CARNIFEX
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Deathcore
Chroniques

Slow Death
Anibal BERITH
Journaliste

CARNIFEX

10 titres
Deathcore
Durée: 38 mn
Sortie le 05/08/2016
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Attention tuerie! Lorsque le monstre sacré du Deathcore sort un album, ça ne passe pas inaperçu! Carnifex revient en force et en forme tout juste deux ans après le brutalissime "Die Without Hope", autant dire qu'entre les tournées et la compo de ce sixième opus, le quintet américain originaire de San Diego (Californie) n'a pas chômé!

Pour cet album, l'ancien producteur Mark Lewis (THE BLACK DAHLIA MURDER, WHITECHAPEL) aura la tâche du mixage pour laisser sa place à Mick Kenney (ANAAL NATHRAKH, BLEEDING THROUGH) et Jason Suecof (DEATH ANGEL, CHELSEA GRIN, JOB FOR A COWBOY) toujours au sein du même studio l’Audiohammer Studios de Sanford (Floride) et avec le même label Nuclear Blast.

'Slow Death', c'est 38 minutes de Deathcore en 10 actes, le tout dans une ambiance angoissante permanente distribuée par la programmation des arrangements et du synthé. Cette particularité confère une couleur nouvelle et vraiment différente de ce à quoi les californiens nous ont habitué; on sent une évolution vers autre chose tout en conservant la base brutale et puissante du Deathcore, art musical que le quintet maîtrise et manie à merveille.

C'est donc dans une ambiance rappelant la terreur d'un film d'horreur que Scott Lewis, leader et frontman du combo, et sa bande (inchangée depuis 2013 avec l'arrivée du guitariste Jordan Lockrey) vont nous tenir en haleine avec des morceaux tout aussi variés que puissants avec un maître mot en commun: L'ANGOISSE!

L'univers terrifiant et sinistre de 'Slow Death' se fait ressentir dès le 1er titre 'Dark Heart Ceremony'. L'ambiance est sombre de part l'intro mélancolique réalisée au piano. La puissance monte crescendo sur un fond d'arrangements symphoniques pour dériver brutalement vers un deathcore sans concession aux riffs bien gras et lourds, une double caisse mitraillée accompagnée de blasts assommants sur un tempo lent, le tout surplombé du chant tantôt growlé tantôt "blacké " de Scott. Mention spéciale au bruit du flingue que l'on arme avant de tirer à 2'37''... le ton est donné...

Le titre éponyme est plus direct, plus deathcore même s'il conserve les plans angoissants que l'on ressent depuis le départ de la galette. Le morceau est varié puisqu'il nous amène dans des contrées brutales blast beatées à 1'30'' pour presque nous offrir une balade en guise d'interlude à 2'32' avec une mélodie dissonante.

La suite de l'album propose son lot de nouveauté avec 'Drown Me in Blood' (titre qui sera choisi par le groupe pour le video clip promotionnel et que vous pouvez retrouver en fond de chronique); riffs vibrants typés deathcore, lourdeur du rythme, morceau volumineux et puissant avec une mélodie dissonante à la sonorité glaciale qui s'imprègne dans le cortex et qu'il est difficile de se débarrasser (tant mieux)! On retrouvera cette particularité sur le second titre promotionnel 'Six Feet Closer to Hell' qui se veut plus rapide et plus agressif.

Quelques touches indus se font remarquer sur les intro de 'Pale Ghost' et de 'Servants to the Horde', les intro seulement puisque le deathcore reprend rapidement ses droits et l'ambiance sympho-angoissante aussi avec un côté black metal pour le 1er titre. Le second clôturant la galette offre quelque chose de plus majestueux.

'Black Candles Burning' et 'Necrotoxic' sont clairement plus dissonants sur un tempo lourd et assommant pour le 1er parsemés de plans plus rapides ou plus rythmés alors que le second titre est le plus rapide de l'album et un des plus volumineux: la brutalité en pleine face!

Une courte pause de 2' avec l'interlude mélancolique entièrement joué à l'acoustique 'Life Fades to a Funeral' avant de se diriger vers la fin de ce 6ème opus avec l'avant dernier titre 'Countess of the Crescent Moon'. Une courte intro symphonique de 15'' pour débouler sur des blast beat tabassés. Riffs bien gras, double caisse matraquée, growl affreux, plans macabres sur fond de synthé envoûtant, le solo mélancolique accentuant l'angoisse du titre!

Un sixième album réussi pour les californiens qui réussissent à amener l'auditeur vers un univers nouveau tout en conservant les bases brutes du Deathcore qui ont fait leur succès! C'était une volonté du quintet de s'aventurer vers quelque chose de différent tout en conservant ce pourquoi Carnifex est Carnifex. Une prise de risque qui peut déconcerter le fan à la première écoute et qui sera accro dès la seconde! A abusez sans modération!

Anibal Berith