IRON FIRE
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Heavy/Power Metal
Chroniques

Among The Dead
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

IRON FIRE

12 titres
Heavy/Power Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 16/09/2016
4229 vues
En route pour un petit voyage au Danemark, plus petit pays Scandinave mais aussi pays comprenant quelques solides fleurons dans les différents sous-genres du métal : Mercyful Fate, Illdisposed, Týr, Hatesphere mais aussi Myrkur, n'en déplaise aux détracteurs de son propre style.
Vous l'avez deviné, il se trouve que le groupe qui nous préoccupe vient justement de ce Royaume et plus précisément de Copenhague où il s'est formé en 1995. Derrière ce nom et bien des péripéties en turn-over, se cache un trio d'artistes composé de Matin Steene à la basse et au chant, Kirk Backarach à la guitare et Gunnar Olsen à la batterie.

Il serait éthiquement incorrect de prétendre qu' Iron Fire connaît un succès grandiose au sein de l'hexagone et dans ses pays limitrophes.
Malgré la production de 7 albums nous montrant une qualité musicale indéniable, oscillant entre Heavy, power metal et speed mélodique, force est de constater que la presse spécialisée a souvent considéré que nos Danois relevaient d'un niveau moyen, n'apportant rien de plus à ce qui se faisait déjà bien avant leur formation. Il peut être cruel dans la conséquence de ne pas avoir eu la chance de naître en même temps que les pionniers, qui eux, même lorsqu'ils peuvent se montrer dans un moins bon jour, gardent toujours cette solide reconnaissance.
Cela dit, à travers ce dur constat, quelques compliments étaient aussi formulés, et je reprendrai ici, celui qui me semble le plus positif, celui d'une légère ressemblance avec les Sudètes d'HammerFall (Excusez du peu!!!)

Peu ou prou apprécié, qu'importe, cela fait près de 21 ans que le groupe bosse, et tient toujours sa place sur la scène, toujours versé dans l'amour pour le Heavy. Cela mérite déjà tout notre respect. Nous voilà avec un 8ème album, sous l'égide d'un autre label, Crime Records en l’occurrence.

La pochette réalisée par l'Ukrainien Daemorph, nous montre un véhicule blindé fonçant dans une horde de zombies. Elle est chouette la pochette et c'est bien coloré. Le ton est donné. Iron Fire ne fera pas de compromis et entend bien appuyer sur le champignon.

12 titres nous sont proposés.
Nous démarrons sur une Intro (The Lost City) qui je vous avoue m'emballe bien peu car superficielle et si légère. Messieurs après 21 ans de scène, prière de vous inscrire à la séance de rattrapage en matière de créativité d'intros qualitatives.

S'en suit le titre éponyme, et oh bonheur, il m'accroche, les riffs sont vifs, tranchants, je retrouve des passages bien speedés et du grand soin, le chant monte même dans le Thrash Deathly pour ensuite rebondir en jolie timbre clair, c'est un régal. Gunnar traite magistralement ses peaux. Voilà du travail qu'il est beau.

« Hammer of the Gods », 3ème piste, nous plonge dans un espace plus Rock, mais bien efficace, c'est carré, légèrement prenant (il m'en faut un peu plus) sans doute la mise d'une plus grande puissance dans le refrain, permettrait au morceau de gagner en impact.

Nous revenons dans un schéma plus Thrash mélodique combiné avec un Hevay Speed de bon aloi sur « Tornado of Sickness » qui comprend un refrain mieux balisé. Iron Fire montre une belle capacité à varier son jeu mais ce constat n'est pas nouveau.

« Higher Ground » s'oriente plus dans le mélo-Thrash non sans écarter certains passages plus décapants. C'est plaisant. Le chant reste posé pour ensuite revêtir plus d'opacité limite Death. On reste dans un bon degré d'agréabilité.

6ème piste, « Iron Eagle » consolide l'impression de revivre le bon Heavy des années 90, allant à l'essentiel, dosant intelligemment les ambiances plus mélodiques sans écarter le mordant du jeu de guitare. Le chant est techniquement somptueux sur ce morceau. Ce n'est pas mal du tout.

Sans être transcendant, « Made to Suffer » poursuit l'impulsion initiale. Nous nous situons dans une œuvre moyenne sans être péjoratif vu la qualité proposée.

« The Last Survivor » me fait penser à Helloween dans son architecture. Il apporte fraîcheur sur cet album. ça peut plaire et passer en radio sans heurter un quelconque quidam. C'est propre, bien agencé et porteur de revival de ce bon heavy d'antan.

Alléluia, enfin, une perle et quelle bijou que ce « No Sign of Life » sonnant très Metallica cette fois, remarquablement charpenté, joué et chanté. A mes yeux, c'est le meilleur morceau du groupe.

Il faut croire qu'ils ont anticipé le coup car ils nous resservent le même sentiment sur le morceau « Ghost from the Past » qui gagne en efficacité, entre solw tempo et mid-tempo nanti de puissance. C'est clairement un très bon moment dans la découverte de ce nouvel opus.

Nous découvrons ensuite une bien agréable ballade sur « When the Lights Go Out » qui présente toutes les caractéristiques techniques des plus grands standards. C'est un beau hit. Je réalise alors que le timbre de voix de Messire Martin Steene est aussi capable de vibrer et tirer un fifrelin vers celui du légendaire Bon Jovi tout en gardant son caractère plus grave.

L'album se termine sur une reprise de Metallica « For Whom the Bell Tolls » qui est correctement interprétée, sans trop en faire, restant bien fidèle au caractère culte de l’œuvre. Je ne retrouve pas les mêmes sensations que celles ressenties à l'écoute de l'original mais je pense que nous pouvons surtout saluer le geste d'estime, par delà cette performance.  

De manière générale, les arrangements restent classiques, le son est très bon, c'est une bien agréable production. Si je n'ai pas retrouvé la béatitude qui m'habite lorsque je découvre un chef d’œuvre ou un très très bon album, je réalise avoir passé des agréables moments d'écoute.

C'est un bel album qui devrait plaire aux aficionados du Heavy.
Il pourrait aussi être fortement recommandé aux amoureux du Rock qui pourront y trouver quelques diversités techniques bien jouées sans s'enfermer dans l'hermétisme réservé aux ultra-fans.

En conclusion, avec « Among The Dead », Iron Fire nous montre qu'il porte toujours bien haut la flamme passionnelle du Heavy richement décliné, nous offrant un bel album techniquement bon et varié. Cette régularité mérite toute notre estime.

Morbid Domi (Août 2016)