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Black Death Metal
Chroniques

The Divine Triumph
Anibal BERITH
Journaliste

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«''The Divine Triumph'' marque un tournant significatif dans la carrière musicale des phocéens! A.c.o.D est en train de passer dans la cours des grands!»

11 titres
Black Death Metal
Durée: 53 mn
Sortie le 24/08/2018
5834 vues
Le groupe de Metal extrême phocéen A.c.o.D revient en grande forme après l'excellent troisième album ''II The Maelstrom'' paru en 2015 et l'ep ''Inner Light'' paru un an plus tard nous donnant déjà la nouvelle orientation musicale du groupe. Toujours sous la coupe de l'exigeant Shawter (frontman de Dagoba) et repéré par le label Jive Epic Sony Entertainment, on peut dire que le trio marseillais a pris un sacré envol au cours de ces deux dernières années, années consacrées à l'élaboration de ce quatrième opus très attendu, ''The Divine Triumph''.
Chris et JB ayant quitté l'aventure pour divergence artistique, Raph, Fred et Jérôme nous proposent quelque chose de résolument différent correspondant davantage à ce qu'ils ont dans leurs tripes!
Habituellement, la maturité d'un groupe arrive au troisième album, ce sera sans aucun doute ce quatrième essai qui permettra au combo de jouer dans la cours des grands!

Très bien entourés, Raph, Jérôme et Fred ont pu se consacrer complètement à leur musique et tout ce qui l'entoure. On notera un nouveau logo, plus épique et plus sombre avec son trident pointes vers le bas le partageant en 2, peut-être déjà la signe d'une rupture musicale et artistique annonçant le renouveau.... Une très grande importance a été accordée au visuel avec un artwork apocalyptique et fantastique (au sens propre du terme) confié à l'artiste italien Paolo Girardi et à la promotion, par la réalisation de deux clips vidéos dantesques (''Road To Nowhere'' et ''Broken Eyes'') aux mains d'Igor Omodei.

Nous entrainant dans une atmosphère sombre et magistrale, A.c.o.D nous propose un concept album de près d'une heure, en 11 chapitres, au cours de laquelle l'auditeur va être amené à voyager dans un univers épique et ténébreux. L'envol se prend dès le titre introductif ''L'Ascension des Abysses'' dont l'orchestration a été confiée à Richard Fixhead donnant d'entrée de jeu la ligne artistique prise par le trio avec une musique puissante et magistrale voire théâtrale!

Ayant fait appel à Matthieu Asselberghs pour l'enregistrement de la guitare, ''The Divine Triumph'' continue sans transition avec ''Omnes Tenebrae'' proposant des riffs incisifs et des blast beats dévastateurs! Le côté mélodique auquel nous avait habitué le groupe est toujours là, il est même poussé à son paroxysme par des orchestrations omniprésentes, que l'on retrouvera tout au long de l'album rappelant sans hésiter des groupes tels que Septicflesh ou Behemoth!
Un dixième seulement de l'album dans les oreilles et déjà une densité certaine avec des parties musicales pointues et un chant parfaitement apprivoisé par Fred. On ressent la cohésion qui manquait peut-être jusque là au groupe pour suivre leur direction artistique.

C'est donc avec un style propre que la tracklist nous embarque tout naturellement dans cette histoire sombre et dantesque par l'enchainement des deux morceaux promotionnels ''Road To Nowhere'' le plus mélo de l'album et ''Broken Eyes'' qui assombrit l'atmosphère tout en conservant la puissance triomphante des compositions.

On assiste à un parfait mélange de plans violents, ponctués de passages plus aériens rappelant par moment les maîtres du genre Behemoth avec par exemple ''Between Worlds'', un des titres les plus puissants du disque sur lequel on découvre tout le savoir faire du combo sur 5 minutes portée par une orchestration magnifiant le côté sombre et brutal de la chanson pour un finish somptueux!

Plus on avance dans l'album, plus la touche black s'affirme avec pour exception ''Tristis Unda'' dont les relents thrash offrent une alternative avant d'attaquer la seconde partie de l'album avec ''Sanity Falls'' et ses parties groovy apportées par les frappes puissantes de Raph, les riffs quant à eux étant plus cristallins au début pour s'endurcir sur la fin et laisser place au titre éponyme et son côté à la fois mélancolique, obscure et énergique!

L'ordre de la setlist est des plus cohérents et amène l'auditeur vers quelque chose de toujours plus lourd et plus sombre (''Fleshcall'') et lui remettre un grosse claque avec le volumineux ''Beyond Depths'' dont les orchestrations de Richard offre un relief massif à l'ensemble des parties Metal interprétées de façon magistrale et puissante! Près de 5 minutes de pur bonheur pour clôturer avec l'imposant ''Sleeping Shores'' qui sur plus de 8 minutes, en passe la moitié à nous assommer et l'autre à nous torturer avec un plan lancinant exécuté au piano pour monter en puissance et terminer sur une note aussi magistrale et théâtrale que l'intro!

Avec ce quatrième opus, A.c.o.D affirme son style artistique et nous montre clairement son choix musical en proposant un Metal extrême épique et majesteux à l'univers sombre et mélancolique. Ce concept album démontre le savoir faire du trio qui passe dans la cours des grands. ''The Divine Triumph'' marque un tournant significatif dans la carrière musicale des phocéens, un tournant parfaitement négocié! Triumph''

Anibal Berith