INSANITY ALERT
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Thrash Metal/Crossover
Chroniques

666-Pack
Enora
Journaliste

INSANITY ALERT

«« 666-Pack », un album qu'il vaut mieux réserver aux amateurs du genre, bien que les curieux pourraient y trouver leur compte grâce au Thrash/Punk d'Insanity Alert qui donne parfois l'impression de n'être qu'une superposition de morceaux trop courts »

21 titres
Thrash Metal/Crossover
Durée: 33 mn
Sortie le 25/01/2019
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Si vous ne connaissez pas le quatuor autrichien, disons que la phrase « Run to the pit / Mosh for your life » est probablement la meilleure définition que vous pourrez en trouver. Formé en 2011, le groupe sort son premier album en 2014. Trois ans après « Moshburger » (2016), les musiciens reviennent à la charge avec « 666-Pack » que voici !

‘Thirstkiller' donne le ton de l'album : des morceaux courts (une minute et quelques en l'occurrence), une rythmique groovy qui vient tout droit du Thrash et des lignes instrumentales relativement simples. La voix d'Heavy Kevy qui résonne sur ‘The Body Of The Christ Is The Parasite' a tout pour satisfaire les amateurs de groupes old school sur un riff de guitare efficace et quelques changements rythmiques. La suite du programme est un peu plus lente et s'intitule ‘All Mosh / No Brain' avec des choeurs qui donnent un côté très américain à la composition du groupe autrichien. Avec un titre pareil, il fallait s'y attendre, ‘Cobra Commander' emprunte des sonorités orientalisantes plutôt rafraichissantes sur un album qui ne manque pas de surprendre. La guitare de The Dave Of Death en profite d'ailleurs pour se montrer plus audacieuse avec des passages franchement groove ! Malgré son titre, ‘Saturday Grind Fever' emprunte bien plus au Punk qu'au Grind et fonce tête baissé dans un jeu apprécié des groupes de Metal : la parodie ! La ligne Crossover est décidément plus que palpable avec ce « 666-Pack » qui fait passer l'auditeur par des états d'esprit divers tandis que les morceaux (trop courts) s'enchaînent, on en arrive d'ailleurs à ‘Echoes Of Death'.

Les fans de Municipal Waste et des groupes du genre y trouveront leur compte. Si vous aimez les titres frénétiques et bondissants, laissez-vous porter par ‘Windmilli Vanilli'. Si le frontman domine indéniablement la performance, le duo rythmique Don Melanzani à la batterie et MC Brownnose à la basse tient la distance et assure une assise solide à des morceaux entraînants. 23 secondes juste pour le plaisir, ça vous dit ? C'est ‘StopSlammertime!', on passe à la suite ? Tout est sans doute dans le titre pour ‘Why So Beerious ?' que vous comprendrez sans doute, même sans être bilingue en anglais. De la même façon, on se doute que ‘Mosh Mosh Mosh' trouvera ses adeptes et fera le bonheur des fans en concert avec sa simplicité et son message plus que limpide ; rendez-vous dans la fosse ? Avec ses deux minutes trente, ‘One-Eye Is King (In The Land Of The Blind)' est probablement la chanson la plus longue de l'album, et elle est plutôt très prometteuse, bien qu'il faille admettre qu'à partir d'un moment, on ne sait plus si Insanity Alert se moque de nous ou pas…

A moins d'être un fan du genre, l'auditeur risque de commencer à se décourager avec ‘Welcome To Hell', douzième titre de l'album qui peut commencer à être répétitif et à toujours s'appuyer sur les mêmes artifices. ‘Two Joints' est un joyeux prélude Hard Rock à ‘Chronic State Of Hate', classique mais qui donne envie d'agiter la tête ! Impossible de trouver un meilleur titre que ‘I Come / I Fuck Shit Up / I Leave', qui fera en plus le bonheur des fans parce que le refrain leur restera en tête. A sa manière, ‘A Skullcrushin' Good Time' est une chanson langoureuse et qui propose un break qui en emportera plus d'un. ‘The Ballad Of Slayer' est presque une blague, à vous de voir ce que vous en faîtes. Même sans aimer les propositions musicales du groupe, il faut saluer la performance vocale de Heavy Kevy sur ‘Demons Get Out!', passant d'un scream caverneur à un hurlement haut perché ! Hommage à l'univers du jeu vidéo ou simple envie de s'amuser du groupe, on ne le saura probablement jamais mais ‘8 Bit Brutality' figure sur l'album alors on y prête l'oreille. Bien que l'album ne dure que 33 minutes, les interruptions constantes entre ses 21 morceaux peut fatiguer, et c'est sans doute ce qui pénalise ‘Death By Wrecking Ball', un sort auquel échappe l'original ‘Dark Energon'.

« 666-Pack » est un album qu'il vaut mieux réserver aux amateurs du genre, bien que les curieux pourraient y trouver leur compte grâce au combo Thrash/Punk d'Insanity Alert. Les idées sont nombreuses et plutôt bonnes mais une impression répétitive vient gâcher le plaisir d'écouter cet album qui semble parfois n'être qu'une superposition de morceaux courts, trop courts.