CANNABIS CORPSE
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Death Metal

Left Hand Pass
Anibal BERITH
Journaliste

CANNABIS CORPSE

«Avec ce nouvel opus, Cannabis Corpse signe son meilleur album. Au delà du côté parodique, il convient de passer outre et de découvrir le talent de ces musiciens qui portent haut les couleurs du death old school.»

10 titres
Death Metal
Durée: 37 mn
Sortie le 08/09/2017
9905 vues
Formé en 2006 par les frères Hall (Phil ( Iron Reagan, Municipal Waste) et Josh ), le quartet américain Cannabis Corpse nous propose pour cette rentrée métallique, leur cinquième méfait succédant au très bon ''From Wisdom to Baked'' datant de 2014.
Poursuivant sur un rythme d'un album tous les 3 ans, les death metalheads revisitent cette fois le cultissime album ''Left Hand Path'' des vétérans du death suédois Entombed avec leur méfait intitulé ''Left Hand Pass''.

Connus pour parodier le death old school US de leurs ainés (Cannibal Corpse, Morbid Angel, Obituary ou encore Deicide), en troquant des textes sordides par des paroles plus légères, Cannabis Corpse rend donc hommage ici au death suédois en conservant la patte old school US. L'artwork est confiée au suédois Andrei Bouzikov, bien connu du groupe puisqu'il fait aussi les cover de Municipal Waste.

Bardé d'un nouveau line up avec deux nouveaux guitaristes Brandon Ellis (The Black Dahlia Murder) et Ray Suhy (Six Feet Under), le duo Hall a laissé plus de place à Ray pour composer, apportant ainsi une touche musicale plus fraîche au combo et ça se ressent dès les premiers riffs.
Trouvant personnellement que les albums précédents avaient trop la ''Cannibal Corpse touch'', on sent clairement ici que le groupe a pris une réelle ampleur artistique avec un style propre à eux.

Officiant toujours dans du gros death old school US, les titres sont variés et la production, propre. Chaque instrument est bien mis en valeur, la rythmique apporte une mélodie certaine et le tempo reste sur du mid plus ou moins énergique, plus ou moins lourd, suivant le plan musical, afin de préserver l'harmonie. De plus le chant de Phil a considérablement évolué avec un growl caverneux bien maîtrisé et l'intégration de scream comme on l'entend de plus en plus dans le death moderne.

Ainsi avec ''Left Hand Pass'', le groupe continue d'évoluer dans ce qu'il sait faire de mieux , en parodiant les meilleurs groupes du genre et en gagnant en technicité. C'est sur ce postulat que, par exemple, les américains s'attaquent à Nile avec ''Papyrus Containing the Spell to Protect Its Possessor Against Attacks from He who Is in the Bong Water'' , un morceau d'un peu plus de 4 minutes qui reprend l'ambiance mystique du groupe pro-égyptien de façon décalée.

Tout l'album offre ainsi une succession de titres créant ainsi un véritable quizz pour les plus joueurs d'entre nous alors à vos buzzers lorsque vous vous délecterez de cette galette. Présentant un death metal plaisant à écouter, les titres intègrent de nombreuses influences comme les riffs cristallins de ''The 420th Crusade'' dont le titre laisse place à quelque chose de plus direct en suivant (''In Dank Purity'' (Monstrosity), ''Chronic Breed'', ''Grass Obliteration'').

En hommage aux suédois, ''Final Exhalation'' sonne comme du Entombed, même si ce titre est inspiré de Monstrosity, avec un travail particulier sur la voix dont le timbre est similaire à celui de Petrov . Et ainsi de suite tout au long de l'album, on remarquera que Phil fait des prouesses avec son growl poussant ainsi l'auditeur à deviner quel groupe est parodié. En revanche, le titre éponyme n'a que le nom qui se rapproche des nordiques puisque ce dernier sonne plutôt groove en s'assombrissant au fil des minutes.

Inutile de détailler tous les titres, vous l'aurez compris, Cannabis Corpse distille une bonne musique inspirée et bien travaillée dont je ne vous dévoilerai pas plus de groupes parodiés...

Ainsi sur près de 40 minutes, les américains produisent à mon sens le meilleur album de leur carrière, en prenant le risque de parodier des groupes un peu moins sur le devant de la scène mais restant des acteurs majeurs dans l'histoire du death old school. Une bonne part de l'album a été confiée à Ray Suhy qui a déjà fait parler de lui en composant la plupart des titres du dernier album de Six Feet Under. Un groupe à prendre au sérieux même si eux-mêmes ne se le prennent pas.

Anibal Berith