IMPERIAL TRIUMPHANT
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Black Metal

Alphaville
United Rock Nations

IMPERIAL TRIUMPHANT

«Alphaville’ est aussi ambitieux, voire plus, toujours aussi technique et perturbant que le précédent opus. Imperial Triumphant, toujours sur la vague de l'avant-garde metal.»

9 titres
Black Metal
Durée: 59 mn
Sortie le 31/07/2020
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Julien
Journaliste




Sergent Boomer
Journaliste





La Chronique de Julien


Les New-yorkais d'Imperial Triumphant reviennent en cette fin de mois de juillet avec leur très attendu quatrième album ‘’Alphaville’’. Au fil de leur différentes sorties, Imperial Triumphant nous a dépeint un futur industriel, grandiloquent et froid. Le succès critique de leur troisième album ‘’Vile Luxury’’, les propulsa sur le devant de la scène Black Metal Avangardiste, et c'est en ce 31 juillet que sort le très attendu successeur de ‘’Vile Luxury’’, à savoir ‘’Alphaville’’.

Imperial Triumphant joue un black métal très influencé par le jazz et avec un grand goût pour l'expérimentation musicale ou encore sonore. Les influences sont multiples mais les plus évidentes sont Gorguts et son album ‘’Obscura’’ ou encore des groupes comme Portal ou Deathspell Omega pour le côté technique et déstructuré de leur musique.

Toujours dans cette idée d'immersion dans un futur relativement proche, pour cet album, le groupe nous entraîne dans la tentaculaire Alphaville. La visite commence avec ‘Rotted Future’, et tout de suite nous faisons face à une musique compacte, complexe et donnant ce sentiment de musique élitiste. Et en effet, la musique des New-yorkais n'est pas des plus accessible, le groupe aime perdre son auditeur avec sa musique complètement déshumanisée et avec de gros relents industriels çà et là.

Beaucoup de place est laissée à l'expérimentation, fortement influencée par le Jazz ou le Free Jazz pour être plus précis. Les montées instrumentales complètement chaotique sur ‘Excelsior’ est un bon exemple ou encore ces moments flottants et hors du temps de ‘Atomic Age’. Ou bien aussi, ils ne vont pas hésiter à casser le rythme pour y introduire des moments jurant complètement avec le reste de la chanson comme ces tambours dans ‘City Swine’ par exemple.

Mais le côté industriel du groupe n'occulte pas pour autant les moments plus organiques. En témoigne ces multiples incursions de saxophones autres instruments à vents qui rendent les morceaux encore plus puissants, oppressants et grandioses. ‘Transition to Mercury’ nous fait entendre un concert complètement possédé mêlant divers cuivres et des cris féminins déments. D'ailleurs plus nous avançons dans l'album, plus le sentiment d'insécurité, d'oppression se fait ressentir. En effet, plus l'album défile, plus les morceaux sont étriqués, expérimentaux et rendent compte de la folie qu'est ‘’Alphaville’’.

Imperial Triumphant est un groupe qui ne fait pas les choses à moitié. En plus, d'énormément s'impliquer dans l'écriture de ses morceaux, tous les à-côtés sont aussi largement étudiés et travaillés. Les costumes de scènes des musiciens qui nous transportent aussitôt dans ce futur, la pochette d'album qui nous donne un avant-goût de la dangereuse ‘Alphaville’ ou encore les différentes créations sonores comme celui d'une gare vers la fin de ‘Excelsior’ ou encore cette radio qu'on entend au début de ‘Atomic Age’. D'ailleurs plus nous avançons dans l'album, plus nous avons d'éléments, nous permettant de mieux visualiser cette ville flamboyante au premier abords mais qui a tout d'un système oppresseur et dangereux à la manière de la société dépeinte dans ‘1984’ de Georges Orwell. On notera ce passage, scandé en français, dans le morceau éponyme : ‘État de contrôle, état de contrôle…’ par exemple.

Pour finir, ce nouvel album est un très bon successeur de ‘Vile Luxury’. En effet, ‘Alphaville’ est aussi ambitieux, voire plus, toujours aussi technique et perturbant. De plus, le lore du groupe se voit agrémenté d'une nouvelle pièce maîtresse venant grandement développer son univers.

La Chronique de Sergent Boomer


Le trio Imperial Triumphant et son métal avant-garde arrive avec son quatrième album studio. C'est sous le label Century Media Records.

‘’Attention c'est technique !’’. Oui, le style d'Imperial Triumphant mélange les genres et nous assemble tout ça avec une dextérité majestueuse. De par le jazz, avec Kenny Growhoski et sa technique incroyable. Donc Exit les rythmes en 4/4.

'Rotted Futures' nous emboitera le pas pour nous emmener dans un véritable voyage musical qu'est ce disque. L'intro lancinante avec son côté mystique ne fera que d'aller crescendo au fur et à mesure que les cymbales claquent de plus en plus fort avant de décoller sur un rythme ternaire. La basse de Steve Blanco viendra débuter 'Excelsior' de façon psyché assez plaisante.

Des sonorités particulières de tous bords et même des plus surprenantes ? Oui. Tout va débuter sur 'City Swine', morceau sur lequel le groupe va incorporer du Wadaiko, un tambour traditionnel japonais tirant ses premières origines au Ve siècle de notre ère. D'ailleurs, c'est avec un invité de marque et ami de Grohowski que la magie va opérer sur ce break, puisque ce n'est autre que Tomas Haake (Meshuggah) qui a accepté l'invitation en studio pour jouer de cet instrument. Viendra ensuite 'Atomic Age', qui fera référence aux premiers déboires de la bombe atomique dans les années 40 et la grande guerre. L'intro de ce titre a été chantée par un ‘’Barbershop Quartet’’ , ces quatuors A Capella très populaires aux États-Unis dans les mêmes années que mentionnées plus haut, et aux techniques vocales impressionnantes. Le chanteur Zachary Ilya Ezrin a d'ailleurs déclaré en interview que c'est peut-être la première fois dans l'histoire que l'on entend ça sur un disque de métal.

Le trio terminera cet opus avec deux covers : 'Experiment', de Voivod, ainsi que 'Happy Home' de The Résidents, groupe avant garde américain ainsi que collectif d'artistes aux vidéos et sons dans un thème surréaliste qui vaut le détour, pour les amateurs.

Imperial Triumphant nous sert un très bon album avec ‘’Alphaville’’. Il s'agit de sa première collaboration avec le label Century Media Records, et ici, on pense que cela part sous de bonnes augures pour la suite.