BRUJERIA
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Death Metal/Grindcore

Pocho Aztlan
Anibal BERITH
Journaliste

BRUJERIA

«Brujeria s'aventure vers d'autres styles n'hésitant pas à se mettre en danger avec des touches de metal extrême moderne bienvenues tout en conservant ses racines Death/Grind.»

13 titres
Death Metal/Grindcore
Durée: 46 mn
Sortie le 16/09/2016
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Fort de quatre albums et de nombreux EP et compilations, le groupe américain originaire de Los Angeles aux membres exclusivement mexicains nous revient pour un cinquième opus. Intitulé "Pocho Aztlan", l'album tient en 13 titres sur 3/4 d'heure dans lequel, l'auditeur aura son compte d'influence.

En effet, le combo n'hésitera pas à prendre quelques risques en intégrant à son Death/Grind, quelques touches Deathcore et Hardcore.

Débutant avec l'angoissant titre éponyme avec son intro sur fond de répression militaire, le ton est donné avec des blasts secs et brutaux. Ce n'est pas rapide, cependant le rythme reste soutenu créant une ambiance torturée avec un chant puissant et une basse très présente. Ce n'est pas sans rappeler la plupart des titres introductifs des albums des maîtres du genre, Napalm Death.

Puis, c'est la déferlante de violence avec le très direct et efficace 'No aceptan imitaciones' (dont vous pouvez retrouver la vidéo promotionnelle à la suite de la chronique). Les riffs sont gras et saturés, le chant révolté et le tempo toujours très soutenu. Avec ce titre, l'auditeur est complètement immergé dans l'univers Death/Grind des latinos. Univers que l'on retrouvera quelques pistes plus tard avec 'Satongo' aux sonorités un poil dissonantes et surtout à une seconde partie plus tribale. Thème musical cher au groupe puisque cette influence tribale refait son apparition sur 'Códigos' sur la première moitié pour virer plus malsain aux passages quelque peu épiques sur le seconde moitié.

Les titres 'Profecía del Anticristo' et 'Ángel de la frontera' proposent un climat différent. Le premier étant plus martial, très stricte et binaire n'offrant pas de droit à l'erreur; le second, plus varié tente une approche Deathcore plutôt réussie. Seuls quelques plans sont influencés par ce metal extrême moderne, le titre respectant tout de même une ambiance révolutionnaire.

Quatre chansons se démarquent par un style résolument Hardcore qui ne sont pas ma tasse de thé: 'Plata o plomo', 'Bruja', 'Debilador' et 'California über Aztlan' avec un petit plus pour l'avant dernier de cette liste de par son atmosphère macabre voire doom par moment.

Avec 'Isla de la fantasía', 'México campeón' et 'Culpan la mujer', l'auditeur fan de grind sera dans son élément. Trois titres courts avec à peine plus de 2 minutes, brutaux et efficaces. C'est direct, soutenu, on en prend plein la face. L'esprit même du groupe avec ses textes ravageurs et dénonciateurs.

Un cinquième album mitigé pour ma part, sûrement par mon côté trop exclusif. Cependant, Brujeria s'aventure vers d'autres styles n'hésitant pas à se mettre en danger avec des touches de metal extrême moderne bienvenues. Ca à l'avantage d'offrir une galette variée avec des morceaux accessibles tout en pensant aux puristes fan du groupe. Petite remarque personnelle, je n'arrive toujours pas à me faire au texte chanté en espagnol ne pouvant m'empêcher de penser à Ska-P que j'ai survolé étant ado.

Anibal Berith.