All That Divides
Chozo Tull
Journaliste

BLACK PEAKS

«Un plutôt bon album qui reste malgré tout un peu sage et dans les tropes du genre.»

9 titres
Durée: 49 mn
Sortie le 05/10/2018
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Black Peaks fait partie de ces récents groupes de rock britanniques qui mélangent sonorités modernes et post-hardcore avec une sensibilité presque pop punk et des riffs influencés par du prog nouvelle école, Tool et MAstodon en tête. A leurs côtés, on peut trouver Arcane Roots ou encore Rolo Tomassi. All That Divides est la dernière livraison des Pics Noirs, et pourrait bien faire naviguer leur son vers de nouvelles paires d'oreilles.

L'album est solide. Les riffs sont pour la plupart assez efficaces et inventifs, les performances ne manquent pas d'énergie, et le disque tient la distance. On apprécie particulièrement la performance du chanteur, Will Gardner, qui est capable de passer sur plusieurs morceaux d'un hurlement assez convaincant (''Can't Sleep'') à des passages calmes et délicats (''Slow Seas''). La production est typique de ces groupes de la nouvelle prog vaguement pop : le son est sombre et cristallin, ce qui parfois nuit à l'impact de la musique - les guitares, notamment, sonnent souvent frêles. On aime ou on n'aime pas, mais il est difficile de nier que cela manque un peu de corps, surtout quand les compositions préfèrent des power chords sans réelles couleurs comme on en entend régulièrement dans le disque (le pont assez classique de ''Can't Sleep'', ''Electric Fires''). Parfois ce son de guitare sonne consciemment fable - dans ''The Midnight Sun'', les guitares sont présentes mais au final assez peu saturées, quelque part entre Mastodon et Biffy Clyro. Notons que le morceau est assez long : 6 minutes 42, ce qui permet au groupe un développement en clean au milieu sans surprise pour les habitués de la scène prog contemporaine, mais sympa. Les mélodies vocales ont de l'envergure, ça s'écoute sans problèmes, mais manque toujours un peu de ... de quelque chose.

Le groupe ménage ce contraste entre calme et fureur au fur et à mesure de l'album - parfois entre deux morceaux, comme entre ''Eternal Light'' et ''Slow Seas'', qui sont deux des meilleurs morceaux de l'album, peut-être parce qu'il s'agit des deux morceaux les plus ''à fond'' dans leur philosophie, mais aussi dans une même composition, comme dans ''Fate I & II'', courte odyssée musicale qui s'apprécie en fin de disque. Difficile cela dit de se départir du sentiment que si le groupe a bien appris sa leçon, ils ont du mal à se démarquer. Les fans seront certainement enthousiastes, et les auditeurs à la recherche d'un groupe de rock un peu prog (mais pas trop), un peu metal (mais pas trop) y trouveront sûrement leur compte. A noter que le mix aplatit quand même les compositions et qu'il y a fort à parier qu'en live, le groupe puisse donner le change.