VISIONS OF DYSTOPIA
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Progressif Cinématique

A Nightmare On Dystopian Street
Julie Legrand
Journaliste

VISIONS OF DYSTOPIA

« Des bandes originales horrifiques qui raviront à coup sûr les plus grands fans d'épouvante : entrez dans l'univers dérangeant de Visions of Dystopia »

8 titres
Progressif Cinématique
Durée: 32 mn
Sortie le 16/04/2021
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Le groupe de metal progressif cinématique Visions of Dystopia sort son tout premier album intitulé ‘’A Nightmare On Dystopian Street’’. Le duo multi-instrumentiste, spécialisé dans la production de musiques thématiques axées sur les atmosphères cinématographiques, nous présente ici huit excellents morceaux pleinement ancrés dans le genre horrifique.
Nous sommes plongés ici dans l’univers des plus grands « méchants » du cinéma d’horreur. Prêts à sévir, ils sont suivis par le rythme assommant du combo batterie guitare basse clavier. Au programme de cette écoute, un coup de fil inattendu en plein milieu de la nuit, un jeu de survie infernal avec John Kramer (Jigsaw), et bien d’autres péripéties qui ne laisseront pas vos oreilles indemnes. Petit conseil d’ami : prenez soin de marcher loin des bouches d’égouts, il se peut que Grippe-Sou vous y attende !

Parlons maintenant des productions ! Les ténèbres nous recouvrent tout entiers dès le premier titre ‘Shapeless Dreams’. Perdus dans un monde inconnu et sombre, le synthé nous met instantanément aux aguets. Des bruits indescriptibles se font entendre de toute part sans pour autant que nous puissions les situer. Une voix venue des enfers nous accueille avant que les instruments au complet démarrent à leur tour. Leur jeu, à base de lourdeur et de violence, accompagné par un chant growlé, rend le tout jouissif. Ce morceau est idéal en guise d’introduction : il n’y aurait pas mieux pour nous plonger directement dans le dédale infernal de cet album !
Dans cet environnement peu accommodant certains titres ont tendance à nous tendre tandis que d’autres ont vocation à nous faire peur. Dans le cas de ‘Till The End’, une peur presque palpable peut se faire ressentir. Accompagnés par les douces mais inquiétantes paroles d’une poupée ainsi que de son fredonnement, nous nous retrouvons dans un environnement dont le malaise est grandissant. Le jeu monte en puissance notes après notes afin d’aboutir à une fin plus lourde que jamais. ‘Till The End’ sonne finalement comme le trailer d’un bon film d’épouvante !
Dans le même genre, ‘The Call’ est tout aussi réussi. Le morceau prend place la nuit, dans une maison à l’ambiance dérangeante. La sonnerie d’un vieux téléphone vient briser le silence tout relatif et un inconnu à l’autre bout du fil demande si les enfants vont bien. Ainsi démarrent trois minutes de déchainement musical sans répit tandis que le téléphone devient une sorte de rythmique narrative ponctuelle. Représentatif des questionnements intérieurs effrénés de la femme face à cette terrible question, le combo des instruments et des inserts sonores cauchemardesques nous fait ressentir toute la terreur qui se dégage de cette situation incongrue.

Je ne peux m’empêcher de vous parler de ‘Kill The Fear’ avant de vous laisser découvrir l’album par vous-même. L’inspiration est directement puisée du film mythique ‘'Ça'’. La violence musicale se fait entendre dès les premières secondes tandis qu’au second plan Grippe-Sou s’adresse à Georgie afin de lui rendre son bateau. L’instrumentation est époustouflante, tant par sa capacité à nous immerger que par son omniprésence. Le jeu dans les aigus nourrit le malaise ambiant tandis que les propos du clown maintiennent le rythme musical et narratif. Dans le fond il y a une mélodie qui rappelle les airs de cirque comme on peut les entendre dans les films d’horreur. En résumé, ce morceau propose une excellente référence cinématographique, un jeu surpuissant et immersif, le tout posé dans une ambiance cauchemardesque qui donne des frissons.

La qualité de cet opus est indéniable à tel point que les productions seraient d’excellentes bandes originales. Nous ressentons la pleine puissance du metal prog tandis que les rythmes, saisissants, s’allient à merveille aux ambiances angoissantes travaillées avec goût. Les codes cinématographiques de l’horreur sont parfaitement utilisés et les inserts d’extraits sonores sont une source de rythme eux-mêmes. De plus, des variations musicales techniques très intéressantes prennent place, d’un titre à l’autre nous nous retrouvons donc avec des morceaux qui peuvent être lourds et/ou rapides, parfois plus sombres, parfois inquiétants ou bien réellement angoissants. Je trouve cependant dommage que le côté angoissant ne soit pas assez développé et maintenu : nous pouvons ressentir le frisson propre à la peur cependant il a tendance à trop vite se noyer dans l’instrumentation. Pour autant cela ne remet pas en question la réussite de l’album : il arrive à nous faire passer un moment stressant mais paradoxalement très plaisant, tout comme le ferait un bon film d’horreur. Je vous invite donc à braver vos plus grandes frayeurs afin de pénétrer vous aussi dans le monde infernal de Visions of Dystopia !