Sermon ov Wrath
Anibal BERITH
Journaliste

ANTROPOMORPHIA

«AntropomorphiA ne prend pas de risque et reste sur quelque chose qu'il sait faire à savoir un death lugubre et malsain»

9 titres
Death Metal
Durée: 38 mn
Sortie le 24/02/2017
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Formé sous le nom de Dethroned Empire en 1989, les hollandais originaires de Tilburg vont rapidement opter pour leur nom actuel un an plus tard et pondre leur premier méfait en 1998 ''Pure'' après quelques Démos et Ep.

Le groupe prendra une pause de 10 ans en 1999 pour asseoir sa carrière dès 2009 puisque ''Sermon ov Wrath'' représentent le troisième album depuis cette reprise, soit quatre au compteur.
Le plus surprenant reste le line-up puisque malgré leur période d'inactivité de 10 ans, il reste inchangé avec Ferry Damen (chant et guitare), Marco Stubbe (batterie) et Marc Van Stiphout (basse); un nouveau guitariste (lead) depuis 2013, Jos van den Brand (Acrostichon, Razend) pour rester fidèle à leur death malsain.

Globalement, cet album est très bien construit avec une atmosphère générale malsaine. Point de fioritures ou de démonstrations tonitruantes de brutalité exacerbée, le quartet mise sur une atmosphère sombre et lugubre.
Il suffit de découvrir l'artwork, que j'aime particulièrement, où deux belles femmes à demi nues s'apprêtent à s'adonner au plaisir de la luxure avec l'une d'entre elles une serpe ensanglantée dans une main et la tête du Christ décapitée de l'autre, le sang de ce dernier dégoulinant sur l'autre allongée sur un fauteuil drapé de rouge entouré de skulls. Bonjour l'ambiance...

La portée du chant du leader charismatique accentue particulièrement cette sensation de mal être avec son timbre caverneux et ténébreux à déterrer un mort. Chacun des titres est mélodieux, les riffs incisifs sont positionnés de façon équilibrée avec la basse très présente et un jeu de batterie principalement en mode mid tempo. Le double pédalage martelant de Marco assombrit la symphonie globalement enivrante du disque teinté de plans black sur certains titres ('Crown ov the Dead', 'Sinful Rapture' et 'The Blistering Splendour ov Darkness').

C'est donc dès les premiers riffs des guitares et basse de 'Sermon ov Wrath' que les hollandais nous mettent dans le bain de leur death lugubre et dissonant. Une mélodie plutôt lancinante et pénétrante pour amener l'auditeur dans le monde terrifiant d'AntropomorphiA. Ce serait presque une balade de santé par moment, cependant, méfiance, car l'obscurité attend au tournant avec un final pesant malgré un relent d'agressivité saupoudré d'un solo magique.

Les titres enchainent de façon logique et structurée avec des mélodies différentes et cohérentes comme avec le direct 'Suspiria de Profundis' et ses plans un peu plus blastés puis le lugubre et volontairement répétitif 'Murmur ov the Dead' qui donne l'impression d'errer dans un film d'horreur.

Un court interlude dérangeant et dissonant d' 1'12'' avec 'Ad Me Venite Mortui' pour nous préparer à la pièce maîtresse de l'oeuvre 'Crown ov the Dead' qui reprend le thème musical de son prédécesseur. Les deux titres sont clairement liés pour distiller une chanson enivrante orientée très black metal avec ses riffs qui se positionnent lentement et sûrement. Le chant de Ferry y est des plus sordides et il sera secondé par celui de la talentueuse Ryanne van Dorst du groupe Dool en chant clair envoûtant ainsi l'auditeur jusqu'au bout des 7'41''.

Les quatre titres suivants maintiennent le niveau dérangeant et malsain de la galette en proposant des mélodies encore plus sombres et lourdes avec toujours ce jeu de guitare créatif pour imprégner une mélodie dont il est difficile de se détacher ('Within Her Pale Tomb ov Putrid Lust') suivi imparablement de 'The Blistering Splendour ov Darkness' dans le même tempo et le même esprit.

L'album se clôture sur le death old school 'In Bestial Decadence' aux riffs plus gras, ce qui change des compositions précédentes dont les riffs étaient plus clairs. Le growl est profond et le morceau monte en puissance au fur et à mesure de son avancement pour devenir volumineux et pesant.

Avec 'Sermon ov Wrath', AntropomorphiA ne prend pas de risque et reste sur quelque chose qu'il sait faire à savoir un death lugubre et malsain aux légers relents black. La recette fonctionne et l'album s'écoute facilement et transporte naturellement l'auditeur jusqu'aux derniers riffs. Une production sonore réussie et équilibrée avec un très bon mixage des instruments rendant les compositions abouties et plaisantes à écouter. Les fans du groupe ne seront pas déçus ni ceux qui aiment les ambiances terrifiantes et dérangeantes.

Anibal Berith
ANTROPOMORPHIA
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