Cacophony of Terror
Anibal BERITH
Journaliste

NIGHTMARER

« ''Cacophony of Terror'' flirte avec le Black Metal malsain tout en restant bien campé sur le Death Metal. Le mix des parties les plus underground de ces deux univers est parfaitement maîtrisé et confère un style unique au trio.»

10 titres
Technical Death Metal
Durée: 35 mn
Sortie le 16/03/2018
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Jeune groupe américain originaire de Tampa, Floride, temple du Death Metal old school des années 80/90 avec des groupes légendaires tels que Death, Obituary, Morbid Angel...., Nightmarer se forme en 2013 autour du chanteur John Collett, du guitariste Simon Hawemann et du batteur Paul Seidel. Le groupe donne peu d'info sur lui mais à la lecture des textes, ça semble tout droit sorti de l'univers cauchemardesque de H.P. Lovecraft! Musicalement, on se rapproche de formations telles que GIGAN, THE OCEAN ou WAR FROM A HARLOTS MOUTH, c'est donc avec ce postulat que nous découvrons le premier album du trio ''Cacophony of Terror''.

Enregistré au Sludge Studios (chant et guitare) et au Ghost City Recordings (batterie), la partie basse a été confiée à Stefan Braunschmidt en tant que bassiste de session et nullement intégré au line-up; le tout a été mastérisé et mixé au MyRoom Studio par Raphaël Bovey et l'artwork sort de l'esprit de l'artiste français Jean-Emmanuel Simoulin alias Valnoir, Directeur artistique du studio d'art graphique Metastazis ( Trivium, Sunn o))), Lamb of God, King Dude, Paradise Lost, Morbid Angel, Behemoth, Watain, Alcest).

Solidement campé sur 10 titres, ''Cacophony of Terror'' amène l'auditeur dans les abysses de la terreur en tout juste 35 minutes!

Vous empoignant avec l'angoissante intro ''The Descent'' au son cristallin et à la ligne mélodique dissonante, cette dernière porte bien son nom et vous entraine radicalement dans les ténèbres en s'éclipsant par l'enchainement direct de ''Stahwald'', qui, dans la foulée exprime parfaitement l'univers terrifiant que souhaite véhiculer le groupe.
Catégorisé dans la rubrique Death Technique, c'est plutôt un bon Blackened Death que délivrent les américains avec comme appui la voix caverneuse et résignée du frontman John Collett.

Telle que nous le découvrons au cours de l'intro servant d'anti-chambre malsaine du second titre et du reste de l'album, le son distillé par le trio créé un univers angoissant instantanément. La construction musicale est dérangeante car elle associe un tempo rapide sur riff lancinant et dissonant en alternance avec un riff rapide pour un tempo beaucoup plus lent voire lourd et assommant. L'ensemble chant/musique est propice à l'ambiance cauchemardesque du disque et ne nous lâchera pas jusqu'à la dernière note de la dernière piste.

On sent une inspiration vaste des américains, une inspiration issue du milieu underground du metal extrême ne serait-ce que par l'angoisse qui pèse sur l'ensemble des compositions. On flirte avec le Black Metal avec le titres ''Skinner'' mais c'est tout de même le Death qui domine avec même une courte intégration de Deathcore par des riffs tronçonnés répétitifs et un tempo frappé lourdement sur ''Bleach''. Ce dernier sert de bonne transition pour amener le bien gras ''Cave Digger'' dont le tempo claque à la gueule dès la première frappe, secondé par le chant de Collet dont les mots dégoulinent à chaque vocifération! Un des titres les plus oppressants de la galette avec une nappe malsaine comme le faisait si bien Morbid Angel par le passé.

L'ensemble de la galette est, vous l'avez compris violent et agressif, tout en conférant une ambiance musicale souvent dérangeante (''Fetisch'', ''Tidal Waves of Terror'') dont l'angoisse monte crescendo au fil des titres pour en arriver à la pièce maîtresse de l'oeuvre ''Ceremony of Control''. Brutale, violente, angoissante, dissonante, malsaine, dérangeante, le titre est terrifiant et nous amène, après son final épique et majestueux tout droit en enfer avec le terrifiant ''Death''! La terreur est palpable dès les premières notes, l'ambiance est glauque et les cris d'horreur poussés en back voice secondant la diction malsaine du chant principal tout au long des 4'52'' ne fait qu'accentuer l'effroi de la chanson. Les riffs sont plus gras, ils vibrent, ils résonnent, ils tronçonnent, le tempo est écrasant comme pour en finir (''Death''?)... En finir, naturellement en passant par l'outro ''Swansong'' qui prolonge l'angoisse de façon plus mélancolique que terrifiante, annonçant la fin de l'album.

Avec ce premier opus, le trio américain dérange et élève le niveau de l'angoisse à son paroxysme. L'ensemble de l'album est suffoquant et ne cesse de repousser les limites de la terreur au fil des pistes. ''Cacophony of Terror'' est difficile à apprivoiser tant la construction musicale dans son ensemble est dérangeante. On flirte avec le Black Metal malsain tout en restant bien campé sur le Death Metal. Le mix des parties les plus underground de ces deux univers est parfaitement maîtrisé et confère un style unique, celui de Nightmarer.

Anibal Berith
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