Blackfield V
The Effigy
Journaliste (Belgique)

BLACKFIELD

«Un album réussi ou nous côtoyons l'impeccable de bout en bout !»

13 titres
Rock Alternatif
Durée: 45 mn
Sortie le 10/02/2017
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Blackfield est un enfant né du couple Aviv Geffen/Steven Wilson. Cette relation artistique qui débuta en 2000 se verra concrétisée avec le premier album « Blackfield » en 2004. Surpris par l'accueil phénoménal tant publique que critique, le groupe part en tournée et enchaîne en 2007 avec l'album « Blackfield II ». Steven et Aviv reprennent la route et en profitent pour enregistrer le dvd « Blackfield NYC ».

L'association se délite pour le troisième album « Welcome To My D.N.A. », Steven Wilson étant pris par ses nombreux projets, notamment solo, se contente d'aider Aviv. En 2012 sort l'album « Blackfield IV », Steven ne chantera qu'un seul titre, posera quelques guitares et choeurs mais sera encore présent pour la tournée avant de déclarer quitter le groupe.

Steven a beau être pris par sa carrière solo, il est vu en studio avec Aviv et Alan Parsons à plusieurs reprises et fini par annoncer officiellement en août 2016 un retour à la collaboration telle qu'elle était sur les deux premiers albums du groupe. Ce qui ravira de nombreux fans après la déception du trop pop « Blackfield IV ». La pochette de « V » est un bon indicateur pour signaler ce retour avec l'apparition de la fiole qui trônait sur le devant du premier album. Par contre, l'ambiance bleutée du ciel et de la mer signale un album moins sombre que les deux premiers.

Blackfield a changé encore une fois, nous pourrions dire que ce cinquième disque est un croisement entre la tristesse des deux premiers et l'espoir des deux suivants. Ce qui est certain, c'est que quelque soit l'ambiance préférée selon nos goûts personnels, le travail réalisé est toujours un must quasiment inégalable.

La pureté de « A Drop In The Ocean » enregistrée avec le London Session Orchestra pose d'emblée le cadre. Comme introduction pour pénétrer le monde de Blackfield, Aviv et Steven n'auraient pu trouver mieux. « Family Man » se place dans les titres les plus rock du groupe, la voix de Steven est toujours aussi fluide et accrocheuse. Le travail de studio est monstrueux, chaque sonorité est d'une présence marquante, chaque effet apportant la touche nécessaire et juste.

« How Was Your Ride ? » est un superbe slow agrémenté de magnifiques parties orchestrales. Nous retrouvons cette ambiance nostalgique des débuts. Pour « We'll Never Be Apart » nous retrouvons enfin Aviv au chant. Ce mid-tempo possède des descentes et montées de tons pour un voyage bien agréable. Sur « Sorrys » Aviv reste au micro et nous replonge dans la tristesse musicale. Beau et pure à la fois. Pas de batterie, juste une célébration planante du désespoir.

« Life Is An Ocean » mélange les voix de nos deux génies en herbes. Sans rythme sur les 2/3 du morceau, celui-ci intervient pour élever d'un cran la beauté de la vie et de l'océan. Nous voilà face à un titre plus enjoué et pop avec « Lately » sur lequel la chanteuse Alex Moshe vient poser une voix fine et fragile. Bon morceau, il est toutefois le plus banal de cet opus. « October », une voix, un piano, des claviers ! C'est le titre bouleversant par excellence. Jamais Steven n'a chanté de cette manière. Lui qui est généralement dans la retenue se laisse aller pour un résultat magnifique.

« The Jackal » colle parfaitement à la voix d'Aviv. Les interventions de Steven nous font planer et la courte mélodie de guitare qui se place sur la longueur du titre est bien entêtante. Le titre instrumental « Salt Water » n'apporte pas grand chose sinon de prolonger l'ambiance de cet album de quelques minutes. Nous arrivons au titre qui pourrait être un single à succès si les radios prenaient la peine de donner une chance à Blackfield. « Undercover Heart » en a toute les qualités. L'apport des vocaux de Steven et Alex renforce la beauté de la mélodie créée par Aviv.

« Lonely Soul » au rythme programmé sonne beaucoup plus pop électronique. Alex apporte sa touche pour ce titre un peu à part mais qui permet de varier l'ensemble de l'album. Nous terminerons par le seul titre écrit uniquement par Steven, « From 44 To 48 ». Assez calme, nous voguons une dernière fois sur l'océan de la vie avant d'éteindre notre lecteur cd.

Le problème de Blackfield est d'avoir pondu deux chefs-d'oeuvre avec « I » et « II », et du coup il est assez difficile de mettre la barre aussi haut à chaque sortie. Une évidence est quand même là, cet album se classe juste derrière, surpassant sans problème « Welcome To My D.N.A. » et « IV » . Peut-être parce qu'il se rapproche plus de l'ambiance des deux premiers. Steven et Aviv nous offrent un très beau retour, un album réussi ou nous côtoyons l'impeccable de bout en bout. Mais comment pouvait-il en être autrement quand les deux compères travaillent ensembles.
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