Beyond the Law
Fred H
Journaliste

TONY MILLS

«« Beyond the Law » est et restera comme un point final tout à fait respectable à une carrière de 40 piges consacrée à la musique. Merci Mister Tony Mills.»

10 titres
Durée: 42'01 mn
Sortie le 21/06/2019
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BATTLEGOD PRODUCTIONS
Suite à un accident de voiture fin 2018, Tony Mills, ex-vocaliste de Serpentine, Shy et de TNT, a commencé à ressentir pas mal de douleurs dans son système digestif. Apres tout un tas de visites à l'hôpital (qui n'ont d'abord rien révélé), le chanteur s'est finalement rendu à Oslo dans une clinique privée pour des examens plus poussés. Le verdict couperet est tombé. Une saloperie de tumeur cancéreuse - trop vieille et trop grosse pour pouvoir être retirée grandissait en lui depuis environ un an causant tous ses ennuis de santé. L'issue parait inéluctable (phase terminale), le sablier semble s'être retourné pour une dernière fin, les mois sont comptés…

« Beyond the Law » est donc son sixième et vraisemblablement son ultime effort. Alors qu'on aurait pu nous servir un opus sombre compte tenu de ce funeste contexte, le successeur de « Streets Of Chance » (2017) se veut au contraire lumineux et rythmé. Composé en compagnie de son guitariste-claviériste Tommy Denander (Alice Cooper), de son batteur-producteur Peter Newdeck (Midnite City) et de l'ami Patrick McKenna (pianiste pour Shy), cette galette regorge de titres AOR des plus entraînants. Basés sur des riffs simples, les morceaux sont taillés pour l'efficacité (la piste éponyme, 'We Sold Your City', le solide 'Code of Silence' et sa ligne de basse soutenue de Madame Linda Mills). Les zicos sont à la fête avec des soli endiablés (le mid-tempo 'The Westside' et son refrain FM) et des parties de claviers bien présentes ('Running Guns'). Quelques chansons renvoient à du bon vieux Glam Rock des années 80 (le sexy 'Black Sedan', le tubesque 'Crackin' Foxy').

Mélodique, chaude, la magnifique voix de Tony est superbe de bout en bout. Le britannique est tout simplement parfait entre moments explosifs (le nerveux et excellent 'F.B.I', le rapide 'Gunfire' et ses « ooh ooh ooh oooooohh ») et les (rares) passages plus calmes. La seule ballade du disque ('Bonnie's Farewell') est un vrai petit bijou plein d'émotion. Le chant presque choral et le saxophone accompagnant (signé de Christopher Aldridge du Climax Blues Band) sont bien mis en valeur grâce à des d'arrangements subtils.

Il est bien triste de se dire qu'il s'agit malheureusement de la dernière apparition de l'anglais tellement sa prestation est sans reproche. « Beyond the Law » est et restera comme un point final tout à fait respectable à une carrière de 40 piges consacrée à la musique. Merci Mister Tony Mills. Rock on.