A New Evil
Fred H
Journaliste

THE FERRYMEN

«Heavy metal mélodique dans la pure tradition du genre, pas des plus novateur, mais plutôt bien ficelé et efficace »

11 titres
Heavy Metal
Durée: 51'39 mn
Sortie le 11/10/2019
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FRONTIERS MUSIC SRL
Un peu plus de 2 piges après la sortie de leur premier effort éponyme, The Ferrymen (NdT : Les passeurs) s'en reviennent. Rien à changer, le guitariste/bassiste/claviériste suédois Magnus Karlsson (Free Fall, Primal Fear, les 3 rondelles du duo de vocalistes Russell Allen / Jørn Lande, Kiske/Somerville, Place Vendôme, ...), le chanteur chilien Ronnie Romero (Lords Of Black, Ritchie Blackmore's Rainbow, CoreLeoni) et le batteur-mercenaire américain Mike Terrana (Malmsteen, Tarja, Axel Rudi Pell, Hardline, Vision Divine, Avalanch, Rage… et tellement tellement tellement d'autres) répondent toujours présents. Pour que cela soit bien clair, comme précédemment, les blases des 3 acolytes sont en sous-titres au nom au groupe.

Pour leur second méfait, notre trio cosmopolite délivre une fois encore un heavy metal mélodique dans la pure tradition du genre ('My Dearest Fear'). Est-ce qu'on a le sentiment d'avoir déjà entendu ça 10 000 fois ? Affirmatif. Malgré tout, est-ce que s'est plutôt bien ficelé et efficace ? Disons que la réponse est contenue dans la question. La formule est connue. Une courte intro léchée et boum voilà que déboule la rythmique massive du multi-instrumentiste Karlsson. S'ensuivent alors des déferlantes de riffs de grattes saturées (le rapide 'Save Your Prayers') et des enfilades de soli incendiaires (le solide 'You Against The World', l'énergique 'All We Got'). Tout cela n'a rien de foncièrement novateur mais l'interprétation demeure sans faille (les amateurs du genre ne peuvent donc qu'apprécier). La production est impeccable et le mix goupillé par Jacob Hansen (Pretty Maids, Volbeat) l'est tout autant. Les changements de rythmes sont nombreux (le frénétique 'No Matter How Hard We Fall'). On a le droit à quelques arpèges subtils au milieu de parties plus élaborées (le plus « calme » 'Heartbeat'). Difficile de ne pas succomber à ces compos à la construction certes « faciles » mais qui n'en sont pas moins redoutables (l'épique 'Your Own Hero' qu'on croirait sorti d'un opus du combo à l'arc-en-ciel, le ravageur 'The Night People Rise' et sa ligne de basse en acier).

Arrimé derrière son kit, Terrana se fait plutôt sobre. Connaissant son passé de cogneur et vu la carrure du bestiau, on aurait pu s'attendre à tout un tas de coup de massues assenées façon marteau pilon. Le colosse tempère sa frappe pour mieux servir le hard rock racé qui nous est proposé. Derrière le micro, avec son timbre chaud légèrement voilé et puissant, Romero est impressionnant. Sa palette vocale incroyable offre un terrain de jeu idéal aux compositions et aux habiles paluches de Magnus. On comprend bien pourquoi la légende Ritchie Blackmore (ex-Deep Purple, …) et le petit blondinet suisse Leo Leoni (Gottard) ont « craqués » pour cette voix et l'ont recruté pour officier dans leurs projets respectifs. Certains des phrasés du vocaliste ('Bring Me Home') ne sont pas sans rappeler Jørn Lande (ah bon ?! comme c'est bizarre… ou pas) et par ricochet le regretté Ronnie James Dio (aussi référence majeure et notoire du viking norvégien).

N'oublions pas la pochette (encore magnifique) de ce « A New Evil » signée Stan W-Decker (Timo Tolkki's Avalon, Thrashback, Blackmore's Night, Vanden Plas, Stryper, Nephren-Ka). L'artiste-graphiste a rempilé et le mystérieux passeur est de retour. Toujours à bord de son frêle esquif éclairé par une lanterne, cet étrange personnage aux yeux luisants, à quitter la rive (du premier LP) pour rejoindre une destination inconnue (pour nous en tout cas). Au milieu d'une mer déchaînée, ce nocher (c.à.d. le pilote de cette coque de noix) ignore superbement 2 pauvres hères qui le hèle désespérément. Rejoindra-t-il « l'autre côté » ? Réponse probable avec un futur 3eme opus de The Ferrymen qu'on a hâte d'écouter.

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