impression de bonheur et de légèreté qui se dégage du morceau, qui nous enlace et s'empare de nous.

A nouveau, on sent que le groupe oscille entre puissance et calme sur « The Funeral ». La voix s'affirme par le chant comme par le scream avec une force nouvelle et la ligne musicale la suit ou s'oppose à elle par la douceur, alternant des passages puissants et d'autres bien plus apaisés. La batterie prend pleinement sa place, entraînant dans son sillage les guitares et la basse, laissant la voix indépendante et libre. Le titre éponyme de l'album, « Where I Go When I Am Sleeping », s'enchaîne alors, dans une continuité appréciable. Casey ne renonce pas à sa force, loin de là, mais il la met au service d'un projet encore plus grand qui se fonde sur la majesté et la délicatesse. La chanson est uniquement instrumentale mais elle apporte beaucoup de fraîcheur à cet album dont la fin arrive bien trop tôt à mon goût. Et finalement, on finit avec « Wound », qui nous ramène vers une composition plus classique mais très entraînante. Vous étiez en mal de headbang ? Ce titre devrait vous offrir une belle occasion de vous défouler un peu, mais n'oublions pas qu'il s'agit de Casey et que contrôle et élégance sont de mises. Au-delà de la composition elle-même, on sent que tout l'agencement de l'album a été pensé et le résultat est surprenant !

« Where I Go When I Am Sleeping » a le double avantage de porter un titre très poétique et intrigant et d'être de très bonne qualité puisque Casey joue avec nos références pour proposer des morceaux aussi énergiques que délicats. Le tout est marqué par une grande intelligence et sensibilité des musiciens qui nourrissent une énergie très positive.