Blood Oath
Antares Bauglir
Journaliste

RITUALS OF THE DEAD HAND

«Un conte infernal qui s'articule autour de 5 titres tous plus sombres et occultes les uns que les autres. Une très belle réussite !»

5 titres
Black / Death Metal
Durée: 40 mn
Sortie le 01/11/2018
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Enlisons nous dans les sombres méandres de Rituals Of The Dead Hand, jeune groupe qui nous vient de Belgique et qui présente son premier EP intitulé ''Blood Oath'', sorti le premier novembre chez Dunkelheit Produktioner. Et c'est une bonne nouvelle car nos voisins belges déçoivent rarement en matière de métal extrême, ne serait-ce que les deux derniers opus de Wiegedood et d'Amenra, qui sont de très bons crus.

Un peu d'histoire tout d'abord, car elle aide à comprendre le propos des belges. Le nom du groupe provient de la main de la gloire (les potterheads comprendrons la référence dont je suis assez fière, j'avoue !), c'est à dire une main coupée séchée, prise à un voleur qui a été pendu. Il s'agit souvent de la main gauche, celle avec laquelle le mal est fait, selon les croyances populaires. L'album est quand à lui axé sur l'histoire des Buckriders (ou Bokkenrijders en flamand et hollandais et nommés ''Chevaliers du Bouc'' en français), cohorte de voleurs et pillards du XVIIIème siècle, qui terrorisaient les habitants du nord de la Hollande et de l'est de la Belgique en leur faisant croire qu'ils étaient alliés à Satan et qu'ils chevauchaient des boucs. Nombreux furent condamnés à mort, en grande partie à cause de leur goût pour l'occulte. Cela étant dit, ce contexte permet de mieux comprendre les fondations de Rituals Of The Dead Hand, tant les références sont importantes dans les différents genres de métal extrême.

Le combo a vu le jour grâce à deux membres du groupe de post metal Hemelbestormer, Frederik 'Isangrim' Cosemans (batterie) et Filip 'Lykaios' Dupont (guitare), suivit en tourné par Beleth (basse). Etant donné que l'album suit une certaine logique (l'histoire des Buckriders), la chronique s'articulera autour des 5 titres composés par ROTDH.

L'album débute par 'Bonderkuil', un titre noir très orienté black, ou les guitares ultra saturées donnent une couleur très sludge à l'ensemble. Le début est marqué par des nappes de sons électroniques qui viennent poser l'ambiance dépressive et lourde du morceau. La voix alterne entre cris et hurlements désespérés, à la manière des victimes des buckriders, puis, à la moitié du titre, le rythme s'accélère un peu et l'ambiance se fait incantatoire et beaucoup plus occulte, notamment grâce aux murmures que l'on peu entendre à la fin.

Même combat avec 'Sworn', ou l'on est tout de suite happé par les guitares salingues et sludgy. Un immense growl des cavernes lance l'assaut de ce morceau toujours aussi noir et opaque. Des choeurs, dignes du coven le plus occulte, contrastent avec le chant guttural et c'est une véritable danse des démons que l'on a dans les oreilles. Le rythme est lancinant, sans aucun blast beat et s'accompagne d'une mélodie répétitive à la guitare, ce qui renforce bien le thème du titre, à savoir jurer son allégeance au démon.

Après avoir juré, voici l'heure du rassemblement avec 'The Gathering', titre entièrement instrumental, plein de sons angoissants et sombres, introduisant 'They Rode By Night', beaucoup plus rapide que les deux précédents, rythmé de blast beats et ou les guitares et le chant se font beaucoup plus death. Néanmoins, le thème est toujours aussi noir et inspire un sabbat infernal, lancinant et répétitif, ce qui fait toujours autant son petit effet, puis le morceau change complètement d'orientation, pour ne laisser entendre que des sons électroniques, des paroles récitées à l'envers, des sons caverneux.

Le conte se clôt sur 'The Scourge' ou le fléau en français, qui débute sur des murmures, tels des mauvais présages, accompagnés de guitares lentes, très sludge et d'un rythme de batterie simple et rapide. Puis le morceau décolle au rythme d'une cavalcade au ralenti et des sons dissonants des guitares, agrémenté de bends lents, qui donnent un petit côté western sympathique et décalé. C'est sombre, menaçant et divinement infernal, avec de belles touches très black dans les sonorités, renforçant cette ambiance à la limite de l'épique qui se ressent pleinement en fin de morceau.

Concrètement, cet album mange l'auditeur vivant. L'immersion est rapide et complète et les thèmes voulu par le groupe sont totalement perceptible au fil des titres : les premiers sont plus black, occultes et incantatoires ('Bonderkuil' et 'Sworn'), alors que les derniers sont beaucoup death, épique et rapides ('They Rode By Night' et 'The Scourge'). Une belle interprétation moderne de l'histoire des Buckriders, avec des musiciens excellents et des ambiances savamment travaillées. Un premier EP réussi !
RITUALS OF THE DEAD HAND
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