Totenritual
Anibal BERITH
Journaliste

BELPHEGOR

«La machine autrichienne nous avait laissé sur notre faim avec ''Conjuring the Dead'' et ne convainc guère avec ''Totenritual'' dont la production est trop plate malgré une innovation certaine dans la composition des chansons.»

9 titres
Death/Black Metal
Durée: 41 mn
Sortie le 15/09/2017
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Trois ans après le mitigé ''Conjuring the Dead'', les princes du black/death autrichiens nous reviennent pour cette rentrée 2017 avec un onzième méfait très attendu. Intitulé ''Totenritual'', voilà plus d'un mois que le groupe communique sur cette galette à coup de teaser et de vidéos officielles. De plus, le combo a conquis le public du Hellfest en juin dernier sur Temple avec une prestation très remarquée même si, personnellement, je l'ai trouvée un peu plate.

Le trio a pour habitude de ne jamais reproduire la même chose et ce sera une nouvelle fois le cas ici. Exit ''Conjuring The Dead'' qui sonnait déjà plus death que black pour laisser place à ''Totenritual'' qui sonne toujours plus death que black ce qui laisse à penser que les autrichiens évoluent dans cette voie au fil des ans. Quitte à changer, l'album a été enregistré au Stage One Studios en Allemagne et au Studio Mischmaschine en Autriche avec au mixage Jason Suecof et au mastering Mark Lewis. Seule chose qui ne bouge pas, l'artwork confiée à Seth (Septicflesh).

C'est avec un album plus long que le précédent, que Serpenth et Helmuth, accompagnés d'un nouveau batteur Simon ''BloodHammer'' Schilling ( At the Grave, Panzerchrist, Nargaroth (live), ex-Paragon Belial, ex-Streams of Blood, ex-Der Weg einer Freiheit (live), ex-Fleshcrawl (live), ex-Infestus (live), ex-Nervecell (live)), vont nous trainer dans leur univers blasphématoire et malsain où la dissonance est à l'honneur.

Globalement, l'album est dans la verve du groupe avec des titres inspirés et novateurs comme 'Baphomet', 'Apophis - Black Dragon' et 'Embracing a Star'.

Le premier nous transporte dans l'univers dérangeant du duo infernal autrichien, avec des riffs aiguisés comme une lame de scalpel dès les premières sonorités, pour débouler sur une ambiance plus caverneuse et dissonante surplombée de passages blastés. 'Apophis' explore les terres égyptiennes avec une dissonance typée orientale façon Nile avec la justesse de mélanger des textes en anglais et en allemand pour glisser vers une ambiance incantatoire. Le dernier est un des morceaux les plus complexes de la galette laissant transpirer quelque chose de mystique sur fond de riffs lourds et dérangeants. D'une composition variée dans laquelle s'intègrent des plans black violents et rapides, le titre nous entraine sans pause vers le morceau éponyme qui sur 2'46'' dévaste tout sur son passage, en totale opposition avec 'Embracing a Star' par sa brutalité affirmée musicalement sur laquelle le chant dérangeant d'Helmuth prend toute son ampleur.

Les autres titres sont tout aussi malsains avec comme principale attrait, le côté incantatoire du chant que l'on retrouve tout au long du disque tout en laissant place à des chansons plus directes à l'esprit black plus typé comme 'The Devil's Son' qui reste assez linéaire et 'Spell of Reflection', plus incisif, voire carrément assommantes avec 'Swinefever - Regent of Pigs' au cours de laquelle ''Bloodhammer'' s'en donne à coeur joie à blaster comme il donnerait des coups de massue... la marque de fabrique du frappeur qui lui vaut ce surnom!

Belphegor pensera à nous ménager avec 'Totenbeschwörer', une courte pause instrumentale lancinante, venant à la suite du démoniaque 'Totenkult - Exegesis of Deterioration' alternant passages lourds et accélérations décoiffantes.

Malgré toute cette variété et toute l'innovation qu'ont su mettre les deux membres principaux du trio, cet album manque de nuance; tout semble au même niveau offrant une sensation de platitude. Les plans de batterie rapides sont trop linéaires faisant presque penser à une boîte à rythme gâchant tout le travail fait sur la mélodie et les riffs. Le chant est quant à lui bien positionné avec une préférence pour le growl plutôt que pour le scream, respectant l'ambiance incantatoire inspirée par la plupart des compositions de l'album. Pas un mauvais album, Belphegor reste un incontournable du genre mais pas un album qui marquera la discographie du groupe.

Anibal Berith
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